Créer son blog ou son site Internet

Créer son blog ou son site Internet
Le secret d’une belle audience sur Internet repose sur un bon référencement par les moteurs de recherche. - © lechatnoir

De nombreux outils existent pour monter sa vitrine numérique en toute autonomie et à moindres frais. Reste à bien cibler son projet pour élargir son audience.

Lancer son blog ou son site : définir son projet sur le web

Pourquoi souhaitez-vous être présent sur Internet ? S’agit-il simplement de partager des textes, des images ? Votre site ou blog sera-t-il ouvert aux commentaires des internautes ? Dans ce cas, aurez-vous le temps de modérer les propos qui y seront tenus et dont vous serez responsables ?

Et peut-être envisagez-vous de commercialiser vos créations ? Des solutions adaptées s’offrent à vous, de la plus simple (le blog) à la plus complexe (la boutique en ligne).

Pour des besoins standard : créer un blog

« Pour partager une passion, écrire quelques billets et mettre en ligne des images, le blog suffit », déclare Guillaume Rondet, webdesigner et cofondateur de l’agence PPP à Lyon. La première étape consiste à choisir sa plateforme de création de blog. Il en existe plusieurs, comme Wordpress, Tumblr, Overblog, Canalblog, etc. Elles permettent de se lancer gratuitement en quelques heures et se rémunèrent soit par la publicité (Skyblog, Canalblog, Tumblr), soit par des fonctionnalités payantes (Overblog).

Par exemple, si les modèles de maquette (les thèmes) proposés ne vous conviennent pas, il vous faudra payer pour en choisir d’autres. Même chose pour pouvoir ajouter des extensions, comme les boutons de partage vers les réseaux sociaux, les plugins de sécurité ou de e-commerce.

À noter : Wordpress, disponible en open source se distingue des autres services. S’il implique de payer un hébergeur et un nom de domaine (30 à 40 € par an), il permet surtout de rester maître à bord.

« Sur des plateformes comme Tumblr, vous n’êtes pas propriétaire de ce que vous publiez. Le jour où le service disparaît, vous perdez tout, comme sur Facebook, prévient Guillaume Rondet. Et si vous demandez à supprimer votre compte, vous n’aurez jamais la certitude que cela soit réellement fait. »

Une fois la plateforme choisie, il ne vous reste plus qu’à vous inscrire et à vous laisser guider pour le choix du thème, l’intégration des textes et de l’illustration... En matière de contenu, les experts préconisent la règle suivante : deux tiers de textes, un tiers d’images. Concernant le thème, veillez à en retenir un qui soit en accord avec votre sujet, car il sera difficile d’en changer.

Pour du sur-mesure : le site Internet

Pour ceux qui souhaitent lancer une marque, un service ou un produit, le site internet offre un aspect plus professionnel. S’il existe des plateformes permettant de concevoir soi-même son site (Wix, Jimdo, etc.), le recours à un expert pour tout ou partie de la réalisation vous permettra de parfaire votre présentation tout en vous faisant gagner du temps... à moins que vous soyez un peu geek !

« Il nous arrive régulièrement de récupérer des sites en cours de création, car les personnes bloquent à certaines étapes, comme le paramétrage (base de données, notamment) et le transfert des fichiers, précise Guillaume Rondet. L’autre écueil est le choix des fonctionnalités : mieux vaut voir large – quitte à en masquer certaines au début –, car on ne sait jamais quels seront ses besoins dans quelques années. »

Après avoir cerné vos exigences, le prestataire fera des préconisations concernant l’arborescence du site et l’organisation des contenus sur la page, les fonctionnalités, l’ergonomie ou le graphisme. À la différence d’un blog alimenté régulièrement, le site internet contient davantage de contenu statique (page d’accueil, contacts, produits en vente, etc.), qu’il faut soigner tout particulièrement. Concernant les tarifs, le prestataire facture au temps passé.

Comptez de trois à six jours de travail pour un site simple, soit de 1 800 à 3 000 € (3 000 à 5 000 € pour un site de e-commerce).

Que dit la loi ?

Il existe un principe de base à connaître impérativement lorsque l’on publie sur Internet : le titulaire du blog ou du site est non seulement responsable de ce qu’il publie – textes, images, vidéos – mais aussi de la teneur des propos tenus dans les commentaires et du contenu des articles vers lesquels renvoient les liens figurant dans le site.

