Optez pour une voiture sans permis !

Optez pour une voiture sans permis !

Fini les « pots de yaourt » ringards ! Désormais les voitures sans permis s’offrent des looks soignés et leurs conducteurs sont autant des jeunes citadins que des retraités ruraux.

Photos : ©Christian Chaize / Aixam Crossover

Les voitures sans permis (VSP), aussi appelées « quadricycle léger à moteur », sont de simples cyclomoteurs équipés de quatre roues et d’un toit.

Dotées de deux places au maximum, elles peuvent être conduites par tous, sans permis, ni formation – seuls les conducteurs nés après 1988 doivent posséder un Brevet de sécurité routière, option quadricycle.

Pour cette raison, le législateur a défini quelques restrictions : un poids à vide de 350 kg maximum, un moteur n’excédant pas une puissance de 4 kW (5,6 chevaux) et une vitesse limitée à 45 km/h (article R. 311-1 du Code de la route). Ce qui interdit, de fait, l’accès aux autoroutes et voies rapides, ainsi qu’au périphérique parisien.

Attention, sur route, les règles varient d’un département à l’autre. L’interdiction de circuler est matérialisée par le panneau C107, une voiture blanche sur fond bleu, souligne Thierry Aster, rédacteur en chef de « Génération Sans Permis », un bimestriel spécialisé.

Malgré ces inconvénients, et des prix de vente élevés – entre 10 000 et 14 000 €, soit le prix d’une « vraie » voiture d’entrée de gamme comme la Renault Twingo 1.2 –, le marché se porte plutôt bien.

En 2009, près de 15 000 voitures neuves ont été immatriculées, portant à 150 000 le nombre de VSP en circulation !

Une voiture sans permis : pour la ville ou la campagne

Longtemps, ces voitures sont restées l’apanage des personnes retraitées installées à la campagne, en leur permettant d’aller faire leurs courses et d’avoir une vie sociale.

Habitant en région parisienne, je n’ai jamais passé mon permis, témoigne Émile Hurault, 71 ans. Une fois en retraite, nous nous sommes installés dans l’Yonne et ma femme, qui conduit pourtant, m’a encouragé à acheter une voiturette. Depuis, je l’utilise quasiment tous les jours, et nous la préférons même à notre voiture traditionnelle !

Depuis une quinzaine d’années, la clientèle s’est élargie à de jeunes actifs. Dans un cas comme dans l’autre, ces voitures facilitent les déplacements sans avoir à passer le permis : une solution pour éviter l’isolement et une réponse aux problèmes de transport.

Il y a près de vingt ans, 95 % de nos acheteurs étaient des retraités ; en 2009, les deux tiers étaient des actifs, confirme Philippe Colançon, PDG d’Aixam, leader français des constructeurs de VSP.

Des voitures sans permis bien équipées

Une évolution due aux difficultés pour passer le permis, à la dégradation des transports en commun, mais aussi aux progrès réalisés par les constructeurs, notamment en termes de ligne et de confort.

L’atout majeur des VSP est d’avoir su s’adapter pour ressembler aux voitures que l’on croise tous les jours.

Désormais, elles offrent aussi à leurs possesseurs tout l’équipement et le confort d’une voiture classique : climatisation, vitres électriques, freinage ABS, airbags, radio CD/MP3, radars de recul, etc.

Je change régulièrement de voiturette et je note à chaque fois des progrès, s’enthousiasme Émile Hurault. J’ai même un grand coffre pour mettre trois ou quatre valises et des sacs !

Longtemps dotées de moteurs très bruyants et peu performants, elles sont aujourd’hui équipées de moteurs Diesel à injection électronique. De quoi réduire le bruit et les vibrations.

Ces deux inconvénients majeurs des voiturettes seront complètement résolus lorsque nous pourrons les équiper de moteurs électriques de série, pour l’instant trop chers pour de si petites productions, indique Philippe Colançon.

Les constructeurs ont adapté leur gamme aux souhaits des utilisateurs : certains modèles dépassent les 3,10 m, d’autres sont très courts pour mieux se garer en ville.

Les designers, eux, soignent le style, du plus basique au plus sportif pour séduire les jeunes. Toute ressemblance avec des voitures à la mode, telles que Mini, Smart ou Fiat 500, n’est, évidemment, pas fortuite ! Et toutes bénéficient d’une garantie de deux ans, comme les « grandes ». De quoi élargir encore la clientèle.

Qui conduit une voiture sans permis ?

Nous vendons beaucoup à des femmes de 35-40 ans qui jonglent entre travail et vie de famille sans trouver le temps ni le courage pour passer leur permis, explique Marc Lebrun, qui vend et loue des VSP. Dans ces foyers, la voiturette fait souvent office de seconde voiture. 

Autres clients : la jeunesse dorée à qui les parents offrent ces véhicules dès 16 ans pour éviter que leur progéniture ne roule sur des scooters jugés trop dangereux.

Mais aussi les conducteurs qui se sont vus retirer leur permis. La location est alors souvent plus intéressante que l’achat, même si le coût reste prohibitif, à 650 € par mois environ.

Enfin, ces véhicules sont depuis toujours conduits par des personnes qui souffrent d’un handicap physique ou psychique incompatible avec le passage du permis de conduire. "Cela leur permet de conserver une vie sociale et reste moins dangereux qu’un cyclomoteur !", souligne Thierry Aster.

