Entretenir soi-même sa voiture

Entretenir soi-même sa voiture

À l’heure où l’électronique complique les interventions, où se posent parfois des problèmes de garantie constructeur et où les pièces sont plus complexes à changer que naguère, il est encore possible d’entretenir son véhicule soi-même. Pour certains, c’est même une obligation économique.

La réalisation de la plupart de petits travaux de mécaniques et d’entretien dépend d’abord de la compétence de chacun. Quant aux interventions sur l’électronique, elles sont quasiment impossibles.

L'électronique contraint souvent les clients à passer par le constructeur

Depuis la fin des années 1990, tous les modèles de toutes les gammes sont dotés d’un multiplexage électronique qui relie tous les organes du véhicule avec un réseau de calculateurs et de câbles. Cette électronique embarquée a l’avantage de transformer le véhicule en un tout cohérent, où l’information circule pour une meilleure gestion du moteur, de ses équipements et de la sécurité. L’inconvénient en est une extrême complexité, derrière laquelle le constructeur se réfugie pour convaincre son client de faire entretenir son véhicule uniquement dans son réseau de réparateurs agréés.

Toute intervention devra être réfléchie et mesurée. Inconvénient : sur les véhicules dotés des derniers équipements électroniques, ces opérations ne seront pas enregistrées par l’ordinateur de bord. Seule une réinitialisation effectuée par un concessionnaire de la marque assurera une remise à niveau des données.

Néanmoins, la plupart des opérations de révision sont réalisables facilement avec peu d’outils. C’est le cas de l’entretien courant : contrôler et remplir les niveaux d’huile, de liquide de refroidissement ou de lave-glace, changer les fusibles ou les balais d’essuie-glace. Il suffit de suivre le mode d’emploi. Plus délicat est le changement des ampoules : parfois simple, parfois complexe, selon leur encastrement.

Sur certains véhicules récents, par exemple, le changement d’une ampoule de phare nécessite la dépose du bouclier avant ; une opération délicate, qu’il convient de réaliser en garage.

Voiture : vidange, filtre à air, batterie à changer soi-même

Moins facile mais toujours réalisable, la vidange nécessite une clef de démontage adaptée, un réceptacle à huile usagée, un système de levage sécurisé et un joint. En parallèle, il faut toujours changer le filtre à huile, opération qui réclame parfois du doigté et un outil adapté. Dans certains modèles, il faudra au préalable démonter des pièces. De même, le changement des filtres à air, à pollen ou de climatisation est plus ou moins complexe.
Le changement de la batterie est plus aisé. En revanche, électronique oblige, il faut respecter les polarités de branchement et laisser « reposer » le véhicule cinq minutes, contact mis, afin de permettre à l’ordinateur de bord de se réinitialiser.

Connaître la mécanique pour changer les plaquettes de freins, cadrans...

Aller plus loin nécessite des moyens plus importants. Le changement des plaquettes ou des disques de freins, des cardans ou des rotules, la réparation de l’échappement, voire de l’embrayage ou de la courroie de distribution sont envisageables. Ils nécessitent quelques connaissances en mécanique ou encore l’aide d’un conseiller.

Dans tous les cas, il faut disposer d’un garage équipé. Certains passionnés en font leur passe-temps et se dotent d’outils, voire d’un minipont de levage. D’autres utilisent ces équipements en prêt ou en location. Restent, enfin, les garages en libre-service proposés par des associations ou par des garagistes qui cherchent à retrouver une clientèle.

Le garage en libre-service

Qualifiés de « solidaires », « participatifs » ou « associatifs » lorsqu’ils sont gérés par une association, les garages en libre-service se multiplient. Les particuliers y entretiennent et réparent eux-mêmes leur véhicule à moindre coût, après un apprentissage très apprécié. Souvent tenus par des passionnés, ces garages sont financés par les adhérents, pratiquent parfois la vente de véhicules d’occasion ou reçoivent des aides de collectivités locales.

Chacun a ses règles et tarifs. La plupart du temps, il faut être adhérent. Dans certains cas, on achète les pièces et on réserve un créneau horaire pour travailler avec les conseils d’un mécanicien, pour environ 10 € de l’heure. Sinon, le garage se procure les pièces et va jusqu’à les faire poser par un mécanicien en présence du client. Il s’agit alors d’ateliers de formation ou d’insertion professionnelle.

La liste des garages en libre-service est accessible sur le site www.garages-solidaires.fr ou sur www.selfgarage.org. Un blog est consacré à cette activité : www.garage-solidaire.fr.

L’entretien de la voiture en constante progression

L’entretien a un poids non négligeable dans le budget de l’automobiliste : plus de 12 % pour une voiture essence et près de 20 % pour le diesel en 2010. Depuis de nombreuses années, sa progression est en permanence supérieure à l’inflation, tant pour les pièces (+ 39 % en 13 ans) que pour la main-d’œuvre (+ 79 %).

Des augmentations à comparer à l’augmentation des prix à la consommation pour la même période : + 21 % « seulement ». L’association déplore de ne pouvoir obtenir une justification économique rationnelle à cette envolée. Rien que pour l’année 2010, le coût de la main-d’œuvre a augmenté de 3,3 % et de lui des pièces les plus onéreuses entre 2 et 5 %. Influant sur la sécurité du véhicule, l’entretien n’est pas un luxe, mais il en a les prix…

Tout savoir sur sa voiture via des ouvrages

Depuis plus de cinquante ans, tous les véhicules courants sont disséqués sous forme de fiches, photos et commentaires dans les ouvrages de la « Revue technique automobile » éditée par ETAI. Accessibles sur www.etai.fr ou dans sa librairie parisienne, ils sont consacrés chacun à un modèle. D’autres ouvrages s’adressent aux passionnés de certains modèles, ou à des problématiques mécaniques plus professionnelles.