Passage à niveau : connaissez-vous les règles de sécurité ?

Passage à niveau : connaissez-vous les règles de sécurité ?
Depuis 2008, des opérations sont menées pour sécuriser les passages à niveau les plus à risques. - © boschettophotography

Chaque année, une centaine de collisions se produisent aux passages à niveau entraînant une trentaine de morts. Le point sur les règles de sécurité à respecter et les plans d’action menés par la SNCF pour sécuriser les plus dangereux.

La collision survenue jeudi soir entre un bus scolaire et un TER à Millas dans les Pyrénées-Orientales a fait 5 morts et 20 blessés, selon le bilan annoncé vendredi. Cet accident tragique pose à nouveau la question de la sécurité des 15 459 passages à niveau que compte la France.  Principalement répartis sur les routes communales (68,2 %) et départementales (31,4 %), ils sont signalés par un feu rouge clignotant, une barrière zébrée ou un simple panneau stop. A Millas, le passage à niveau était équipé de barrières automatiques, comme trois passages sur quatre.

Chaque année, une centaine de collisions se produisent occasionnant une trentaine de morts et une quinzaine de blessés. En 2016, la SNCF a comptabilisé 111 accidents ayant causé au total 31 morts et 15 blessés graves. Lorsque la collision a lieu entre un train et une voiture, l’automobiliste perd la vie une fois sur deux. En comparaison, 5 % des accidents de la route sont mortels.

Dans 98 % des cas, les accidents sont la conséquence de comportements inadaptés des usagers (impatience, négligence ou non-respect du Code de la route). Pour sensibiliser les Français aux dangers aux passages à niveau, la SNCF organise depuis 10 ans une journée nationale d’information.

Les règles de sécurité à respecter

Si vous respectez le Code de la route, un passage à niveau n’est pas dangereux. Voici les règles de sécurité à respecter :

  • à l’approche d’un passage à niveau, ralentissez et contrôlez si vous pouvez traverser sans danger. Ne vous arrêtez jamais sur la voie ferrée, le Code de la route accorde la priorité absolue aux trains (art. R422-3)  et ne traversez la voie ferrée que si vous êtes certain de pouvoir vous dégager rapidement du passage à niveau ;
  • devant un passage à niveau avec barrières, arrêtez-vous dès que les feux clignotent. Après le passage du train, attendez l’ouverture complète des barrières pour redémarrer ;
  • devant un passage à niveau sans barrières, arrêtez-vous au panneau « stop » et vérifiez, avant de franchir la voie ferrée, qu’aucun train n’arrive ;
  • quand vous attendez le passage d’un train, soyez patient. Le temps d’attente à un passage à niveau n’excède jamais quelques minutes. Si la fermeture du passage à niveau persiste, alertez un agent SNCF à l’aide du téléphone situé aux abords du passage à niveau ;
  • si vous êtes immobilisé sur une voie ferrée, dégagez votre véhicule en enfonçant la barrière. Elle est conçue pour ne pas résister à ce type de choc. Sinon, évacuez toutes les personnes du véhicule. Alertez au plus vite un agent SNCF avec le téléphone du passage à niveau.

A noter : si vous grillez le feu rouge clignotant d’un passage à niveau doté d’un radar, vous risquez une amende de 135 € et un retrait de 4 points sur votre permis de conduire.

Des plans de sécurisation des passages à niveau dangereux

Outre la journée de sensibilisation aux règles de sécurité, les pouvoirs publics ont engagé depuis 2008 des plans de sécurisation des passages à niveau à risques. Certains sont sécurisés, d’autres supprimés (entre 5 et 7 par an) et remplacés par une déviation, un pont route ou un pont rail. Des opérations longues – 4 à 6 ans en général – et coûteuses – plusieurs millions d’euros par intervention – qui sont financées par l’Etat, les collectivités locales et SNCF Réseau. Au 1er janvier 2017, la France comptait encore 163 passages à niveau dangereux, contre 437 en 1997.

Dernière innovation, en Ile-de-France, plusieurs passages à niveau seront équipés en 2018 d’un système de détection d’obstacles fixes qui envoie un signal au train pour qu’il puisse freiner à temps.