Montres connectées : faut-il se laisser tenter ?

Montres connectées : faut-il se laisser tenter ?
Le marché des montres connectées est en pleine expansion. Il s'en est vendu 400 000 en France en 2015. - © BsWei

Dernière innovation technologique, cet accessoire a le vent en poupe, mais n’orne pas tous les poignets ! Cinq raisons pour devenir toqué !

Pourquoi s’équiper ?

Avant de faire le grand saut dans l’univers des montres connectées, sachez qu’elles font partie d’un marché bien à part, issu de l’univers des wearables, ces accessoires technologiques portables. Fidèles partenaires du smartphone, elles sont différentes du bracelet connecté, qui se contente paresseusement de l’affichage de l’heure, d’une alarme ou encore du calcul du nombre de pas et de calories dépensées.

Les montres connectées font bien plus : elles cumulent de nombreuses fonctionnalités, allant de la santé à l’assistant personnel – le premier modèle, le Seiko Receptor, lancé en 1990, permettait seulement de recevoir des messages de texte. Pour l’instant, elles s’adressent plutôt aux hommes, même si les premiers modèles Apple de couleur rose ou sertis de cristaux Swarovski sont commercialisés.

À quoi ça sert ?

Ces nouveaux appareils donnent la possibilité de reprendre tout ou partie des usages d’un smartphone, évitant de sortir frénétiquement celui-ci de sa poche à tout moment de la journée. Mais, ne disposant pas pour l’instant de carte SIM, ces montres voient leurs fonctions limitées quand elles sont utilisées sans smartphone.

Écran tactile, notifications, sport, GPS, musique : elles se jumellent avec toutes sortes d’applications spécialement adaptées, pour commander un taxi ou pour surveiller son activité physique, par exemple. Ces objets, qui doivent rester connectés en wi-fi ou en Bluetooth avec le smartphone, sont de véritables assistants personnels, aussi utiles pour travailler que pour jouer.

« Je m’en sers tous les jours, surtout pour un usage professionnel. Je filtre mes appels téléphoniques grâce au bouton rouge qui déclenche la messagerie, je lis mes mails et mes SMS, j’accède à mon agenda. Je consulte également mon fil d’actus, et je vérifie mes horaires de train avant de quitter mon travail. Seul bémol, les boutons des applis sont un peu petits », témoigne Damien, informaticien et « Apple geek », qui a acheté son Apple Watch Sport 42 mm en juin 2015.

Mélinda, qui porte également une Apple Watch, est perdue sans sa montre : « J’ai tellement pris l’habitude de l’avoir au poignet que, quand je pars en l’oubliant, j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose. Je sais que je devrai farfouiller dans mon sac pour retrouver mon téléphone. Bien sûr, les gens pensent que je regarde l’heure à peu près 357 fois dans la journée ! Je dois passer pour une folle, mais ce n’est pas grave ! »

Cécile, elle, préfère utiliser sa montre avec parcimonie : « Je ne la porte que lorsque je voyage : cartes d’embarquement ou billets de train y sont réunis. La taille des icônes me gêne : comme on utilise de sa montre en bougeant, on tombe souvent sur l’icône d’à côté. Et puis, je m’imagine encore moins m’en servir pour jouer. »

Quels critères retenir ?

Si vous possédez un autre modèle qu’un smartphone Android ou iOS, il vous sera difficile de trouver une montre connectée à mettre à votre poignet. Ensuite, le choix dépend de vos besoins, de vos goûts et de votre budget. Écran tactile ou à aiguilles ? Outre le design, les modèles à écran proposent davantage de fonctionnalités, mais ceux à aiguilles offrent une autonomie supérieure.

Au niveau de la taille et de la qualité des écrans, les plus performants sont les Retina pour l’Apple Watch, ou les Amoled pour la Samsung Gear S2 ou la Huawei Watch. Vous pouvez aussi vérifier le nombre de pixels.

L’autonomie, elle, reste encore limitée, obligeant l’utilisateur à recharger sa montre tous les soirs. Les modèles proposent des batteries de 200 à 400 milliampères (mA). L’espace de stockage est souvent de 4 Go, mais la plupart des montres étant connectées au téléphone, les données stockées dans le Cloud y sont donc accessibles. Quasiment tous les modèles disposent d’un accéléromètre, d’un gyroscope, d’une boussole et d’un baromètre.

Quant au bracelet, attention à sa largeur ! Certains fabricants imposent des formats propriétaires (autres que les classiques 18, 20 et 22 mm), rendant son remplacement difficile.

