15 astuces pour faire durer son plein d’essence ou de diésel

15 astuces pour faire durer son plein d’essence ou de diésel
Le choix de la motorisation doit tenir compte de vos priorités et de vos habitudes de conduite. - © olly

Avec la remontée du prix des carburants, moins consommer redevient une priorité. Surtout si l’on s’est converti à la mode du SUV et au moteur essence par conscience écologique.

À L’ACHAT

# Potentiel d’économie en carburant : 60 %

1° Éviter les SUV


Ces faux 4×4 à carrosserie surélevée représentent plus du tiers des ventes en France. « À cause de leur moins bonne aérodynamique, de leur poids plus élevé et de leurs gros pneus, ces voitures consomment jusqu’à un litre de plus aux 100 km qu’une berline équivalente, voire davantage », avertit Bertrand-Olivier Ducreux, ingénieur transports et mobilité à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Un surcoût que n’anticipe pas l’acheteur qui se fie aux données du constructeur. Selon les mesures de l’Association transports et environnement, l’écart moyen entre les consommations homologuées et réelles est passé de 7 à 31 % entre 2001 et 2015. Même la nouvelle norme de mesure WLTP (procédure d’essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières
 et les véhicules utilitaires légers qui vient 
de remplacer le nouveau cycle européen de conduite), plus réaliste, reste optimiste.

2° Ne pas systématiquement choisir un moteur essence


À la suite du scandale Volkswagen, la part de diesels dans les ventes est tombée à 40 %, contre 74 % il y a six ans. « Certains clients regrettent d’être passés à l’essence, surpris de consommer deux à trois litres de plus 
aux 100 km alors qu’ils s’attendaient à n’en consommer qu’un de plus », relève Philippe Debouzy, président de la branche artisans
 au Conseil national des professionnels de l’automobile (CNPA) et agent Citroën en région parisienne. C’est souvent le cas de ceux qui circulent beaucoup en ville ou qui ont opté pour un lourd SUV.

« La consommation d’un moteur essence est très sensible à des facteurs négatifs, comme le poids, l’aérodynamique, 
les petits parcours avec un moteur froid, une conduite sportive ou des embouteillages », note Bertrand-Olivier Ducreux. Dans ces cas, un diesel peut être rentabilisé à moins de
 20 000 km par an, voire immédiatement s’il n’y a pas de surcoût à amortir : « Certains diesels sont bradés au prix de l’équivalent essence, confie un vendeur Renault des Yvelines. Et en occasion, ils sont souvent moins chers. »

3° Préférer l’hybride en ville


L’hybride essence-électrique reste la meilleure solution en ville. Ailleurs, l’effet est moins spectaculaire : « Sur les routes de campagne et de montagne, je consomme un peu moins qu’avec mon ancien diesel, confie Yves, propriétaire d’un break Toyota Auris hybride, mais un peu plus sur autoroute. » Quant à l’hybride rechargeable qui permet de rouler en 100 % électrique sur 30 à 50 km, son fort surcoût exige de beaucoup rouler en mode électrique pour l’amortir. Idéalement, 80 km par jour en rechargeant sur son lieu de travail.

À LA CONDUITE

# Potentiel d’économie en carburant : 30 %

4° Freiner moins


« Les freins sont les plus gros consommateurs d’énergie d’une voiture, relève Bertrand-Olivier Ducreux. La règle n° 1 est donc de s’en servir le moins possible en anticipant ralentissements et arrêts. » Adoptez la conduite par impulsions, comme on le fait spontanément à vélo, en accélérant franchement au démarrage, 
puis en relâchant l’accélérateur dès qu’un ralentissement est en vue. En ville ou en 
rase campagne, on peut ainsi abaisser sa consommation de carburant de 10 à 20 %. Pour accentuer cet effet « roue libre », il faut rétrograder le plus tard possible, voire passer le rapport supérieur pour encore réduire le frein moteur.

5° Avoir un œil sur le compte-tours

À vitesse constante, le régime le plus économique se situe autour de 1 800 tours par minute pour un diesel et de 2 500 tours par minute pour un moteur essence.

