Les atouts de la conduite accompagnée

Les atouts de la conduite accompagnée

Tout jeune peut apprendre à conduire dès 16 ans, en présence d’un tuteur (souvent un de ses parents), après avoir suivi des cours en auto-école. Les taux de réussite sont meilleurs que lors d’une formation classique.

La conduite accompagnée, qu’on appelle aussi apprentissage anticipé de la conduite (AAC), séduit un nombre croissant de jeunes : 205 908 permis de conduire de la catégorie B ont été attribués en 2008. Mais moins d’un tiers des candidats optent pour la formule.

"La conduite accompagnée est davantage choisie en zone rurale, et peu dans les grandes villes, où sa mise en œuvre est difficile à cause des embouteillages et de la moindre disponibilité des parents, explique Loïc Bourne, directeur d’une auto-école à Rennes. Pourtant, le taux de réussite au permis de conduire s’élève à 69,5 % lors de la première présentation, contre 51,9 % avec l’apprentissage par la voie classique."

Une formation avant de prendre le volant

Pour bénéficier de cette formule, vous devez vous inscrire auprès d’une auto-école qui acceptera votre candidature sous conditions : être âgé de 16 ans à 18 ans, avoir l’accord des parents et de l’assureur du véhicule, et posséder l’attestation scolaire de sécurité routière (ASSR) de niveau 2 ou l’attestation de sécurité routière (ASR).

Pas question de piloter la voiture familiale sans préparation ! L'apprentissage commence par un rendez-vous pédagogique préalable, d’une durée minimale de deux heures, en présence du moniteur et de l’accompagnateur. Puis, le conducteur en herbe suit une formation théorique permettant de préparer l’épreuve théorique générale dite épreuve du "code".

Le cursus pratique dure au minimum vingt heures, mais dans les faits il se situe entre vingt-cinq et trente-cinq heures selon les personnes et le contexte géographique : les grandes villes offrent des conditions de circulation plus difficiles que les zones rurales. "L’objectif est d’acquérir le niveau qui permet de conduire sans danger", précise Loïc Bourne. Au terme de cette étape, vous recevez une attestation de fin de formation initiale.

Conduire avec son tuteur

Une fois l’examen du code obtenu, et la formation initiale obligatoire effectuée, l'auto-école délivre à l'apprenti conducteur une attestation de fin de formation initiale (AFFI). Il peut alors commencer à rouler avec un accompagnateur. Il peut s'agir de votre père, de votre mère, des deux, ou de toute personne âgée d'au moins 23 ans, titulaire du permis depuis au moins cinq ans, et n'ayant commis aucun délit grave. Vous devez remettre l’attestation de fin de formation initiale et donner le nom de vos tuteurs à l’assureur du propriétaire du véhicule afin d’obtenir une extension de garantie.

La voiture doit être équipée de deux rétroviseurs latéraux et arborer un autocollant "conduite accompagnée" apposé à l'arrière. Vous devez rouler au moins 3 000 km en France. "Avec ma mère, j’ai roulé dans la ville de Grasse et ses environs, le jour et la nuit, raconte Sophie. Avec mon père, j’ai effectué de longs trajets sur autoroute, de Cannes à Montpellier ou à Toulouse."

Il convient de respecter les limitations de vitesse imposées aux novices : 110 km/h sur autoroute, 100 km/h sur les routes à chaussées séparées par un terre-plein central, 80 km/h sur les autres routes en dehors des agglomérations. Le nombre de kilomètres parcourus, les types de routes empruntés, les manœuvres réalisées sont ensuite inscrits dans le livret d’apprentissage.

Deux entretiens obligatoires

Deux rendez-vous pédagogiques avec l’enseignant de l’auto-école, d’une durée de trois heures, sont obligatoires : le premier au bout de 1 000 km et le second après 3 000 km. À l’issue de ces entretiens, le formateur décide si le candidat est apte à passer l’épreuve pratique.

"Le tutorat est bénéfique si le parent joue un rôle pédagogique", ajoute Loïc Bourne. Loin d’être un simple passager, il doit donner des consignes à son enfant, mais aussi le laisser prendre des initiatives. Une bonne entente est recommandée. Julie garde un mauvais souvenir de son apprentissage aux côtés de sa mère : "J’acceptais mal ses remarques que je ressentais comme agressives. Le climat était tendu et je perdais toute confiance en moi."

"La conduite accompagnée provoque très peu d’accidents, poursuit Loïc Bourne. La plupart du temps, il s’agit d’incidents matériels sans gravité, comme, par exemple, une aile froissée à la sortie du garage."

Période probatoire et prime d’assurance réduites

Avec la conduite accompagnée, le jeune obtient des avantages. Le permis de conduire en poche, il bénéficie d’une période probatoire qui dure deux ans au lieu de trois. Ainsi, son capital points passe de six à douze plus rapidement que s’il avait choisi la voie classique.

Les compagnies d’assurances lui proposent des tarifs plus avantageux pour le premier contrat d’assurance de son véhicule. La surprime appliquée aux conducteurs novices est réduite de moitié la première année (50 % au lieu de 100 %), et elle est supprimée dès la deuxième année si l’assuré n’a été responsable d’aucun accident.

A noter : la réforme du permis de conduire adoptée en 2010 a introduit un nouveauté : la conduite supervisée. Les candidats de 18 ans et plus, inscrits dans une école de conduite, peuvent désormais compéter leur formation initiale par une phase de conduite accompagnée. Le candidat, accompagné d’un titulaire du permis de plus de cinq ans, devra au minimum effectuer 1 000 kilomètres sur une durée d’au moins trois mois.