Achat d'une voiture : les questions à se poser

Achat d'une voiture : les questions à se poser

Neuf ou d’occasion, via le réseau du constructeur, celui d’un mandataire ou directement chez un particulier… l’achat d’un véhicule n’est jamais un acte anodin. Se poser les bonnes questions permet d’éviter les pièges et de faire le bon choix.

L’auto de tous les jours doit être pratique. Facile à garer, économique à l’usage, elle est plus appréciée en modèle cinq portes. C’est parfois la « deuxième voiture » d’une famille. Traditionnellement, les Français optent en majorité pour des modèles d’occasion. Mais, ces dernières années, les voitures neuves ont bénéficié de l’effet d’aubaine généré par le bonus écologique et les remises des constructeurs.

Un véhicule à l'usage polyvalent

Ce sont les modèles les plus vendus en France : ces anciennes citadines (Renault Clio, Peugeot 207) se sont tellement allongées qu’elles sont capables de rendre exactement les mêmes services que les berlines compactes de génération précédente.

Disponibles dans diverses motorisations (diesel comme essence), elles peuvent parcourir de nombreux kilomètres tout en proposant un bon niveau de confort à leurs occupants. Seul problème, l’espace à l’arrière est rarement très généreux.

La voiture familiale

Aujourd’hui, les familles ne manquent pas de choix. À la recherche d’un véhicule spacieux et pratique, elles peuvent faire leur marché parmi les catégories des berlines quatre ou cinq portes à hayon, les breaks, les monospaces et même les 4 x 4 de loisirs, dits SUV (« Sport Utility Vehicule »).

Lorsque les enfants sont encore en bas âge, les monospaces et SUV, qui permettent de dominer la route, restent les voitures les plus conviviales.

Un toit vitré panoramique, une banquette ou des sièges coulissants sont alors les équipements qu’il faut privilégier dans cette catégorie de véhicules familiaux.

Pour le plaisir de conduire

Ce sont les voitures coups de cœur par excellence. Impossible de définir une catégorie précise. On peut aussi bien craquer pour une citadine à la mode, telle une Mini ou une Fiat 500, que pour le dernier ­roadster Mercedes à toit rigide escamotable.

Tous les modèles répondant à cet esprit ont un point commun : ce sont des phénomènes de mode, et il faut souvent prévoir un long délai de livraison ainsi qu’une marge de négociation réduite à une peau de chagrin.

Sortir des sentiers battus avec un 4x4

Leur place est à la montagne ou à la campagne : les modèles équipés d’une transmission intégrale du type 4 x 4 peuvent rendre de sérieux services, l’hiver venu. Là où aucune autre voiture n’oserait s’aventurer, un véritable tout-terrain, doté de quatre roues motrices, de pneumatiques adaptés et d’une garde au sol élevée, passe partout et en toute sécurité.

On le rencontre aussi en ville, alors qu’il n’y est pas d’une grande utilité. Le procès qu’on fait à ces véhicules est toutefois assez injuste car, aujourd’hui, les tout-terrain ne consomment pas plus et ne rejettent pas plus de polluants qu’un monospace de taille équivalente.

Acheter une voiture neuve ou d’occasion ?

Du point de vue économique, le choix entre neuf ou occasion est rapide : pour réaliser une bonne affaire, le marché de l’occasion présente de bien meilleures opportunités. Sachant qu’une voiture neuve perd 15 % de sa valeur dès qu’elle sort de la concession, le calcul est vite fait.

Mieux vaut essayer de dénicher une occasion récente, affichant moins de 30 000 km au compteur et ne présentant aucun défaut lié à une quelconque usure. En outre, même si le choix est forcément plus limité, le marché de l’occasion s’avère beaucoup plus souple. En quelques heures, la vente peut être réalisée et la voiture assurée.

Voiture : les garanties du neuf

Il est certes possible de limiter le délai de livraison d’une voiture neuve, mais il faut opter pour un modèle sur stock, ce qui revient à restreindre son choix, tout comme pour une voiture d’occasion. Or l’achat d’une voiture neuve est un acte important, qui implique souvent toute la famille pour sélectionner modèle, équipement, couleur.

Ces dernières années, depuis l’instauration des primes liées au bonus-malus écologique, à la mise à la casse d’une vieille voiture et surtout grâce aux remises des constructeurs, le marché du neuf a retrouvé des couleurs. Si toutes les conditions sont réunies, il est même possible de faire une excellente affaire.

L’intérêt du neuf est ailleurs. Pas d’inquiétude sur un éventuel passé douteux, la voiture neuve bénéficie d’une garantie qui peut aller jusqu’à sept ans ou 150 000 km. L’achat neuf permet aussi de négocier autre chose que le prix : des accessoires, une extension de garantie ou même un contrat d’entretien. Enfin, qui dit modèle neuf dit première main, plus facile à revendre en occasion le moment venu.

Essence ou diesel ?

