Le nombre de morts par accident de voiture peut encore baisser

Le nombre de morts par accident de voiture peut encore baisser

En quarante ans, le nombre de morts sur la route a été divisé par cinq. Mais il reste encore beaucoup à faire pour placer la France dans le peloton de tête des conducteurs modèles européens !

Créé le 5 juillet 1972, le Comité interministériel de la sécurité routière se proposait de lutter contre un fléau national : le nombre de tués sur les routes dépassait, cette année-là, 18 000 personnes, soit près de 50 par jour. Pour enrayer l’héca­tombe, les pouvoirs publics adoptent alors un lot de mesures :

  • nouvelle réglementation routière (circulation, permis, limitations de vitesse),
  • sécurité des véhicules (équipements, crash tests),
  • aménagement des infrastructures (ronds-points, autoroutes…)
  • et communication sur ces mesures.

Résultat : en quarante ans, le nombre de tués a été divisé par cinq malgré une augmentation du trafic, soit 300 000 vies épargnées, l’équivalent d’une ville comme Nantes.

Le lien entre vitesse et mortalité se vérifie dans quantité de pays européens : une baisse de la vitesse moyenne de 1 km/h, c’est 4 % de tués en moins. Si la peur du gendarme a été pour beaucoup dans les progrès, il faut maintenant proposer aux conducteurs les moyens de connaître la vitesse maximale autorisée sur le tronçon qu’ils empruntent et d’être informés s’ils la dépassent. C’est possible avec un GPS. Les systèmes adaptant automatiquement la vitesse du véhicule (“limiteur s'adaptant à la vitesse autorisée" ou Lavia) sont moins facilement acceptés. Jean-Yves Salaün, délégué général de l’association la Prévention routière.

Ces progrès ont été obtenus par la pédagogie (un peu) et la répression (beaucoup). La courbe de la mortalité routière montre que la tendance à la baisse est quasi continue depuis les années 1973-1974 et que les avancées correspondent, entre autres, à deux mesures concernant la vitesse.

750 morts par an ont pour cause la somnolence au volant et 85 % des accidents,dus à la somnolence se produisent de jour.
Source : étude de “40 millions d’automobilistes”

La vitesse, premier fléau

  • En juin 1973, la décision de limiter la vitesse à 110 km/h sur les routes à grande circulation et à 100 km/h sur les autres routes a permis de baisser le seuil à 14 000 morts.
  • En 2003, le programme radars et sa mise en application progressive ont ramené le nombre de tués à moins de 6 000 en quelques années.

Car la vitesse est aujourd’hui responsable – ou facteur aggravant – de 20 % des accidents mortels.

Pourtant, les limitations ont d’abord été ressenties comme une entrave à la liberté des automobilistes, et l’installation des radars comme le moyen de les transformer en « vaches à lait ». Depuis, leur comportement a changé.

Ce que confirme le baromètre TNS Sofres de janvier-février 2013 : le nombre d’automobilistes avouant rouler à 160-170 km/h, en diminution de 10 % depuis 2004, concerne moins d’un conducteur sur cinq .

Sur autoroute, la majorité des gens respecte les limitations, se réjouit Jean-Yves Salaün, délégué général de l’association la Prévention routière. Mais ce comportement est fragile. Il suffit qu’un certain nombre se mette à rouler plus vite pour, par effet d’entraînement, aspirer tout le monde.

Zéro alcool au volant

En juillet 1978, la loi sur la prévention de l’alcoolémie fixe un taux maximal dans le sang. Dans notre pays, où un bon repas se doit d’être accompagné d’une bonne ­bouteille, le choc est rude. Mais salutaire, car l’alcool est en cause dans un accident mortel sur trois et plus d’un sur deux le week-end.

Les jeunes conducteurs sont les plus touchés par la mortalité. Ils ont fait l’objet de mesures particulières, dont le permis probatoire : crédités au départ de 6 points, les jeunes voient leur capital passer à 12 après trois ans sans infraction. Ils sont aussi visés par des campagnes de communication incitant à désigner un « capitaine de soirée » qui s’abstient de boire pour ramener tout le monde à bon port.

Téléphone portable… Raccrochez !

Certaines avancées techniques ont atténué les risques d’un accident : ABS, ESP, airbag… Mais le portable, cette autre nouvelle technologie, a des effets plus que néfastes. D’autant qu’aux coups de fil sont venus s’ajouter l’envoi et la réception de courriels ou textos sans lâcher le volant !

Ces pratiques doivent être combattues. Car, alors que les trois quarts des conducteurs estiment que téléphoner en conduisant est dangereux, 37 % le font régulièrement et 40 % reconnaissent ne jamais utiliser de kit mains libres, indique le baromètre TNS Sofres !

Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas et Danemark sont les meilleurs élèves de l’Europe en matière de sécurité routière. Ces deux derniers pays ont divisé par plus de 6 le nombre de tués depuis 1965. Avec 28 morts sur la route par million d’habitants, le Royaume-Uni compte deux fois moins de victimes que la France (56).