Covoiturage : la solution pour rouler moins cher

Covoiturage : la solution pour rouler moins cher
Les personnes soucieuses de ne pas voyager seules et de se déplacer au meilleur prix peuvent aisément se rencontrer, afin de partager un itinéraire. - © sturti

Le covoiturage se développe de plus en plus, car il permet de voyager au meilleur prix, de moins polluer et de rendre ses trajets plus conviviaux. Nos conseils pour que tout se passe bien.

Plus besoin de lever le pouce au bord de la route pour trouver le conducteur qui acceptera de vous véhiculer. « À la place de l’auto-stop, le covoiturage a décollé grâce à Internet qui a facilité les mises en relation. Aujourd’hui, on compte environ 200 sites, dont beaucoup avec une application mobile », explique Christophe Saroli, chargé de projet pour les nouveaux services à la mobilité au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Les personnes soucieuses de ne pas voyager seules et de se déplacer au meilleur prix peuvent aisément se rencontrer, afin de partager un itinéraire. Le covoiturage est même entré dans la loi qui le définit comme « l’utilisation en commun d’un véhicule terrestre à moteur par un conducteur non professionnel et un ou plusieurs passagers majeurs pour un trajet commun » (Code des transports, article L. 1231-15).

Quand utiliser le covoiturage ?

Il se développe autant pour les courts trajets quotidiens, du domicile au travail ou de l’école au domicile, que pour les trajets ponctuels, souvent plus longs. Dans ces derniers cas, il s’agit de covoiturage pour un week-end ou des vacances. Côté dates et horaires, on doit souvent adapter son planning à celui du conducteur, mais celui-ci peut se montrer souple en ajustant son programme à celui de ses covoyageurs (par exemple, en les prenant à leur gare d’arrivée…), en acceptant de faire un petit détour, etc.

Où est-il implanté ?

Pour les trajets de longue distance, en France et vers ou en provenance de pays européens, il suffit de vous connecter aux sites ayant une large audience. Ainsi, BlaBlaCar, leader du marché européen avec ses 15 millions de membres annoncés et présent dans 19 pays, offre des trajets en provenance et vers une multitude de destinations. Pour les petits trajets réguliers, voire quotidiens, partout en France, des sites proposés par des communes, des départements (MobiSavoie, Covoiturage Loire-Atlantique, Covoiturage Grand Lyon, Covoiturez plus Lille…), des entreprises (Bolloré, Crédit Agricole, Disney…), voire des associations, répondent à des attentes locales. De même, le site national IDVROOM (une filiale de la SNCF) complète l’offre de trains régionaux (TER) en mettant en relation automobilistes et voyageurs, notamment pour des trajets aller-retour du domicile à la gare.

Comment s’inscrire ?

Pour « covoiturer », il suffit de s’inscrire gratuitement sur un site et de passer son annonce en spécifiant son trajet, sa date, son horaire et le prix demandé. De son côté, le passager s’inscrit également gratuitement, selon les sites, au moment de chercher l’annonce qui lui convient ou d’entrer en contact avec le conducteur. Certains sites, comme BlaBlaCar, peuvent offrir aux candidats passagers un service d’alerte qui leur permet de ne pas passer à côté d’une opportunité.

Combien ça coûte ?

Aurillac-Andorre pour 15 €, Périgueux-Nantes pour 24 €, Palencia (Espagne)-Saint-André-de- Cubzac pour 30 €, Reims-Troyes pour 7 €, Paris-Toulouse pour 35 €… ces prix annoncés pour un passager sont fixés par le conducteur, mais ils sont souvent suggérés par le site. Celui-ci peut même plafonner les tarifs (par exemple, BlaBlaCar). Un arrêt de la Cour de cassation du 12 mars 2013 a rappelé que les sommes demandées aux passagers ne peuvent pas excéder les dépenses de carburant, de péages autoroutiers et celles dues à l’utilisation normale d’un véhicule automobile : dépréciation, réparations, entretien, assurance. Pas question de faire du covoiturage un business (voir le procès actuellement en cours contre UberPop, accusé notamment de transformer ses covoitureurs en chauffeurs de taxi hors-la-loi). Il faut également vérifier le montant de l’éventuelle commission perçue par le site pour rémunérer ses services (paiement en ligne, envoi de SMS, etc.). Cette commission est parfois due par le passager (BlaBlaCar, IDVROOM…) ou par le conducteur (Carpooling, Vadrouille Covoiturage…).

Comment s’effectue le paiement ?

Le paiement peut se faire en ligne soit sur un site sécurisé, soit avec un porte-monnaie électronique, ou directement en espèces auprès du conducteur. « Le prépaiement fiabilise les trajets, les rendez-vous et les réservations », explique Christophe Saroli. Il est moins tentant, en effet, de se désister si tout a été réglé en ligne, à l’avance.

Que se passe-t-il en cas d’annulation ?

Habituellement, lorsque le trajet est annulé par le conducteur, le passager est intégralement remboursé, et l’éventuelle commission du site est généralement perdue pour le covoitureur. Si c’est le passager qui renonce à son voyage, celui-ci peut être remboursé intégralement ou seulement de la moitié, selon le site ou le moment de l’annulation – plus ou moins de vingt-quatre heures avant le départ. Il peut aussi tout perdre s’il ne se présente pas au rendez-vous ou se désiste à la dernière minute. La commission payée au site sera toujours perdue. Dans tous les cas, il convient de bien lire les modalités d’annulation dans les conditions générales d’utilisation du site.

Comment s’assurer ?

Le covoitureur s’engage à être en possession d’un permis de conduire valide et à être assuré conformément à la législation : avoir au minimum l’assurance dite « au tiers » (ou responsabilité civile), qui protège les passagers en cas d’accident. Le passager, en cas de doute, peut contrôler la date de validité du certificat d’assurance du véhicule sur la vignette placée sur le pare-brise. Enfin, il faut savoir que les assurances ne couvrent pas toujours le prêt du volant à un tiers. Et si le prêt du volant est possible et qu’un passager conduit à la place de l’assuré, c’est tout de même ce dernier qui subira un malus en cas d’accident.

10 règles de savoir-vivre en covoiturage, selon Laure Wagner, porte-parole de BlaBlaCar

Pour le conducteur

  • Ne pas promettre d’aller chercher ou de reconduire le passager chez lui.
  • Signaler si on est flexible sur les horaires annoncés (à discuter avant, pas à la dernière minute).

Pour le passager

  • Considérer la taille de la voiture, surtout quand on est grand ou corpulent, et négocier la place avant si possible.
  • Demander si on a le droit de grignoter dans la voiture.

Pour les deux

  • Donner confiance en remplissant de façon transparente son profil : photo, nom, prénom (pas de pseudo), ses préférences (fumeur ou pas, animaux acceptés ou pas, bavard ou pas…).
  • Prévoir la taille des bagages à transporter.
  • Bien lire les évaluations et ne pas oublier de rédiger la sienne, après le trajet.
  • Échanger ses numéros de téléphone portable pour prévenir d’un retard, par exemple.
  • Préciser le lieu de rendez-vous, accessible en transport en commun (arrêt d’autobus, bouche de métro, etc.), et le repérer si possible avant.
  • Être ponctuel.