Automobile : choisir la bonne assurance

Automobile : choisir la bonne assurance

L'assurance d'une automobile ne se limite pas à la souscription d'une garantie obligatoire. Pour être bien couvert, il faut aller plus loin, en veillant à ne pas faire déraper les coûts !

Pas question de prendre le volant d'une voiture (ou de tout autre véhicule à moteur) sans disposer d'une assurance ! Obligatoire depuis 1930 pour certains véhicules, elle s'est étendue à tous les engins à moteur en 1958.

Ne pas satisfaire à cette obligation expose à d'immenses dangers : l'auteur d'un accident sera responsable sur ses propres deniers des dommages causés à autrui. Le préjudice d'un accidenté de la route pouvant se chiffrer en millions d'euros (voire même en dizaines de millions d'euros si une jeune personne est rendue invalide à vie, par exemple), c'est un risque littéralement insupportable, raison pour laquelle la loi oblige à s'en prémunir.

La couverture légale

"L'obligation d'assurance est cependant limitée. Elle ne concerne que la responsabilité civile, qui prend en charge les dommages causés aux autres", éclaire Jean-Pierre Daniel, consultant et auteur du livre "L'assurance et ses secrets, tout ce que votre assureur ne vous a jamais dit".

Avec cette couverture légale, aussi appelée "au tiers", c'est l'assureur qui indemnise les préjudices de toutes les victimes, mais il ne verse rien au conducteur responsable de l'accident, qui doit affronter seul les réparations de sa voiture et ses éventuels préjudices corporels. C'est donc une couverture minimale, qu'il est préférable de compléter par d'autres garanties.

Une charge stable… mais pesante

Mais attention à ne pas surcharger son budget, car l'assurance-auto pèse lourd. "Dans un ménage avec deux voitures, le poste assurance atteint chaque année l'équivalent d'un mois de Smic, soit entre 1 000 et 1 200 €", rappelle Jean-Pierre Daniel.

C'est une charge stable depuis plusieurs années (son prix augmente moins que l'inflation), mais néanmoins importante.

Des tarifs selon le type de voiture

En fait, les tarifs de l'assurance dépendent d'une savante alchimie dans laquelle les garanties paraissent secondaires. L'élément le plus important, c'est la voiture elle-même. Plus elle est nerveuse, plus sa "puissance DIN" est élevée, plus le tarif d'assurance de responsabilité civile monte, car elle est considérée comme potentiellement plus dangereuse.

Dans une même série de voitures, la version break avec peu de chevaux coûtera ainsi moins cher que la version "coupé sport seize soupapes". Pour la part qui couvre les assurances de dommages, c'est le prix du véhicule et le coût des réparations qui prennent de l'importance.

"Dans leurs classements, les assureurs tiennent aussi compte du profil supposé de l'utilisateur de la voiture, explique Jean-Pierre Daniel. Un monospace, généralement utilisé pour transporter toute la famille, est considéré comme moins risqué qu'une berline ; à puissance égale, les tarifs peuvent être 20 % inférieurs. Et un diesel coûte plus cher qu'une essence, car c'est un véhicule qui roule davantage."

Autres critères : le profil du conducteur et la zone géographique

Les écarts de tarifs qui découlent de ces classements sont réduits ou augmentés selon la personnalité du conducteur et l'utilisation du véhicule. Le sexe, l'âge, l'ancienneté du permis, la profession et l'usage (trajets professionnels, promenades) sont autant de points que retient la société d'assurances pour fixer ses tarifs.

Ensuite, ce sont des critères géographiques qui sont pris en compte. Selon que le conducteur réside en ville ou à la campagne, dans une zone tranquille ou fréquentée, il est exposé à un risque d'accident plus ou moins important, risque qui se répercute directement sur le prix à payer.

Résultat, les tarifs font le grand écart : de quelques dizaines d'euros par an pour assurer une vieille voiture à la campagne à plusieurs milliers d'euros pour un cabriolet aux mains d'un jeune urbain.

Les formules "tous risques"

Pour moduler les tarifs, les assurés ne peuvent donc peser que sur deux leviers : celui des garanties et celui des franchises. Dans les versions de garantie les plus complètes, les "tous risques", les sociétés d'assurances ajoutent plusieurs options à l'assurance obligatoire.

On y trouve généralement une garantie "dommages tous accidents", qui indemnise les réparations de la voiture lorsque l'assuré est responsable du sinistre (s'il est victime, il est indemnisé intégralement par l'assurance du responsable).

Il s'y ajoute une garantie qui couvre l'incendie, une autre le vol, une autre encore le bris de glace, le tout complété par une protection juridique (paiement d'avocats et frais de procès en cas d'accident) et une assistance.

Adapter la protection à la voiture

Cette protection complète est recommandée lorsque la voiture à assurer est de grande valeur et que sa disparition ou de grosses réparations causeraient un préjudice économique trop important.

