Les nouveaux radars sur les routes

Les nouveaux radars sur les routes

La multiplication des radars et leur automatisation ont réduit le nombre de morts sur la route. Nul conducteur n’est à l’abri des sanctions. Un mal nécessaire, mais parfois contesté.

La mise en place de radars plus performants suit l'entrée en application d'une longue liste de mesures visant à réduire la mortalité routière :

  • Déjà sévèrement réprimée, la conduite en état d’ivresse est devenue un délit en 2011.
  • La même année était mis en place l’éthylotest antidémarrage, un dispositif bloquant le démarrage de la voiture et réservé aux récidivistes volontaires.
  • Puis l’obligation pour les discothèques de distribuer des éthylotests.
  • Toujours en 2011, l’excès de vitesse de plus de 50 km/h par rapport à la vitesse autorisée devient aussi un délit.
  • Et les motos sont équipées de plaques plus grandes de façon à les rendre plus lisibles par les radars.

Des radars spécialisés

En 2011, les panneaux annonçant les radars fixes sont supprimés et les avertisseurs de radars – GPS et autres systèmes embarqués – sont interdits sous peine d’une amende de 1 500 € et de la perte de 6 points.

Aujourd’hui, on dénombre en France huit sortes d’appareils :

  • les radars fixes de vitesse (au nombre de 2 175 au 1er avril 2013) ;
  • les radars mobiles de vitesse installés au bord des routes (929) ;
  • les radars discriminants qui différencient les catégories de véhicules (146) ;
  • les radars de feux rouges (713) ;
  • les radars de vitesse moyenne mesurée entre deux points (40) ;
  • les radars de passages à niveau (34) ;
  • les nouveaux radars mobiles, sans flash, embarqués à bord d’une voiture banalisée (36) ;
  • les radars pédagogiques qui informent de la vitesse sans sanctionner et sont disposés avant les radars fixes (1 830).

Il existe une corrélation entre la vitesse moyenne et le nombre de tués, et les radars ont fait sensiblement baisser le nombre de morts. Mais une fois cette baisse absorbée, le nombre de tués continuerait de diminuer d’environ 6 % par an à trafic constant , indique Sylvain Lassarre, directeur de recherches à l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux.

Cela s’explique par l’amélioration des véhicules (résistance aux chocs, renouvellement du parc…) et des infrastructures et par l’évolution des comportements.

Les débuts d'une vidéosurveillance

En plus des radars, de nombreuses villes décident d’utiliser la vidéosurveillance pour constater les infractions routières. L’image de la plaque d’immatriculation d’un véhicule en infraction (stationnement gênant, franchissement de feu rouge…) est envoyée au Centre national de traitement des infractions routières de Rennes, qui édite un procès-verbal dématérialisé et expédie une contravention à l’adresse figurant sur la carte grise.

Reste à savoir si ce dispositif donne lieu à contestation, comme c’est le cas avec les radars.

La photo d’une plaque d’immatriculation ne permet pas d’identifier l’auteur de l’infraction, rappelle Bernard Dreyfus, délégué général à la médiation avec les services publics auprès du Défenseur des droits. Mais, en matière de stationnement, il y aura moins de contestation, car ces infractions n'entraînent pas de retrait de points. 

Une inflation d'amendes

La multiplication des systèmes automatisés, radars en tête, provoque une inflation des amendes.  En 2012, la recette de la police de la route s’est élevée à 1,398 milliard d’euros, dont 730 millions pour les seuls radars fixes. Pour 2013, les prévisions tablent sur 1,41 milliard d’euros.

Une situation qui provoque le ras-le-bol de certains automobilistes. Le site Racontemoitonradar, mis en place par l’association “40 millions d’automobilistes”, a ainsi recueilli en six mois 67 000 témoignages, permettant de dresser la carte de France des radars considérés comme des pièges !

 Il va falloir trouver un équilibre entre l’exigence de sécurité routière et la nécessité de préserver les droits des automobilistes, estime Me Rémy Josseaume, spécialiste en droit routier et président de l’Automobile Club des avocats. Les gens vont de plus en plus contester les PV car ils en ont assez de perdre les points de leur permis. 

De nouvelles mesures à l’étude

Depuis le 19 janvier 2013, un nouveau permis a été mis en place. Ce permis sécurisé au format carte bancaire, valable quinze ans, remplacera progressivement le permis à trois volets à partir du 16 septembre 2013. Vous avez toutefois jusqu’au 20 janvier 2033 pour remplacer votre carton rose.

Par ailleurs, six nouvelles catégories, essentiellement moto et poids lourds, ont été créées, en conformité avec la législation européenne. Enfin, courant février, le Conseil national de sécurité routière (CNSR), relancé par le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a mis fin à la controverse sur l’obligation de posséder un éthylotest : l’amende de 11 € est supprimée, mais l’obligation est maintenue.

D’ici à septembre, le CNSR devrait proposer de nouvelles mesures, qui iront alimenter la réflexion du Comité interministériel à la sécurité routière.

20 % : c’est la probabilité pour un piéton de survivre dans un choc à 60 km/h. Elle passe à 95 % à 30 km/h. Source : la Prévention routière.

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