Entretenir sa voiture soi-même

Entretenir sa voiture soi-même

Entretenir soi-même sa voiture peut permettre de grosses économies. Mais cette pratique n’est pas sans risque : en cas de problème, il sera difficile de faire jouer la garantie, faute de factures d’entretien.

L'entretien représente près de 20 % du budget annuel d'une voiture. Pour réaliser des économies, nombreux sont ceux qui souhaitent faire l'entretien de leur véhicule eux-mêmes.

La loi permet certes de choisir son réparateur, mais impose le respect des préconisations constructeur. C’est pourquoi, il faut toujours conserver les factures d’achat de ses pièces, ne jamais se lancer dans une opération que l’on n’est pas certain de maîtriser et réserver aux professionnels certaines interventions périodiques indispensables.

Mode d'emploi : s'informer sur Internet

Le développement de la vente en ligne permet à un automobiliste bricoleur d’économiser non seulement sur la main-d’œuvre mais aussi sur les pièces avec des prix de 30 à 70 % moins élevés que chez un concessionnaire ou dans un centre-auto.

La plupart des sites sont affiliés à un réseau de garagistes partenaires qui en assurent la réception et le montage. Mais certains, comme oscaro ou yakarouler, encouragent le « do it yourself » en publiant de véritables modes d’emploi avec photos et vidéos, ou en organisant des sessions d’initiation à la mécanique.

Les membres des forums automobiles mettent également en ligne des tutoriels très précis montrant comment effectuer les opérations les plus complexes.

On trouve aussi sur le Web les coordonnées de garages associatifs où le néophyte dispose, moyennant cotisation, des conseils nécessaires et de l’outillage.

Pièces détachées : provenance à contrôler

Première précaution : acheter ses pièces sur des sites réputés : norauto, oscaro ou yakarouler. Ils disposent d’un stock important et proposent une assistance qualifiée.

Il existe trois familles de pièces détachées :

  • les pièces d’origine portant la griffe du constructeur et commercialisées dans son réseau ;
  • les pièces de qualité équivalente, émanant des mêmes sous-traitants (Bosch, Ferrodo, Lucas, Denso…), n’en différant que par l’emballage, des détails de finition… et le prix, de 20 à 40 % moins cher. C’est le gros des ventes des sites marchands ;
  • les pièces de marques de distributeur (MDD),  souvent de qualité moindre, s’achetant en centre-auto ou en grande surface, à des prix de 40 à 60 % inférieurs aux pièces de qualité équivalente.

La provenance doit être obligatoirement notée sur la facture d’un garagiste, mais ne l’est pas lors d’un achat sur Internet. Pour les pièces techniques, la meilleure solution réside dans l’échange standard proposé par des sous-traitants, à des tarifs 20 à 40 % inférieurs à la pièce neuve d’origine. Enfin, gare aux pièces de provenance inconnue vendues par des « pros » sur eBay ou leboncoin.

Achat de pneus : les bonnes références

L’achat de pneus sur Internet n’est pas si simple. D’abord, mieux vaut ne pas faire confiance au logiciel qui détermine les références du pneu d’après le modèle de la voiture. Il peut se tromper de millésime ou ignorer une série spéciale. C’est sur le flanc du pneu à remplacer que vous relèverez :

  • les dimensions (largeur, hauteur de flanc, diamètre de jante) ;
  • les indices de charge (de 68 à 100) ;
  • les indices de vitesse (de Q à Y).

Les bonnes affaires se font sur les marques de second rang – Vredenstein, Kleber, Uniroyal ou Semperit –, souvent filiales de marques renommées et 20 à 30 % moins chères. Méfiez-vous des labels exotiques, dont les tarifs de 40 à 70 % moins chers que les grandes marques cachent des pneus souvent endurants mais peu… adhérents, surtout sous la pluie.

Le site de conseils rezulteo-pneu est un bon outil. Une fois le modèle choisi, reste à trouver, muni de votre code postal, le centre de montage où les pneus seront livrés, les plus gros sites offrant le plus grand choix d’adresses : allopneus, 123pneus.

Mécanique, selon vos compétences

Une fois les pièces achetées, il va falloir vous lancer :

  1. Première étape, se procurer le numéro de la revue technique automobile correspondant à son modèle. Dès lors, un bricoleur amateur correctement équipé peut vidanger son moteur et sa boîte de vitesses (si celle-ci n’est pas automatique) et changer lui-même filtres à air et d’habitacle, bougies d’allumage ou de préchauffage, batterie, plaquettes et disques de freins.
  2. Un cran au-dessus, le bricoleur confirmé pourra, lui, s’attaquer aux changements de garnitures de tambour de frein, d’amortisseurs, de silencieux, de cardan et de démarreur.
  3. Pas loin du niveau CAP mécanique et avec un bon outillage, un bricoleur expert pourra remplacer embrayage, alternateur, courroie de distribution et de pompe à eau, joint de culasse.

Quelle que soit l’intervention, prudence : on ne se glisse jamais sous une voiture soutenue par un cric. Celle-ci doit reposer, frein à main serré et première vitesse engagée, sur des chandelles en acier prévues à cet effet.

Révision : tous les 2 ans ou tous les 50 000 km

Même si l’on fait l’entretien courant soi-même, il est préférable de faire passer une révision à sa voiture tous les deux ans ou tous les 50 000 km. Il suffit d’indiquer sur l’ordre de réparation (obligatoire) les pièces à ne pas remplacer ou les interventions à ne pas effectuer pour limiter la facture. Trois arguments militent pour cette révision périodique :

  1. Pouvoir bénéficier, au-delà de la garantie commerciale, de la garantie des vices cachés ou d’un geste commercial en cas de casse.
  2. Bénéficier des rappels officieux qui portent sur des éléments sans rapport avec la sécurité, mais avec la fiabilité.
  3. Faire effectuer ce qui nécessite un appareillage coûteux et des compétences pointues, comme la purge de la centrale ABS et de la climatisation (tous les deux ans), le réglage du jeu aux soupapes, ou le contrôle de la géométrie du châssis.

Travail au noir à éviter

Sur Internet fleurissent des offres proposant des interventions à des tarifs de moitié inférieurs à ceux des pros. Derrière cela, on trouve des auto-entrepreneurs, mais aussi du travail non déclaré, donc risqué.

Si le travail est déclaré, exigez un ordre de réparation signé par les deux parties et une facture avec provenance, prix des pièces et détail de la main-d’œuvre. C’est indispensable en cas de litige et pour revendre le véhicule.