Plus de 70 % du parc roulant français roule au diesel. Ce qui donne une petite idée de la réponse à la question du choix du moteur.
En sélectionnant un modèle ­Diesel, on profite d’un panel de clients intéressés plus important au moment de revendre sa voiture. Si les Français roulent en diesel, c’est avant tout pour l’économie d’usage.

En principe, à performances équivalentes, une même voiture consomme au minimum 2 litres de moins tous les 100 km lorsqu’elle est équipée d’un moteur alimenté par du gazole. Neuve, cette voiture coûte en général 2 000 € de plus à l’achat.

Pour en connaître l’intérêt, il faut donc se lancer dans un calcul de rentabilité. En général, on considère qu’au-dessous de 15 000 km par an, l’achat d’un diesel ne vaut pas l’investissement car il ne sera pas rentabilisé avant plusieurs années (voire, dans certains cas, jamais).

À l’avenir, cette règle pourrait bien être démentie. Pour deux raisons : primo, les petits moteurs essence ont fait d’énormes progrès, affichant sans cesse de meilleures consommations sans nuire à l’agrément de conduite, et, secundo, les futures normes, très sévères avec les rejets polluant des diesels (particules et NOX), vont renchérir le coût de développement de ceux-ci, donc avoir une influence sur le prix final de la voiture.

Essence/diesel, un match serré

  Peugeot 207 VTI 95 (essence) Peugeot 207 1,6 HDI 92 (diesel)
Prix 15 750 € 17 750 €
Bonus écologique aucun aucun
Consommation aux 100 km 6 litres 4,3 litres
Entretien sur 4 ans 930 € 1 100 €
Nombre de km à parcourir en 4 ans pour compenser la différence de ce prix 57 000 km

GPL, biocarburants, hybride : quel carburant choisir ?

Le GPL est-il encore rentable ?

Oui, trois fois oui. Mais le marché est atone. En cause, un décret supprimant le bonus de 2 000 € pour les voitures neuves fonctionnant au GPL. Le coût a été fatal, puisque ce bonus permettait d’amortir le surcoût de la transformation du moteur en usine avant même d’avoir parcouru le premier kilomètre. Aujourd’hui, l’achat d’un modèle GPL implique un surcoût de 1 500 à 2 000 € selon la marque.

Moins sensible à l’augmentation du prix du baril de pétrole, le litre de GPL est vendu quasiment moitié moins cher que le sans-plomb 98. Même si la surconsommation peut atteindre 20 %, le mode GPL reste très économique. L’autonomie dépasse rarement 300 km mais les stations sont aujourd’hui bien réparties sur le territoire et l’on peut compter sur le réservoir de sans-plomb pour éviter la panne. Plus rentable que le sans-plomb, le GPL manque encore aujourd’hui d’arguments face au diesel.

Les biocarburants

Ce n’est pas la fin des biocarburants (E 85). La deuxième génération, conçue à partir de compost et de déchets, impactera moins le marché des matières premières. Mais le lancement de ce carburant dit « vert » a complètement échoué. En particulier parce que, en France, les modèles fonctionnant à l’E 85 sont encore très rares. Les aides gouvernementales sont inexistantes, et la consommation de telles voitures est plus importante que lorsqu’elles fonctionnent au sans-plomb. Autrement dit, il est urgent d’attendre.

Hybride et électrique, un pari sur l’avenir ?

Pour acheter une voiture ­électrique aujourd’hui, il faut réunir trois conditions : ne pas parcourir plus de 80 km par jour, avoir un garage avec une prise spéciale et être sensible aux problèmes d’environnement. Car, à plus de 30 000 € pour la moins chère, il faut avoir la fibre.

Le prix baissera avec l’augmentation de la production. Renault, très impliqué, devrait proposer des modèles moins onéreux dès la rentrée prochaine.
Autre facteur influençant la rentabilité de cet investissement : le prix du baril de pétrole. Plus il sera élevé, plus l’intérêt pour la voiture électrique devrait croître. Or les spécialistes prévoient une raréfaction des énergies fossiles.

Alternative au 100 % électrique, le modèle hybride se développe chez presque tous les constructeurs. Il associe un moteur électrique à un moteur thermique de façon à diminuer la consommation de carburant, voire à autoriser une conduite tout électrique, notamment en ville. L’appellation « hybride » est parfois usurpée. Pour juger de l’intérêt d’un tel modèle, il faut se référer aux rejets de CO2. Plus ils sont bas, plus la consommation sera faible. Même si le bonus écologique permet de diminuer le surcoût (2 000 € pour l’hybride, 5 000 € pour l’électrique), ce type d’achat impose une démarche volontariste.

Frais annexes d'une voiture, un véritable budget

Le coût d’une voiture ne se limite pas au prix d’achat. Rouler un an en berline compacte Diesel française impose de prévoir au minimum 807 € de carburant, 714 € de frais d’assurance, 1 418 € pour l’entretien, 548 € pour le stationnement ainsi que 303 € en moyenne pour les péages. Soit un total qui avoisine 4 000 € (source : L’Automobile Club, budget 2010 [dernière enquête publiée]).