Troc sur Internet

Troc sur Internet

Echanger un objet ou un service contre son équivalent sans débourser un centime reste un bon moyen de devenir un consommateur malin. Troquer est dans l’air du temps.

Sur les sites spécialisés en ligne, les exemples ne manquent pas : "Suite à déménagement, troque bibliothèque, télévision et vélo d’appartement contre heures de ménage dans mon studio ou conseils déco", "Échange belle Twingo contre berline Diesel", "Home cinéma contre camion avec chauffeur pour un déménagement de 12 m3 entre Paris et Rennes", "Joli pavillon de 100 m2 à 25 min de Lyon à échanger contre appartement en ville", "Garde-robe taille 38 contre vêtements taille 42"…

Redonner du sens à l’achat

Certains s’adonnent au troc pour équilibrer un budget, d’autres pour éviter le gaspillage et donner du sens à leurs achats en créant des liens avec d’autres personnes. Devenir un consommateur encore plus responsable, ajouter une pierre à l’édifice du développement durable ou/et tout simplement se faire plaisir, en consommant de façon intelligente sans se ruiner : rien de plus simple ! Il suffit d’échanger plutôt qu’acheter. Quelle que soit votre motivation, sachez que vous êtes dans la tendance. Aujourd’hui, tout peut faire l’objet d’un troc : un livre, une voiture, un lave-linge, des compétences, une force de travail, contre des biens et services similaires ou différents.

Voilà un an, Cathy s’est abonnée à un site de troc de livres de poche (Pochetroc). "Contre une inscription d’une quinzaine d’euros, j’ai pu mettre à l’échange les livres que je n’avais pas envie de garder dans ma bibliothèque. Cela m’a permis de faire de la place et d’acquérir une trentaine de nouveaux titres. Il suffit d’envoyer à celui qui est intéressé l’ouvrage choisi (compter 2 à 3 € de frais postaux selon le poids). En échange, vous récupérez des points qui vous permettent à votre tour de commander un livre déposé par un autre abonné."

350 antennes de Sel témoignent du phénomène

Pour rejoindre la communauté des troqueurs, profitez des nombreux réseaux existants. Leur nombre ne cesse de croître. Le troc organisé a pris forme au Canada, il y a une trentaine d’années, grâce à la création des Local Exchange Trading Systems (LETS, Sel en français pour Systèmes d'échanges locaux). L’idée a fait son chemin en France un peu plus tard, dans les années 1990, en Ariège.

Les Sel, qui fonctionnent sous forme associative, ont essaimé un peu partout. Aujourd’hui, on compte environ 350 antennes, de taille plus ou moins modeste (de deux à quelques centaines d’inscrits), en France, Dom-Tom compris. Elles permettent à plus de 20 000 personnes d’échanger des services, des savoirs ou des biens. Les Sel ont créé une "monnaie" d’équivalence : une minute de travail égale un grain de sel ou une fleur, un galet, un piaf, une châtaigne… (le nom diffère selon les associations).

Des échanges de compétences

Toutes les compétences sont mises au même niveau et le calcul s’effectue au temps passé. Ainsi, une heure d’informatique égale une heure de ménage, musique, bricolage ou yoga, soit soixante grains de sel.

"Les membres de notre Sel s’inscrivent (15 € de cotisation annuelle) soit par besoin parce qu’ils rencontrent des problèmes économiques, soit par pure philosophie, explique Monique Gerfaud, présidente du Sel de Castres (Tarn) qui réunit environ soixante-dix familles. Ils viennent chercher les compétences qu’ils n’ont pas, mais aussi de la convivialité, un esprit d’entraide, voire un réseau d’amis qui se forme au cours des échanges."

En raison de la crise, mais aussi du refus de l’individualisme grandissant, les réseaux de troc locaux sont en pleine expansion. Dans le seul département du Tarn, on en compte quatre : à Castres, Mazamet, Albi et Cordes !

Des espaces spécialisés sur Internet

Les communautés d’échanges tissent aussi leur toile sur le Web. Certaines annoncent « troc », mais affichent en réalité des annonces de revente de billets de train (www.trocdestrains.com), des vélos (www.troc-velo.com) ou un peu de tout (www.troc.com).

Sur le Net, les sites de troc sont légion. Sur les espaces dédiés aux petites annonces, au lieu de payer cash, vous pouvez faire (ou recevoir) une offre d’échange. Ainsi, Johan a troqué sa BMW essence, 170 000 km au compteur, contre une Golf Diesel moins gourmande et qui affichait 260 000 km, en mettant sa voiture en vente sur le site www.leboncoin.fr.

"J’habite les Pyrénées-Orientales et j’ai eu une proposition d’échange d’un habitant de l’Hérault, explique Johan. Après avoir correspondu par courriels, nous nous sommes retrouvés sur une aire d’autoroute à mi-chemin de nos domiciles respectifs. Chacun d’entre nous a examiné la voiture de l’autre. Il était accompagné de trois hommes, ce qui n’était pas vraiment rassurant, mais ils n’ont rien trouvé à redire sur mon véhicule. J’ai demandé à réfléchir. Une fois ma décision prise, nous avons convenu d’un rendez-vous pour procéder à l’échange et mettre tous les papiers en règle. Nous avons indiqué qu’il s’agissait d’une cession à titre gratuit. Du coup, comme ma voiture valait davantage, j’ai reçu 1 000 € de compensation. Au final, je suis content de cette transaction !"

Adresses utiles

http://selidaire.org

http://pochetroc.fr (15,80 € d’abonnement par an)

www.france-troc.come (inscription gratuite)

www.gchangetout.com (inscription gratuite)

www.troc-echange.com (inscription gratuite)

www.troc.net (inscription gratuite)

www.troximity.com (2 € par troc ou échange de services effectué)

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