Quel modèle adopter ?

Parmi une offre abondante, les caractéristiques de chaque montre définissent un profil d’utilisateur qui pourra vous correspondre.

  • Pebble Time : pour ceux qui trouvent fastidieux de recharger leur montre chaque soir, elle affiche une semaine d’autonomie, contre une journée pour les autres. Son atout : un écran à encre numérique, comme celui des liseuses électroniques, peu énergivore.
  • Apple Watch : Elle puise sa force dans son aspect intuitif et son design, et elle est parfaitement adaptée à l’iPhone. Il existe deux tailles d’écran, 38 mm et 42 mm. « J’ai choisi la plus petite, mais j’aurais mieux fait d’acheter la grande : elle est plus chère et inesthétique sur un petit poignet, voire encombrante, mais la navigation y est moins complexe et plus précise », regrette Cécile.
  • Huawei Watch : pour les adeptes d’Android, elle présente un excellent rapport qualité-prix. Peu originale mais efficace, elle remplit les fonctions essentielles et pourra satisfaire les curieux qui ont envie d’expérimenter cet accessoire « intelligent ».
  • Samsung Gear S2 : elle possède un espace pour insérer une carte SIM, idéale pour ceux qui aiment prendre des photos et les stocker.
  • Runtastic Moment et la Withings Activité : ces deux modèles hybrides, à cheval entre le bracelet connecté et la smartwatch, sont faits pour les sportifs.
  • Moto 360 : ce modèle de seconde génération, entièrement personnalisable par l’intermédiaire du site de Motorola, tentera les technophiles qui privilégient l’apparence.

À quel prix ?

Les premiers modèles, très basiques, démarrent autour de 100 €. Il faut donc investir de 300 à 400 € pour acquérir une montre offrant suffisamment d’autonomie et pouvant supporter de nombreuses applications.

« La montre est un objet particulier, souvent considérée comme un bijou, et que l’on transmet d’une génération à l’autre. Pour l’instant, tous les modèles de montres connectées se ressemblent, et on imagine mal transmettre cet appareil dont on ne sait pas si l’écran ou les mises à jour permettront de lui assurer une durée de vie de plus de quatre ans. Et pour 400 €, on peut acquérir une belle montre bijou », analyse Romain Thuret, chef de service Objets connectés du site lesnumeriques.com, qui estime que le marché se développera lorsque les « vrais » horlogers se lanceront. « Swatch a déposé de nombreux brevets dans ce domaine », constate-il.

Grâce au prix parfois exorbitant de certains modèles, comme l’Apple Watch Edition conçue en or 18 carats, commercialisée au tarif de 18 000 €, Apple est devenu le troisième horloger mondial. « Le prix des montres Apple n’ayant pas baissé, Samsung a même réajusté les siens à la hausse, autour de 400 € au lieu de 200 € », ajoute Romain Thuret.

Pour quels usages ?

Si une smartwatch se contente de donner l’heure, elle n’aura de smart que le nom ! Aujourd’hui, les applications disponibles ne sont pas encore assez nombreuses, et une quinzaine seulement ont une réelle utilité : accès à un plan, stockage de billets d’embarquement, prévisions météo, possibilité de localiser son téléphone, etc.

Les développeurs doivent donc créer de nouveaux usages pour rendre ces montres attractives. Par exemple, régler des achats, valider un titre de transport, déverrouiller sa voiture, ou encore stocker des documents d’identité valables à l’étranger, etc.

« Les montres spécialisées finiront par s’imposer »

Nicolas CATARD, responsable du site TheGrandTest.com spécialisé dans les produits high-tech

La plupart des modèles de montres intelligentes, qu’elles soient sous Android ou iOS, proposent des fonctionnalités communes. Connectées au smartphone, elles en deviennent le second écran pour afficher les notifications, plus ou moins détaillées, reçues par votre smartphone : SMS, mails, Instagram, Facebook, rappels de calendrier.

Les smartwatches présentent toutefois quelques défauts de jeunesse : une taille souvent imposante, une autonomie qui ne dépasse pas une journée, un écran trop petit pour lire confortablement et un prix encore élevé.

En revanche, certains modèles sont particulièrement bien adaptés pour la pratique sportive. Avec un GPS, une mémoire pour stocker de la musique et un capteur cardiaque intégré, on peut désormais courir sans smartphone. Ce sont d’ailleurs les montres intelligentes spécialisées dans un domaine en particulier qui devraient finir par s’imposer.