Téléviseurs : acheter sans se tromper

Téléviseurs : acheter sans se tromper
En matière de téléviseur, prix élevé ne rime pas forcément avec qualité. - © YinYang

Alors que la première génération de téléviseurs à écran plat fête son dixième anniversaire, peut-être avez-vous envie de renouveler aujourdhui votre appareil ? Voici six points à vérifier pour vous aider à faire le tri.

Bonne nouvelle ! En matière de téléviseur, prix élevé ne rime pas forcément avec qualité. Le prix moyen d’un téléviseur en France s’élève à 689 €, selon la dernière enquête de l’association UFC-Que Choisir, mais il existe des modèles tout à fait corrects à partir de 400-450 €. Les différences de prix s’expliquent surtout par la taille de l’écran et les options : 3D, télévision connectée, etc. Votre choix dépendra donc de votre budget, mais aussi de l’usage que vous faites de votre appareil.

Comment choisir l’écran ?

L’écran est un élément clé dans le choix d’un téléviseur. Sa sélection se fait selon deux critères : la taille et la technologie utilisée. En France, nous plébiscitons les petits formats : 67 % des écrans en circulation mesurent entre 81 et 107 cm de diagonale (mesure souvent exprimée en pouces, voir notre tableau). Pour vous décider, sachez que la taille d’écran idéale est celle qui respecte la distance de recul entre votre téléviseur et le point de visionnage.

Un écran trop grand dans un petit espace peut occasionner des maux de tête et des irritations oculaires. Les experts conseillent généralement une distance de visionnage maximale de trois fois la diagonale de l’écran. Un simulateur sur Internet (distance-taille-ecran.fr) peut vous aider à calculer au plus juste les dimensions de votre futur téléviseur. Second facteur à prendre en compte : la technologie. La plupart des téléviseurs actuellement sur le marché fonctionnent selon la technique LED (Light Emitting Diode), fondée sur un système de retroéclairage. Elle a remplacé progressivement celle des écrans plasma, plus coûteux et plus lourds. Plus récemment est apparue la technologie OLED (Organic Light Emitting Diode). Déjà utilisée pour les smartphones et les tablettes, elle évite le rétroéclairage de l’écran grâce à des pixels organiques qui produisent leur propre lumière lorsqu’ils sont stimulés électriquement. Les écrans OLED gagnent en finesse et en qualité visuelle (meilleur contraste), mais restent plus chers que les modèles LED.

Apprécier la qualité visuelle

Parmi les nombreuses indications figurant sur une notice de téléviseur se trouve l’abréviation Hz. De quoi s’agit-il ? Calculée en hertz (Hz), cette unité de mesure (appelée également « taux de rafraîchissement ») indique le nombre d’images que l’appareil est capable d’afficher par seconde. Par exemple, 50 Hz signifient 50 images par seconde. Plus ce nombre est élevé, mieux le mouvement sera décomposé et donc précis. Si 50 Hz suffisent dans la plupart des cas (journaux télévisés, débats, etc.), une fréquence de 200 Hz est optimale pour visionner des retransmissions sportives ou des films d’action.

Autres éléments à prendre en compte : la luminosité et le contraste. Les téléviseurs de moyenne gamme, de qualité correcte, possèdent une luminosité d’au moins 400 cd/ m2 (candelas par mètre carré). Pour ce qui est du contraste, un téléviseur doit approcher le chiffre de 1.000:1. Plus il est élevé, plus les noirs seront intenses (et non gris foncé), et meilleur sera le rendu.

Enfin, n’oubliez pas qu’une bonne qualité visuelle repose aussi sur un bon réglage. « Un mode cinéma est bien souvent disponible, mais il faut penser à le régler lorsqu’on installe son nouveau téléviseur. Il permet d’optimiser automatiquement la colorimétrie », conseille Valentin Lhormeau, expert télévision sur le site lesnumeriques.com.

Compter les prises

Combien de prises votre téléviseur doit- il posséder ? Et pour quels usages ? Commencez par lister le nombre et le type d’appareils que vous souhaitez brancher : décodeur, lecteur DVD/Blu-ray, console de jeux, appareil photo numérique... Aujourd’hui, la plupart des téléviseurs sont équipés d’une prise Péritel et d’une prise HDMI, essentielles pour profiter de vos sources en haute définition comme le lecteur Blu-ray ou les consoles de jeux. Les modèles récents (moyenne gamme) ont tous au moins deux prises HDMI, deux à trois ports USB multimédia ainsi qu’une prise casque audio. Certains modèles sont également dotés d’une prise Ethernet et disposent d’une connexion sans fil (wi-fi intégré).

