Le cloud : un nuage pour stocker vos données informatiques

Le cloud : un nuage pour stocker vos données informatiques

Très en vogue, le cloud permet de disposer d’un abri sûr pour stocker et partager documents, musiques ou photos qui encombrent vos supports informatiques. Mais à quel prix ?

Comment fonctionne le cloud ?

Le principe du cloud (nuage, en français) consiste à utiliser à distance un serveur informatique pour stocker des logiciels, documents, photos, musiques, films… eux-mêmes conservés dans un centre de données (data center).

Pour les particuliers, les appareils portables (téléphones, ordinateurs…) deviennent ainsi de simples interfaces avec le Net et n’ont plus besoin de disposer d’une importante capacité de stockage.

C’est aussi une aide pour les entreprises qui n’ont plus à gérer directement leurs serveurs informatiques, mais peuvent accéder de manière évolutive à de nombreux services en ligne.

Comment accéder aux services de stockage ?

La plupart des géants du Net, comme Google, Amazon, Microsoft ou Apple, offrent des services de stockage gratuits. Ils ont été suivis par les fournisseurs d’accès à Internet ou les opérateurs de téléphonie mobile.

Mais attention, les offres gratuites proposent des capacités de stockage ridicules (de 5 à 25 gigas) qui obligent à souscrire une offre payante si on veut les augmenter ! » relève Fabrice Epelboin, spécialiste du Web social et professeur au Médialab de Sciences-Po à Paris.

Le cloud est-il vraiment utile ?

En fait, tous les Français font du cloud sans le savoir !

Ils stockent de la musique ou des images sur des plates-formes comme Deezer ou YouTube, consultent leur messagerie et utilisent les réseaux sociaux pour échanger des informations, jouent à des jeux vidéo en ligne, hébergent leurs photos sur des sites dédiés ou utilisent des logiciels comme Microsoft Office 365 sans avoir à les installer sur leurs ordinateurs », constate Jean-Luc Raymond, consultant en nouvelles technologies.

Ainsi, pour le particulier, entre cloud et Web, il y a peu de différence. La confusion étant entretenue, selon certains experts, par les spécialistes du marketing pour vendre de nouveaux services de stockage. « La vraie révolution concerne les entreprises : la dématérialisation des données et des applications permet de faire nettement baisser les investissements informatiques », ajoute Fabrice Epelboin.

Ce mode de stockage est-il fiable ?

Le cloud présente l’avantage pour l’internaute de tenir à disposition ses données, dont la sauvegarde est de la responsabilité du fournisseur de services. De plus, les informations stockées sont à l’abri des virus qui pourraient polluer son ordinateur personnel. Mais le particulier peut aussi perdre ses login et mot de passe et se retrouver dans l’impossibilité de récupérer ses données.

Aucune disposition n’est prévue en cas de faillite de l’entreprise ou si un État exige la fermeture du service, comme dans le cas de Megaupload, où 100 millions d’utilisateurs ont été privés du jour au lendemain de l’accès à leurs données », avertit Fabrice Epelboin.

Disque dur externe, serveur FTP : quelles alternatives ?

Oui, il est possible d’acheter un disque dur externe, une solution peu onéreuse pour sauvegarder ses données : 1 teraoctet (1 000 gigaoctets) coûte entre 50 et 100 €. Mais cela ne met pas le particulier à l’abri du vol ou d’un problème technique…

Utiliser un serveur FTP (File Transfer Protocol) est un autre moyen simple et gratuit de partager des fichiers sur Internet : il suffit de télécharger un logiciel (FileZilla Server, par exemple), puis de déposer en quelques clics un fichier sur le serveur pour permettre à la personne avec laquelle on veut le partager de le récupérer.

Quelle législation s’applique au cloud ?

Hormis deux ou trois opérateurs, la plupart des sociétés offrant des services de stockage sont étrangères. Et la législation qui s’applique est celle du pays où les données sont hébergées. « Il faut faire attention aux conditions générales de vente, généralement rédigées en anglais… », conseille Jean-Luc Raymond.

Les sites hébergés aux États-Unis sont soumis au Patriot Act : au nom de cette loi antiterroriste, entrée en vigueur en octobre 2001, l’administration américaine peut épier les messages et les agissements numériques de toute personne suspectée de contact avec une puissance étrangère.

Les particuliers qui utilisent les services d’hébergement américains pour stocker leurs photos de vacances n’ont pas trop à se soucier du Patriot Act, ajoute Fabrice Epelboin. C’est plus problématique pour les entreprises françaises, notamment celles qui travaillent dans des domaines sensibles (armement, nucléaire…). »

Le développement du cloud soulève d’autres questions juridiques : à qui appartiennent les données stockées ; quelle législation s’applique sur les droits d’auteurs ? Mais aussi : Facebook ou Twitter étant américains, donc protégés par le premier amendement sur la liberté d’expression, certains utilisateurs peuvent-ils poster par exemple des propos racistes ? En fait, non, car le titulaire d’un compte en France tombe sous le coup de la loi contre les propos et injures racistes.

Le cloud est-il écologique ?

Les grands centres de stockage utilisent beaucoup d’énergie. Ils supposent la construction de grands bâtiments qui doivent être réfrigérés en permanence.

Ils ont les mêmes besoins qu’une centrale nucléaire : de l’eau, de l’énergie et de la sécurité. Le stockage de données coûte cher. Aussi, les plus grandes sociétés investissent dans l’énergie, comme Google qui a pris, entre autres, une participation à hauteur de 75 millions de dollars dans l’éolien aux États-Unis », analyse Jean-Luc Raymond.

Comparatif des offres de cloud
Entreprises Offres gratuites Gigas (Go) supplémentaires
Orange (opérateur français) 50 à 100 Go
pour les abonné
5 €/mois pour 30 Go
OVH-HUBIC (opérateur français) 25 Go 11,84 €/an pour 100 Go
iCloud 5 Go 16 €/an pour 10 Go
Google Drive 5 Go 2,49 $ US HT/mois pour 25 Go
Dropbox 2 Go 9,99 $ US HT/mois pour 100 Go
Amazon Cloud Drive 5 Go 8 €/an pour 20 Go