Recycler un mobile, une pile, une TV...

Recycler un mobile, une pile, une TV...

Les filières de recyclage d’appareils électroniques ou électroménagers sont aujourd’hui bien organisées. Pourtant, encore trop peu de Français y ont recours. Encore un effort !

Recycler ses équipements permet :

  • de produire de nouvelles matières premières,
  • de neutraliser les effets nocifs pour l’homme et l’environnement des substances dangereuses qu’ils contiennent (guide sur les déchets à risques sur le site de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie-Ademe),
  • et de créer des emplois.

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses structures de collecte et de traitement ont vu le jour.

1. Pour les piles usagées

Leur petite taille ne doit pas faire oublier que piles et batteries contiennent de nombreux composés dangereux (mercure, plomb…) et qu’elles sont légion (plus de 1,25 milliard d’unités mises sur le marché français en 2012).

Pour autant, leur collecte – donc leur recyclage – est à la traîne : un tiers seulement (35,4 %) des piles à usage unique (jetables), multiple (rechargeables) ou des accumulateurs qui équipent ordinateurs, téléphones portables ou appareils photos numériques ont été collectés l’an passé.

Cette filière de recyclage est pourtant une des plus anciennes, et il existe presque deux fois plus de points de collecte (60 000 dans les magasins, les mairies, les écoles…) que de communes en France (35 300 début 2012) !

Sachez que :

  • deux petites piles de format AAA permettent de fabriquer une clef,
  • trois se transforment en petite cuillère
  • et cinq en canette de soda…

Le bon geste

Rapporter les piles dans les points de collecte répertoriés sur les sites Internet des sociétés Screlec et Corepile. Le tri, le traitement et la récupération des matériaux sont ensuite l’affaire de sociétés spécialisées et agréées.

2. Pour les vieux téléviseurs, lave-linge…

89 % des matériaux (plastiques, verre, métaux ferreux…) contenus dans les gros «déchets d’équipements électriques et électroniques» (D3E), tels que réfrigérateurs, lave-linge, lave-vaisselle, peuvent facilement être extraits et transformés en de nouvelles matières premières.

Quant aux substances réglementées ou nocives (poudres photoluminescentes contenues dans le tube cathodique), elles peuvent aussi être récupérées puis incinérées de façon spécifique.

Pour tout achat d’un nouvel appareil  s’applique le principe du « un pour un » inscrit dans le Code de l’environnement : le vendeur doit reprendre l’ancien produit.

Pourtant, en 2012, seulement 7 kg de D3E par habitant ont été collectés par Eco-systèmes, qui est, avec Ecologic et European Recycling Platform France, le principal éco-organisme chargé de la collecte et du recyclage des D3E.

On est loin de l’objectif fixé par une récente directive du Parlement européen : 14  kg par habitant et par an en… 2019 !

Le bon geste

Pour vous débarrasser d'un vieux téléviseur, passez par la collecte municipale (sur rendez-vous) ou par la déchetterie locale. Si votre équipement fonctionne encore, déposez-le dans une structure qui le remettra en état et le revendra à petit prix : ressourcerie, magasin du réseau Envie ou Emmaüs.

3. Pour le fer à repasser, grille-pain… aussi

Les petits  D3E (sèche-cheveux, grille-pain, lecteur MP3, perceuse, taille-haies…) bénéficient de la même obligation de reprise que leurs homologues de grand format. Seulement, voilà : peu encombrants, ils stagnent dans les placards ou finissent à la poubelle avec les ordures ménagères !

Les métaux contenus dans un fer à repasser, un grille-pain ou une perceuse, de même que le plastique peuvent être réutilisés dans l’industrie.

L’organisme Eco-Systèmes donne, sur son site, la quantité de CO2 que l’on évite d’émettre en recyclant un appareil : par exemple, dix personnes qui recyclent une perceuse évitent l’émission de 11 kg de CO2, soit l’équivalent d’un trajet de 59 km en camion.

Le bon geste

  • On compte actuellement 5 500 conteneurs de collecte de petits D3E en France (liste sur eco-systemes.fr ou sur ecologic-france.com).
  • Autre solution : opter pour l’une des 2 700 déchetteries locales.
  • Lorsque l’appareil fonctionne encore, le donner aux acteurs de l’économie sociale et solidaire (Envie, Emmaüs…).

4. Et pour le téléphone mobile !

La collecte des mobiles est actuellement… aux abonnés absents. L’an passé, 270 000 seulement ont été récupérés par les partenaires d’Eco-systèmes, soit une goutte d’eau dans l’océan des portables, dont le nombre est estimé à 100 millions en France !

Principales explications :

  • les utilisateurs conservent leurs anciens appareils au fond d’un tiroir;
  • des circuits de rachat de vieux portables visent à récupérer les métaux précieux de la carte électronique, mais n'ont aucune intention écologique.

Le bon geste

  • Déposer son vieux mobile et ses accessoires dans un point de collecte des D3E, dans les grandes surfaces par exemple. Hélas, de petits malins dérobent les appareils pour les revendre ! Aussi de plus en plus de bacs de collecte sont-ils équipés d’antivols.
  • Il vaut donc mieux le rapporter chez les opérateurs, plus soucieux de la traçabilité du circuit.
  • On peut aussi le déposer dans un point de collecte Emmaüs ou l’expédier aux Ateliers du bocage (structure issue d’Emmaüs), qui leur donne une seconde vie (42000 téléphones reconditionnés en 2012) ou les expédie vers des prestataires certifiés par les éco-organismes pour qu’ils soient recyclés.