Vol de mobile : comment bien réagir

Vol de mobile : comment bien réagir

Plus de 150 000 téléphones portables sont volés chaque année. Un dispositif permet de les bloquer totalement, ce qui dissuadera les voleurs de commettre de nouveaux larcins. Voici quelles sont les démarches.

Déclarer un vol de téléphone portable et le rendre inutilisable est désormais un peu plus facile. Depuis mars 2011 (Article 42 de la loi n° 2011-267 du 14 mars 2011 (dite Loppsi 2), J.O. du 15 mars), il revient aux forces de l’ordre de transmettre à l’opérateur la déclaration de vol, nécessaire pour bloquer le téléphone. Auparavant, le particulier devait envoyer lui-même une copie du procès-verbal du dépôt de plainte à son opérateur. Le but est d’accélérer la procédure de blocage de l’appareil afin de décourager les voleurs.

Mobile : trois à quatre vols par jour dans les transports

Bien que le nombre de vols de téléphones mobiles soit stationnaire - 157 000 vols en 2009 pour un parc de 61,4 millions de mobiles en circulation, soit 2,6 pour 1 000 -, utiliser son téléphone mobile à l’extérieur, notamment dans les transports en commun, reste toujours très risqué :

« J’étais dans le métro avec mon bébé dans sa poussette et mon sac à main ouvert dans lequel j’avais mis mon téléphone, un iPhone 3G, raconte Élisabeth, une Parisienne de 35 ans. J’ai demandé qu’on m’aide pour porter la poussette dans les escaliers et trois jeunes sont venus me seconder, tout en me bousculant. Une fois arrivée chez moi, je me suis rendu compte que mon téléphone avait disparu. »

Selon une étude du Service régional de la police des transports (SRPT), 1 264 portables ont été dérobés en 2010 dans les transports parisiens, soit près de la moitié du total des vols qui y sont commis. Cela représente trois à quatre vols par jour ! Les smartphones, comme les iPhone, HTC, Samsung ou Blackberry sont les modèles les plus convoités.

« Ce sont majoritairement des vols avec une revente immédiate, analyse le commissaire divisionnaire Emmanuel Morin, chef de la division des activités judiciaires, à la Direction centrale de la sécurité publique. Ils remplacent les vols de portefeuilles, avec l’assurance pour le pickpocket de réaliser un bénéfice : les smartphones se revendent au minimum 100 €. Hier, quand il subtilisait un portefeuille, il en ignorait le contenu et donc le gain. »

Téléphone portable : commencer par bloquer la carte sim de votre

En cas de vol, le premier réflexe consiste à contacter son opérateur pour bloquer immédiatement la carte SIM1(le 0 800 100 740 pour Orange, gratuit d’une ligne fixe, le 10 23 pour SFR et le 10 64 pour Bouygues Télécom ) et éviter de payer des communications hors forfait. Puis, il faut déposer plainte auprès des services de police ou de gen­darmerie, muni de son code IMEI2, un numéro à 15 ou 17 chiffres propre à chaque appareil. 

« Les particuliers doivent ­absolument déposer plainte avec leur IMEI pour rendre l’appareil inutilisable, insiste le commissaire Morin. Les ­services de police ont signé un accord avec la Fédération française des télécoms (FFT) qui engage les opérateurs français à donner systématiquement le code à leurs clients lorsqu’ils appellent pour suspendre leur ligne. Lorsque la personne porte plainte, un formulaire type est envoyé à l’opérateur par messagerie. Ensuite, comme le précise la loi, l’opérateur dispose de quatre jours pour bloquer le téléphone. »

Les opérateurs réagissent souvent beaucoup plus rapidement. Dès qu’ils reçoivent ce formulaire, ils inscrivent ce code IMEI dans une base commune à tous les opérateurs. Une fois le code enregistré, le téléphone n’est plus utilisable… sur tout le territoire national. Mais il peut toujours être revendu et utilisé à l’étranger. Si l’utilisateur a souscrit une assurance, il convient de signaler le vol à son assureur, dans les deux jours ouvrables. Plusieurs formules proposées par les opérateurs ou par des assureurs, à des tarifs allant de 3 à 10 € par mois, garantissent les mobiles contre la perte ou le vol.

1Subscriber identity module : carte à puce stockant les données relatives à l’abonné.

2International mobile equipment identity : numéro d’identification unique à chaque mobile (15 ou 17 chiffres). Il est indiqué sur l’emballage du téléphone, derrière la batterie, et apparaît sur l’écran en tapant *#06# sur le clavier.