6° Rouler le plus possible à 70 km/h

Pour la très grande majorité des voitures, c’est à cette vitesse que se situe l’optimum de sobriété, et ce, même si vous êtes contraint de rouler avec l’avant-dernier rapport de la boîte de vitesse. La limitation à 80 km/h ne fait donc pas surconsommer, au contraire ! Sur autoroute, rouler à 140 km/h, en pariant sur la marge d’erreur des radars et du compteur, fait consommer 5 à 10 % de plus qu’à 130 km/h. À l’inverse, on économise 10 à 15 % de carburant à 110 km/h. L’ordinateur de bord est un excellent outil pour apprendre à moins consommer.

« En remettant régulièrement à zéro la consommation moyenne, on mesure les effets de ses efforts ou de ses écarts », signale Bertrand-Olivier Ducreux.

7° Regrouper ses trajets


En France, la moitié des trajets parcourus en voiture font moins de 5 km. « Or, un moteur froid consomme jusqu’à 50 % de plus en ville et 20 % de plus sur un parcours fluide », note le spécialiste de l’Ademe. Vous avez donc tout intérêt à grouper vos déplacements sans laisser le moteur trop refroidir entre chacun.

8° Limiter la climatisation


Elle augmente la consommation de 10 à 15 % en ville, et bien plus dans les bouchons. « Sur de nombreuses voitures, elle fonctionne tant que l’on n’appuie pas sur le bouton AC off, note Bertrand-Olivier Ducreux. Beaucoup de conducteurs l’ignorent et la laissent tourner en permanence. »

À L’ENTRETIEN

# Potentiel d’économie en carburant : 20 %

9° Retarder l’usure
 et l’encrassement du moteur


Le rendement énergétique d’un moteur, c’est-à-dire sa capacité à transformer les calories du carburant en énergie mécanique, atteint 40 à 43 % pour un diesel et 35 à 38 % pour un moteur essence (80 % pour un moteur électrique).

« Avec l’usure et l’encrassement, ce rendement diminue, indique Christophe Gagliano, chef de produit carburants chez Total. Le conducteur doit être attentif à tout changement de comportement de son moteur, comme un ralenti instable, des à-coups ou une augmentation de la consommation. »

10° Choyer son filtre à air


En se colmatant peu à peu, il est le principal responsable d’une surconsommation. Le moteur peinant à respirer, il carbure mal. La faute à des préconisations de remplacements trop espacés, jusqu’à 60 000 km chez Renault ou 80 000 km chez PSA.

« En région parisienne, quand on le dépose à 40 000 km, 
il est presque toujours bon à changer à cause de la pollution », commente Philippe Debouzy. Cette pièce étant souvent facile à démonter soi-même, il est rentable d’acheter un filtre lavable (K&N, Green, etc.).

11° Utiliser du carburant haut
 de gamme


L’utilisation du sans-plomb 98 ou du gazole premium peut réduire l’encrassement du moteur, seconde cause de surconsommation encore aggravée par les petits trajets.
 Même si ces carburants offrent un gain de consommation discutable, d’après Bertrand-Olivier Ducreux, leur pouvoir décrassant est avéré. Plus chers de 8 à 12 centimes par litre, ils seront plus efficacement employés sur autoroute, quand le moteur chauffe le plus.

12° Faire examiner ses bougies


Sur un moteur essence, elles sont désormais censées tenir de 60 000 à 120 000 km ! Un kilométrage qu’elles n’endurent pas toujours en usage urbain. Demandez à ce qu’elles soient examinées, voire remplacées avant terme.

13° Choisir une huile fluide


À la vidange, toujours réclamer le grade le plus bas possible, 5W40 au lieu de 10W40, par exemple. Cela facilite les démarrages et limite l’usure et la consommation à froid. « Mais restez dans la fourchette de préconisation du constructeur pour bénéficier de sa garantie en cas de panne », précise Christophe Gagliano.

14° Ne pas trop espacer les révisions

La plupart des automobilistes respectent scrupuleusement le programme d’entretien pendant les premières années, avant de le négliger quand la voiture en a le plus besoin. Nettoyage des injecteurs, contrôle d’étanchéité de l’admission, réglage de l’injection et, éventuellement, du jeu aux soupapes participent à maintenir la sobriété du moteur.

15° Regonfler ses pneus tous les deux mois

Plus de la moitié des conducteurs roulent avec des pneus sous-gonflés, en moyenne de 0,4 bar. Or, des pneus sous-gonflés de 0,5 bar, en plus du risque d’éclatement, augmentent la consommation de 2 à 4 % selon la charge et la vitesse.