Le contrôle technique plus sévère

Le contrôle technique plus sévère

Depuis le 1er janvier 2008, le contrôle technique est renforcé avec la multiplication des contre-visites. Résultat, il coûte plus cher.

"Le CT est OK." Cet avis favorable devient de plus en plus difficile à obtenir, car, depuis le 1er janvier, le contrôle technique s’est durci. De nouveaux points entraînent une contre-visite s’ils ne s’avèrent pas satisfaisants : niveau insuffisant du liquide de frein, étanchéité des amortisseurs, plaque d’immatriculation mal fixée, dysfonctionnement du troisième feu stop, absence de dispositif antidérapant sur la pédale de frein…

La liste des défauts éventuels s’est ainsi allongée. Bonne nouvelle : ces mesures participeront à l’amélioration de la sécurité sur les routes. En contrepartie, le porte-monnaie de l’automobiliste se trouve encore mis à contribution.

Quand un véhicule atteint les quatre ans, il doit être présenté au contrôle technique dans les quatre mois qui précèdent cet anniversaire. Ce test s’applique aussi à toutes les voitures vérifiées en 2006, car il est obligatoire tous les deux ans. Inutile d’attendre une quelconque lettre de rappel, il est impératif de surveiller ces dates "anniversaires".

Gare à l’amende !

En cas d’oubli, la moindre vérification par les forces de l’ordre expose à une amende de 135 €. Et à la confiscation de la carte grise. Une autorisation de circuler valable sept jours est alors délivrée, le temps de régulariser la situation. Sans preuve de passage au contrôle technique, la carte grise ne sera pas restituée. La visite technique s’impose aussi si vous vous apprêtez à vendre votre voiture de plus de quatre ans. En effet, vous devez remettre à l’acheteur un certificat de contrôle de moins de six mois.

L’examen doit être accompli par l’un des 5 207 centres agréés. Depuis le 1er janvier et l’application des nouvelles mesures, les prix ont augmenté, car la durée du test s’est allongée. "Nous avons dû aménager les centres auto sur le plan électronique afin de relier tous les appareils informatiquement, précise Guy Morvan, directeur technique des réseaux Autosécurité et Sécuritest. Par ailleurs, le contrôle du système de diagnostic embarqué (OBD), qui supervise en permanence les émissions nocives des voitures, a nécessité un nouvel équipement."

Des tarifs en hausse

Si certains garagistes ont réévalué leurs prestations de 3 à 4 €, d’autres, en revanche, les ont fait grimper de 11 €. "Comme les tarifs varient beaucoup d’un centre à un autre, n’hésitez pas à faire jouer la concurrence, suggère Jean-Marc Zammit, directeur de l’automobile club de Provence. Vous avez intérêt à passer quelques appels téléphoniques aux professionnels de votre ville afin de comparer les prix." Comptez entre 55 et 75 € la visite selon les centres et la commune. Attention ! Parfois, les tarifs diffèrent selon la motorisation du véhicule, essence ou diesel.

Avant le jour de l’examen, il est préférable d’effectuer vous-même quelques vérifications afin d’éviter que votre voiture soit recalée. Examinez les plaques d’immatriculation, le pare-brise, les rétroviseurs, les ceintures, les clignotants, les feux stop, les feux de croisement, de position et de plaque arrière, le klaxon, les niveaux des liquides de frein et de refroidissement…

"Pensez aussi à vous rendre chez votre garagiste habituel, recommande Jean-Marc Zammit. Les professionnels proposent souvent des précontrôles gratuits. Vous éviterez ainsi des contre-visites inutiles."

116 points passés au crible

Depuis le 1er janvier 2008, la visite porte sur 116 points au lieu de 125, mais ceux qui ont été supprimés ont été classés ailleurs. La nomenclature du contrôle a ainsi gagné en simplicité. On recense désormais 398 altérations possibles, dont 165 soumises à contre-visite. Cette année, s’ajoutent deux défauts qui découlent des avancées technologiques : informations fournies par le système de diagnostic embarqué (OBD) et cache des airbags.

La visite dure de 30 à 45 minutes et n’exige aucun démontage. À son terme, un procès-verbal mentionne les contrôles réalisés et les défaillances constatées. Le contrôleur appose un timbre sur la carte grise : la lettre A si une contre-visite ne se justifie pas, la lettre S dans le cas contraire. Il indique aussi la date limite de validité de votre contrôle technique, soit deux ans à compter de la visite initiale, même en cas de contre-visite. Enfin, il colle une vignette sur votre pare-brise.

Davantage de contre-visites

L’an passé, un contrôle sur cinq a été soumis à une contre-visite. "Il faut s’attendre pour 2008 à un taux plus élevé, qui devrait avoisiner les 23 %", met en garde Guy Morvan. Bien sûr, l’échec au contrôle s’accroît avec l’ancienneté des véhicules. Si une contre-visite a été prescrite, vous disposez de deux mois pour l’effectuer.

Ce second examen est parfois gratuit. Lorsqu’il est payant, le centre agréé applique soit un prix unique, de l’ordre de 10 €, soit un tarif progressif selon le défaut à vérifier, qui oscille entre 10 et 30 €. C’est pourquoi il est judicieux d’opter dès le départ pour un centre qui ne facture pas la contre-visite. Vous pouvez présenter votre véhicule dans une autre structure que celle qui a réalisé le premier test. Lors de la seconde visite, seuls les défauts ayant entraîné la contre-visite sont à nouveau examinés. Attention ! Si vous laissez filer le délai de deux mois, une nouvelle visite initiale est indispensable.

Un plus pour la sécurité

Certes, le contrôle technique demande un investissement en temps et en argent. "Mais il assure un nettoyage du parc automobile très bénéfique, se réjouit Guy Morvan. De nombreux véhicules dangereux ont été écartés de la circulation." Sécurité routière oblige, une évolution est attendue dans les prochaines années. Les contrôles devraient devenir plus fréquents pour les véhicules les plus anciens (un examen annuel par exemple), et s’élargir à certains équipements récents (ESP, ABS, airbag) et aux deux-roues.

Contact utiles

Union technique de l’automobile, du motocycle et du cycle

Tél : 01 69 80 17 00

Web : www.utac-otc.com

Fédération française des automobile clubs

Tél : 01 56 89 20 70

Web : www.automobileclub.org