6 conseils pour faire durer son auto

6 conseils pour faire durer son auto

Bien conduit et bien entretenu, un véhicule durera plus longtemps. Et coûtera moins cher à son propriétaire.

1. Faire les révisions

En vingt ans, l’âge moyen des voitures françaises est passé de 7 à 8,3 années, soit environ 100 000 km au compteur. Ce kilométrage, autrefois signe avant-coureur de mise à la casse, correspond à la fin de l’adolescence d’une auto.

Mais si on en prend soin, elle peut encore en parcourir le double. Ce n’est qu’après vingt à vingt-cinq ans de service qu’elle sera bonne pour la casse, quand joints et durits, connexions électriques, soubassement et airbags déclareront forfait.

Pourtant, on constate que le budget entretien diminue avec l’âge, comme si les propriétaires l’alignaient sur la valeur marchande des véhicules vieillissants. D’une révision régulière chez le concessionnaire pendant la garantie à l’inspection périodique en centre auto, on finit par une simple vidange de temps à autre.

Ce relâchement précipite l’usure du véhicule et entraîne souvent sa mise à la casse, comme le déplore Raymond Minez, vice-président de la Fédération nationale de l’artisanat automobile :

Économiser 200 à 300 € par an en faisant l’impasse sur l’entretien, c’est perdre 100 000 à 150 000 km d’utilisation, un bien mauvais calcul. Et négliger l’entretien préventif coûte également cher en réparations imposées par le contrôle technique. »

Une fois le cap des 100 000 km franchi, certaines opérations deviennent incontournables :

  • remplacement de la courroie de distribution (tous les 100 000 à 200 000 km ou tous les quatre à six ans) ;
  • remplacement des bougies de préchauffage d’un diesel (tous les 100 000 km) ;
  • vidange de la boîte de vitesses ;
  • purge des liquides de frein et de refroidissement ;
  • recharge de la climatisation (tous les deux ans) ;
  • remplacement des bougies de moteur essence (tous les 40 000 à 60 000 km) ;
  • remplacement des filtres (carburant, air, habitacle) suivant les préconisations du carnet d’entretien.

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2. Changer les pièces « négligées »

Certaines interventions sont délaissées par les concessionnaires et les centres auto car peu lucratives ou pénibles à réaliser, comme le déplore Raymond Minez :

Le rapport du contrôle technique signale souvent ces défauts à corriger, mais comme ils ne sont assortis d’aucune obligation de réparation, ils sont la plupart du temps négligés. »

Dans la longue liste des points à surveiller, il faudra veiller particulièrement à certaines opérations :

  • vidange de la boîte de vitesses ;
     
  • remplacement du déshydrateur de la climatisation. Du fonctionnement correct de cette pièce bon marché (50 € environ) dépend la survie du compresseur, facturé, lui, de 300 à 1 000 € ;
     
  • remplacement des Silentblocs du moteur. Au bout de dix à quinze années, ils ont tendance à s’user, n’amortissant plus les vibrations, ce qui accélère le vieillissement général de l’auto. Pire, les mouvements non freinés du moteur détériorent cardans et boîte de vitesses. Rares sont les mécaniciens à proposer leur remplacement. Le prix de ces éléments est pourtant peu élevé (de 25 à 60 € le kit complet) et leur pose ne requiert qu’une à deux heures de main-d’œuvre ;
     
  • remplacement des Silentblocs des bras de suspension arrière et avant. On les remplace généralement lors d’un changement d’amortisseur pour redonner au véhicule son silence, sa tenue de route et son confort d’origine.

3. Conduire de façon différente

Le principal ennemi des mécaniques modernes, notamment des diesels, n’est plus l’usure, mais l’encrassement, désormais principale cause de panne. Une fois le moteur chaud, il ne faut donc pas craindre d’accélérer, sans mettre le pied au plancher, mais en tardant à passer le rapport supérieur.

À vitesse stabilisée, le régime ne doit jamais être inférieur à 1 500 tours/min avec un diesel et à 2 000 tours/min avec un bloc essence. Avec un diesel, dont le système de dépollution doit chauffer longuement pour s’autonettoyer, si l’on fait beaucoup de petits trajets répétés (moins de 5 km) moteur froid, il faut régulièrement parcourir au moins 15 kilomètres d’une traite.

Enfin, on prolongera la vie de sa transmission (boîte, cardans) en évitant de passer trop vite (pas plus de 20 km/h) sur les gros ralentisseurs.

4. Traquer la rouille

La rouille n’attaque plus guère les carrosseries, désormais bien protégées, mais atteint toujours les soubassements exposés aux projections de gravillons et au sel (bras, essieux, triangles, puits d’amortisseurs…). Quelques sociétés proposent des traitements anticorrosion du châssis – un goudronnage le plus souvent. Cependant, l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous, contrairement aux mauvaises odeurs.

« Le mieux est de passer un coup de nettoyeur haute pression sous la voiture après chaque hiver, pas trop près pour ne rien abîmer », recommande Fernando Martins, chef d’atelier chez Subaru à Pontoise. On peut aussi choisir l’option d’un nettoyage sous pression du châssis proposé par certaines stations de lavage à rouleaux.

5. Être à l’écoute

Il ne s’agit pas seulement de s’inquiéter de tout bruit suspect et d’en rechercher l’origine, mais surtout de se renseigner sur les points faibles de son véhicule, pièces à surveiller ou à remplacer préventivement. Les garagistes indépendants sont souvent incollables pour les modèles répandus car ils sont habitués aux voitures à gros kilométrages.

Mais l’information la plus complète est accessible sur les forums internet consacrés à l’automobile, en deux clics, en tapant « Avis », « Nom du modèle », puis « Forum auto » sur son moteur de recherche.

6. Garer sa voiture à l’abri

Un véhicule stationné à l’extérieur vieillit plus vite. Mais plus que le ternissement de la peinture et des plastiques intérieurs sous l’effet du soleil et de la lune, plus que la corrosion du soubassement, c’est la mécanique qui souffre.

L’humidité s’insinue jusque dans le carburant et le liquide de freins, corrode les connexions électriques et électroniques et les forts écarts de température accélèrent l’usure des joints, courroies et durits. Un simple abri au sol sec suffit à préserver sa voiture.