Pour autant, les utilisateurs qui n’ont aucune obligation de suivre une formation à la conduite ne sont pas lâchés dans la nature par les vendeurs ou les loueurs.

« Je prends une à deux heures pour qu’ils conduisent en situation réelle, en commençant par des axes peu fréquentés et en nous insérant peu à peu dans une circulation plus dense, confirme ainsi Marc Lebrun, directeur commercial du Garage de la Fourche, à Maisons-Alfort (­Val-de-Marne). Et j’explique quelles sont les voies qu’ils sont autorisés à fréquenter ou pas. »

Les clients apprécient ce moyen de transport original et peu contraignant, notamment pour les déplacements urbains.

Un coût important pour les voitures sans permis

Reste le budget qu’il faut consacrer à ces voitures, véritable frein à leur développement.

D’abord, leur prix de vente élevé qui s’explique par des productions en petite série et l’utilisation de matériaux et procédés de fabrication coûteux pour respecter les contraintes d’un « poids total autorisé » ne dépassant pas 350 kg à vide.

Mais aussi le prix des assurances, plus important que pour une voiture classique : plus de 500 € par an au tiers, et jusqu’à 1 200 € en tout risque !

Pourtant, du fait de leurs performances limitées et des faibles distances parcourues, les VSP ne sont pas plus impliquées que les autres dans les accidents de la route (391 véhicules concernés en 2009, soit 0,32 % du total).

L’explication tient plutôt au coût des réparations sur ces voitures, souvent pilotées par des conducteurs peu expérimentés et… gros consommateurs de pièces détachées onéreuses à remplacer.

Pourquoi conduire une voiture sans permis ?

Aurélie Cousin, 26 ans, Vigneux-sur-Seine (Essonne) compte s'habituer à conduire avant de repasser son permis : "J’ai raté mon permis il y a deux ans et cela m’a découragée. Mais comme je travaille à 20 km de chez moi, je commençais à me lasser du scooter sous la pluie et dans le froid. L’idée de la voiturette m’est venue grâce à une amie qui en possède une.

J’ai acheté une version plutôt haut de gamme. Son moteur Diesel est moins bruyant que sur les versions antérieures et il ne produit pas trop de vibrations. Le vendeur m’a offert une heure de conduite sur route, ce qui m’a suffi pour me sentir à l’aise et me lancer.

Grâce à ma voiturette, je vais m’habituer à conduire et, dans quatre ou cinq ans, je repasserai sans doute mon permis."

Comparez les voitures sans permis

  • La plus logeable 

Modèle : Aixam Crossover

Prix : 14 490 €

Moteur : Diesel DCI à injection, 400 cm3.

Puissance : 4 kW (5,6 ch) à 3 200 tr/min.

Freinage : à disques et tambours (ABS en option).

Dimensions : 3,09 m x 1,50 m.

Réservoir : 16 l. Coffre : 1 200 l.

Consommation : 2,96 l/100 km.

Émission de CO2 : 77,9 g/km.

Équipements : lève-vitres électriques, fermeture centralisée avec télécommande, autoradio-CD-MP3, radar de recul, etc.

Garantie : 2 ans.

  • La plus techno

Modèle : Microcar Highland

Prix : 12 885 €

Moteur : Diesel DCI à injection électronique.

Puissance : 440 cm3, 4 kW (5,6 ch) à 3 400 tr/min.

Freinage : à disques (Airbag conducteur).

Dimensions : 3,03 x 1,50. Coffre : 670 l.

Réservoir : N.C.

Consommation : 2,9 l/100 km.

Émission de CO2 : 75,5 g/km.

Équipements : lève-vitres électriques, fermeture centralisée, feux antibrouillard avant, autoradio-CD-MP3, etc.

Garantie : 2 ans.

  • La plus design

Modèle : Chatenet CH26

Prix : 13 490 € (14 990 € en version toit ouvrant)

Moteur : Diesel DCI à injection électronique.

Puissance : 523 cm3, 4 kW (5,6 ch) à 3 200 tr/min.

Freinage : à disques et tambours.

Dimensions : 3,06 m x 1,56 m. Coffre : 600 l.

Réservoir : 19,5 l.

Consommation : 3 l/100 km.

Émission de CO2 : 75,5 g/km.

Équipements : autoradio-CD, lève-vitres électriques, fermeture centralisée avec télécommande, radar de recul, etc.

Garantie : 2 ans.

Un permis de conduire révisé en 2013

Quelques changements sont annoncés pour février 2013, date d’entrée en vigueur du nouveau permis de conduire à puce, sous réserve de publication des textes.

Les conducteurs nés entre 1988 et 1997 devront, soit détenir l’ancien Brevet de Sécurité routière, option quadricycle, soit passer un nouveau permis, dit « AM », avec une épreuve du Code de la route et 7 heures de formation.

Ceux nés après le 18 janvier 1997 devront avoir 16 ans et le permis AM. Pas de changement pour les conducteurs nés avant 1988.

Le chiffre : 44 371 voitures sans permis immatriculées en 2009, dont près de 70 % d’occasion. Source : observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onirs).

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