3D... comme déception ?

Annoncée il y a quelques années comme une grande révolution, la 3D n’a pas rencontré le succès escompté. « J’avais choisi l’option 3D en misant sur le développement d’une offre de programmes, notamment sur Canal+, mais j’attends toujours, regrette Henri, 47 ans. Mon utilisation se borne au visionnage, de temps en temps, d’un Blu-ray 3D avec mon fils, car il est vrai que, pour les documentaires, la 3D reste exceptionnelle. » L’offre actuelle distingue la 3D active (avec lunettes électroniques pour une image en Full HD) et la 3D passive (lunettes légères pour une image de qualité inférieure). La première, onéreuse (30 à 90 € la paire de lunettes), cible plutôt les technophiles. La seconde vise les familles.

4K/UHD : la révolution visuelle ?

Apparus dans les rayons l’an dernier, les téléviseurs utilisant la technologie 4K, ou UHD (ultra-haute définition), promettent une image d’une résolution quatre fois supérieure au Full HD. Ainsi, les téléviseurs HD ou Full HD affichent 1 920 × 1 080 pixels, soit environ 2 millions de pixels, alors qu’avec la 4K, on atteint 3 840 × 2 160 pixels, soit plus de 8 millions de pixels. Les premiers prix démarrent à 500 €, puis grimpent très vite selon la notoriété de la marque et la taille de l’écran (jusqu’à 19 990 € pour le modèle 215 cm de Sony !). Faut-il investir dans la 4K ? Les experts, dans leur majorité, croient à la nouvelle technologie et pensent qu’elle va se répandre. Reste que très peu de programmes télévisés permettent encore de l’exploiter.

Et la télévision connectée ?

Après les smartphones, voici la smart TV (« télévision intelligente »). De quoi s’agit-il ? On désigne sous ce terme les téléviseurs connectés à Internet et qui, de ce fait, offrent  une palette de services et de fonctionnalités : vidéos à la demande, accès à YouTube et Facebook, commande vocale, télécommande gestuelle, télévision de rattrapage, etc. À noter : une partie de ces services est déjà accessible par le biais des abonnements via les box des opérateurs (Free, Orange, SFR, Bouygues, etc.). Mais ce risque de doublon ne semble pas freiner le succès des smart TV qui, en 2014, ont représenté un quart des ventes de téléviseurs en France, selon une étude de tous les budgets l’institut GfK. Si l’accès à Internet peut plaire aux adolescents, attention, lorsque vous faites votre choix, à ne pas laisser les widgets (applications logicielles) et les nombreuses options occulter la qualité télévisuelle, qui reste la base d’un achat réussi.

Diagonales d’écran : les équivalences

Taille en pouces

Taille en centimètres

32"

81 cm

40"

102 cm

42"

107 cm

48"

122 cm

50"

127 cm

55"

139 cm

60"

152 cm

65"

165 cm

78"

198 cm

« Bien régler la luminosité du téléviseur est essentiel »

Philippe Crosnier, gérant d’Audio Synthèse Intégration

« Contrairement aux idées reçues, un grand écran n’est pas responsable d’une bonne ou d’une mauvaise qualité visuelle : c’est la nature de la source utilisée qui détermine la qualité de l’image. Par exemple, si vous regardez un film au format DivX, très compressé, plus vous agrandirez l’image, plus le rendu sera mauvais. À l’inverse, si vous regardez un Blu-ray, plus vous agrandirez l’image, plus elle sera belle. En résumé, choisir un grand écran implique que l’on soit exigeant sur la qualité de la source afin de pouvoir en profiter pleinement. Sachez également faire la distinction entre qualité de l’image et niveau de luminosité. Il suffit parfois de bien régler la luminosité de l’écran pour obtenir une meilleure image et réduire la fatigue oculaire. Enfin, même si vous achetez sur Internet, un téléviseur se choisit en point de vente : rien ne vaut de se rendre compte par soi-même du rendu des images. »

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