Permis de conduire en accéléré, un bon plan ?

Permis de conduire en accéléré, un bon plan ?
De nombreuses auto-écoles proposent des formations resserrées de quelques semaines pour passer l’examen plus rapidement. - © AlexRaths

De nombreuses auto-écoles proposent des formations resserrées de quelques semaines pour passer l’examen plus rapidement. Mais est-ce moins cher ?

Depuis la loi Macron, présentée en juin 2014, les délais d’attente pour obtenir une date d’examen au permis de conduire ont diminué. De 98 jours en moyenne en 2013, ils étaient de 75 jours fin 2015, excepté en Île-de-France où, de 130 jours en 2014, ils sont passés à 80 jours aujourd’hui. L’objectif de la réforme est de les ramener à 45 jours avant la fin 2017.

Les propositions de formations 
« accélérées » des auto-écoles, qui promettent un permis en quelques semaines, peuvent désormais avoir du sens. Sachant qu’il faut avoir reçu un minimum légal de 20 heures de leçons de conduite avant de se présenter
 à l’examen, un élève peut y parvenir en
 deux semaines, à raison de deux leçons d’une heure par jour ouvrable.
 

Puisqu’il apprend plus vite, l’apprenti conducteur doit-il logiquement payer son permis moins
 cher ? « Sans aucun doute, répond Pierre Talon, président de la Fédération nationale des enseignants de la conduite et directeur d’auto-école dans le Territoire de Belfort. La plupart des formations durent bien trop longtemps. Elles ne devraient jamais s’étaler sur plus d’un mois. Cela suppose d’avoir une date d’examen rapprochée, car l’apprentissage se perd vite. Et pour la motivation de l’élève, comme celle du moniteur, c’est mieux de garder l’objectif en vue. »

Code et conduite en même temps

Quant à la préparation à l’examen théorique, tous les enseignants consultés recommandent de l’effectuer en parallèle des premières leçons pratiques, contredisant la règle « Passe ton code d’abord ».

« De nombreuses questions théoriques du nouvel examen font d’ailleurs appel à des réflexes de conducteur et pas seulement à de l’apprentissage par cœur », affirme Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière.

Attention, les sessions de trois jours intensifs de code proposées par certaines auto-écoles ne donnent pas toujours de bons résultats. « Cela peut fonctionner si l’élève a sérieusement potassé son Code de la route avant, admet Philippe Tissot, de l’auto-école CER NT Formation à Pont-l’Abbé (Finistère), mais on apprendra mieux en alternant avec des leçons de conduite. » Formation « accélérée » ne signifie pas intensive : il est illusoire de penser décrocher son permis en une semaine de cours à mi-temps.

« Je recommande de ne pas dépasser une heure pour les trois ou quatre premières leçons, note Philippe Tissot, ensuite, de ne pas dépasser deux heures par jour, a fortiori s’il s’agit d’une seule leçon. Au-delà, on se déconcentre, l’apprentissage passe moins bien. »

Concernant les leçons collectives avec trois élèves qui se relaient au volant à côté du moniteur durant trois heures, elles sont utiles sur le plan pédagogique, mais ne doivent pas être facturées plus que le temps réel de conduite.

Se trouver à court d’argent, le pire scénario

Disposer des fonds nécessaires pour se payer cette formation accélérée est indispensable. Sinon, sachant qu’il est rare de décrocher le permis au bout du minimum de 20 heures – la moyenne se situe à 30 heures –, on s’exposerait au pire scénario : devoir interrompre sa formation plusieurs semaines par manque d’argent.  « J’ai vu des élèves quasiment prêts beaucoup régresser après deux mois d’interruption », confie Philippe Tissot.

À raison de 40 à 70 euros l’heure de conduite et en comptant le forfait code et les frais d’inscription, il faut disposer d’un minimum de 1 500 à 2 500 euros avant de se lancer. Attention, les banques ne prêtent pas plus de 1 200 euros dans le cadre du dispositif « permis à un euro par jour » et il est impératif d’en faire la demande avant de commencer les leçons.

Une fois les fonds réunis, il faut accorder son planning avec celui de l’auto-école pour disposer de créneaux réguliers et rapprochés. Sachant que la période des vacances scolaires est très demandée, mieux vaut s’y prendre plusieurs semaines à l’avance, voire quelques mois, dans les grandes villes universitaires.

Le permis « automatique » pour l’avoir encore plus vite

Depuis le 29 octobre 2016, le nombre minimum d’heures de conduite pour se présenter au permis « boîte de vitesses automatique » (BVA) a été abaissé de 20 à 13 heures. Six mois après son obtention, vous pourrez le convertir en permis B classique (boîte de vitesses manuelle ou BVM) en suivant 7 heures de cours en auto-école sans passer un nouvel examen.

La formule est donc plus rapide mais pas forcément moins chère car, finalement, on revient à 20 heures d’apprentissage minimum, en sachant que les 13 heures avec BVA coûtent 5 euros de plus en moyenne. Et sans compter, qu’à l’achat, une voiture automatique est environ 10 % plus chère qu’un modèle avec boîte de vitesses manuelle.