Pour des véhicules plus anciens, indemnisés à hauteur de leur valeur "vénale", et pour les conducteurs qui désirent serrer leur budget, il existe des versions plus légères, qui ne comprennent que la responsabilité civile, le recours et l'assistance (utile suite à une panne ou un accident). Des formules intermédiaires y ajoutent le vol, l'incendie et le bris de glace.

Dans ces deux cas, l'assuré n'est pas protégé pour les dommages subis par son propre véhicule s'il cause un accident. À réserver aux conducteurs très attentifs et respectueux du Code de la route !

Des franchises fixes ou en pourcentage

Les franchises jouent également un rôle très important dans le prix de l'assurance-dommages, vol, incendie et bris de glace. Elles représentent les sommes laissées à la charge de l'assuré en cas de pépin. Elles permettent à l'assureur de limiter ses dépenses et de ne pas intervenir pour les petits accidents.

Les montants de ces franchises peuvent être fixes ou exprimés en pourcentage, proportionnellement à la valeur des dommages, avec un plancher et un plafond variables selon le prix du véhicule. Elles peuvent, par exemple, représenter 20 % des dommages, avec un minimum de 150 € et un plafond de 400 € pour une petite voiture.

Augmenter les franchises ?

Accepter de supporter une franchise un peu plus élevée allège la note finale. "Pour une petite voiture, témoigne Jean-Pierre Daniel, le passage d'une franchise de 150 € à 300 € entraîne une diminution d'un cinquième de la cotisation."

Avec une "prime" de base de 500 €, ce sont ainsi 100 € qui peuvent être économisés chaque année. Il reste évidemment à retenir des niveaux de franchise compatibles avec ses capacités financières, afin de pouvoir faire face sans trop de soucis à un possible accident.

Un bonus pour les conducteurs prudents

L'autre moyen de diminuer le prix de l'assurance, c'est la patience - et la prudence -, afin d'engranger un coefficient de bonus maximal de 50 %, s'il n'est pas encore atteint. Appliqué sur la quasi-totalité de la cotisation hors taxes, ce bonus peut réduire de moitié le montant à payer.

Introduit en 1976 et toujours en place malgré des attaques européennes, ce mécanisme accorde une réduction de 5 % de ce coefficient à chaque assuré qui passe un an sans causer d'accident. Démarrant à 1, le bonus arrive ainsi au taux le plus bas de 0,50 après treize années sans accroc.

Malus : attention, descente rapide !

En revanche, les choses vont beaucoup plus vite du côté du "malus". Chaque accident dont l'assuré est responsable se traduit par un coefficient de majoration d'1,25. Seule consolation, ce malus n'est pas appliqué aux conducteurs qui ont le bonus maximal depuis trois ans pour leur premier accident à responsabilité. Car cette pénalité s'applique autant de fois qu'il y a d'accidents dans une année.

Une personne avec un bonus-malus neutre de 1 qui cause trois accidents se retrouve ainsi l'année suivante avec un malus d'1,95 (1 x 1,25 x 1,25 x 1,25) et une cotisation d'assurance quasiment multipliée par deux ! Le malus plafonne à 350 % : une cotisation de 1 000 € culmine alors à 3 500 €. Et après deux années sans pépin, le malus (c'est-à-dire tout ce qui dépasse 1) disparaît automatiquement.

Un système pénalisant pour les jeunes

Ce mécanisme pèse sur les jeunes conducteurs, qui n'ont pas encore acquis une expérience solide et qui présentent statistiquement un risque d'accident plus élevé que des conducteurs chevronnés. Car le malus s'ajoute aux surprimes parfois appliquées à ceux qui s'assurent pour la première fois.

"La réglementation autorise les assureurs à majorer leurs tarifs de base jusqu'à 100 % pour ces catégories à risque, rappelle Jean-Pierre Daniel, c'est-à-dire que le tarif est multiplié par deux. En revanche, quand le jeune a décroché son permis grâce à l'apprentissage anticipé de la conduite, cette surprime ne peut excéder 50 %."

Elle est supprimée après deux années sans accident dans le premier cas, après une année avec la conduite accompagnée. Ce n'est qu'après que s'enclenche le compteur du bonus.

Indispensable protection du conducteur

Dans l'univers de l'assurance-auto, il existe un grand oublié en cas d'accident : le conducteur qui en est responsable. N'étant pas considéré comme une victime, il n'a droit à aucune indemnisation, avec des conséquences dramatiques à la clé en cas de décès, d'invalidité ou de long arrêt de travail avec des soins onéreux.

Pour corriger cette défaillance, une assurance s'impose : la "garantie individuelle du conducteur". Proposée par toutes les sociétés, elle permet d'être indemnisé comme une victime si le pire se produit (mieux vaut vérifier les plafonds d'indemnisation). C'est une dépense supplémentaire, mais elle est vraiment indispensable.