Prendre une assurance mobile « remplacement à neuf »

Avant la souscription, il faut bien lire le contrat. En général, la formule d’entrée de gamme ne rembourse l’appareil qu’en cas de vol par agression, vol par effraction ou vol à la tire, et ne couvre donc ni la perte ni le vol à la sauvette. Et la nuance est parfois subtile. Pour Orange, par exemple, le vol à la tire comme le vol à la sauvette consistent à subtiliser l’appareil sans violence physique ou morale, mais en le prélevant, dans le premier cas, « de la poche d’un vêtement ou du sac portés par l’assuré », et dans le second « posé dans un rayon maximal d’un mètre à distance de l’assuré ».

De plus, un montant plafond est précisé au contrat (autour de 150 €), qui ne couvre pas, en général, le prix de rachat d’un appareil neuf. Seules les formules plus chères (8 à 10 € par mois) remboursent à la hauteur de la valeur de remplacement du téléphone. Elles s’adressent, le plus souvent, aux possesseurs de smartphones. « Environ 10 % de nos abonnés ont souscrit une assurance, soit environ 1,3 million de personnes, les clients possédant du haut de gamme souscrivant majoritairement la formule la plus chère, à 9 € par mois, indique David Sultan, chef de produit assurance chez Orange.

En cas de vol ou de perte accidentelle, l’appareil est remplacé par un appareil à fonctionnalités identiques. Si aucun mobile équivalent n’est disponible, Orange adresse un chèque du montant du mobile neuf. » En outre, les communications frauduleuses passées entre le moment du vol et la suspension de la ligne (hors forfait) peuvent aussi être couvertes par l’assurance, mais souvent dans la limite d’un plafond, de 500 €, par exemple, chez Orange. Lorsqu’on vient de se faire voler son téléphone, le contrat avec l’opérateur continue de s’appliquer.

Si le client n’est pas assuré, remplacer le mobile peut s’avérer très onéreux, surtout s’il a déjà consommé les points, accumulés au fil des mois et servant à diminuer la facture d’un renouvellement. Il faut alors payer l’appareil au prix nu, soit entre 250 et 650 € pour un smartphone, certains opérateurs faisant payer en plus le remplacement de la carte SIM.

Une autre solution consiste à l’acheter parmi les modèles d’occasion, reconditionnés ou recyclés, comme le proposent certains opérateurs. Ainsi, un iPhone 3GS d’occasion peut s’acquérir autour de 30 € chez Bouygues Télécom. Une solution à ne pas négliger, même momentanément, en attendant de reconstituer un capital de points suffisant pour acquérir un appareil neuf dernier cri !

Téléphone portable : sécuriser ses données

Il existe plusieurs façons de sécuriser son téléphone :
- Protection des données en introduisant un code à 4 chiffres pour bloquer la carte SIM et en activant le verrouillage du mobile, là aussi par un code à 4 chiffres, dans le menu général (« Verrouillage par code »).
- Sécurisation du smartphone contre les virus en installant un logiciel de protection : par exemple, Mobile Security 9 de Kaspersky (29,95 €), Mobile Security v2 de BitDefender (29,95 €), Mobile Security de F-Secure (39,95 €) ou Mobile Antivirus d’Eset (23,90 €).
- Utilisation de logiciels permettant, en cas de perte ou de vol, d’effacer à distance (par SMS) les données de l’appareil, comme le logiciel Anti-Theft for Mobile de F-Secure. Attention aux applications gratuites !

Les développeurs sont rémunérés en contrepartie de la transmission de vos informations personnelles ! Dans les prochains mois, les opérateurs proposeront, en option payante, ce type de service.

Mots-clés concernant le mobile

Carte SIM (Subscriber identity module) : carte à puce stockant les données relatives à l’abonné.
Code PIN (Personal identification number) : code à 4 chiffres protégeant la carte SIM. Après trois essais erronés, la carte est bloquée. Il faut alors demander à l’opérateur le code PUK pour la débloquer.
Code IMEI (International mobile equipment identity) : numéro d’identification unique à chaque mobile (15 ou 17 chiffres). Il est indiqué sur l’emballage du téléphone, derrière la batterie, et apparaît sur l’écran en tapant *#06# sur le clavier.
Désimblocage : déverrouillage permettant au téléphone de fonctionner avec n’importe quelle carte Sim (opération gratuite 6 mois après l’achat).