« L’injure et la diffamation publiques entrent dans la catégorie des “délits de presse” et sont soumises au régime de la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, indique Romain Darrière, avocat spécialisé en droit de l’Internet et des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) à Paris. Les risques encourus sont une pénalité financière s’élevant à 2 000 € et une peine d’emprisonnement. Rappelons que le titulaire du blog ou du site en est le responsable éditorial, même s’il n’est pas l’auteur des propos tenus. L’auteur n’est considéré que comme complice. »

Autre écueil, la publication de photos non libres de droit (assimilable à de la contrefaçon de droits d’auteur), un cas de litige assez fréquent d’après l’avocat, qui précise que « si les risques de sanctions sont assez limités pour un blog informatif, il convient tout de même d’indiquer le crédit photo (nom du photographe ou du détenteur des droits de reproduction) et d’envoyer un message à l’auteur l’informant que l’on utilise son image. Même sans réponse, ce mail vous protégera en cas de poursuites ».

Réussir son blog ou son site : être visible sur la Toile

Le secret d’une belle audience sur Internet repose sur un bon référencement par les moteurs de recherche (Google surtout, mais aussi Bing et Qwant). En la matière, tout dépend du contenu : plus il est pertinent, en qualité et en quantité, meilleures sont les chances que les internautes y accèdent lors de leurs requêtes. Mais cela ne suffit pas.

Les sites et blogs les mieux référencés vivent en permanence grâce à l’ajout de textes, de photos, de liens, de nouvelles fonctionnalités. Les personnes disposant d’un réseau avec lequel elles peuvent partager leurs publications (par Facebook, Instagram, LinkedIn ou autres) améliorent aussi leur trafic (le nombre de visiteurs), et donc leur référencement.

Une présence significative sur Internet implique enfin d’engager du temps et de l’énergie dans la durée : selon une étude ODW de 2013, 73 % des blogueurs les plus influents tiennent leur blog depuis plus de trois ans déjà.

Open source : Les logiciels en open source peuvent être librement distribués. Leur code source est ouvert, ce qui facilite leur amélioration par la communauté des développeurs.

« Mon blog enregistre plus de 200 000 visites par mois »

Juliette Pochat, enseignante, 36 ans

« Une journée : c’est le temps qu’il m’a fallu pour créer mon blog Les recettes de Juliette. J’ai toujours été passionnée par la cuisine. En 2010, alors que j’étais en congé maternité, j’ai voulu partager mes recettes et mes astuces culinaires. Réaliser un site internet me paraissait très complexe, et je ne suis pas du tout geek.

Créer son blog est au contraire très intuitif. Je me suis lancée et, cinq ans plus tard, ce hobby est devenu une passion. Je me suis spécialisée dans les recettes végétariennes et réalise des photographies culinaires que je publie aussi sur Instagram. Mon blog enregistre plus de 200 000 visites par mois. Les échanges avec les internautes m’apportent beaucoup, mais cela exige une bonne capacité d’organisation et une grande disponibilité. J’y consacre plusieurs heures par semaine. Je suis enseignante. Ce blog équivaut donc à un second job ! »

« Je voulais que mon site professionnel soit accessible sur mobile et tablette »

Maud Bellier, coach scolaire, 44 ans

« J’ai créé mon site www.maudbellier.com en avril dernier, afin de présenter mon projet professionnel : je suis coach scolaire au service d’élèves exclus du système éducatif pour cause d’éloignement géographique, de longue maladie, de handicap, etc. Ce site ayant une finalité professionnelle, je ne voulais pas improviser. Je me suis fait aider par une petite agence de communication numérique de Narbonne. Au fil de nos cinq rendez-vous, répartis sur dix jours, nous avons défini la charte graphique et la typographie. J’ai fourni les textes et les photos. Je voulais que le site soit accessible sur mobile et tablette (responsive design) et qu’il comporte un document PDF feuilletable (flipping book).

L’agence m’a donné de bons conseils pour l’arborescence et les couleurs. Une fois le site en ligne, j’ai récupéré les codes, ce qui me permet d’intégrer du contenu et de faire des modifications lorsque je le souhaite. Avec le recul, je ne regrette pas d’avoir délégué sa réalisation, j’ai gagné un temps précieux. »

« Il faut conserver ses identifiants pour pouvoir supprimer son blog »

Didier Frochot, consultant en e-réputation, spécialiste du droit de l’information et de l’Internet

« Publier sur Internet revient à s’adresser au monde entier. L’internaute qui crée son site ou son blog doit donc réfléchir aux conséquences, en termes d’image. Les adolescents, qui utilisent trop souvent ces outils sans précaution, doivent être particulièrement vigilants. Lorsqu’ils seront en quête d’un emploi, une mauvaise e-réputation peut les poursuivre. Les recruteurs effectuent en effet des recherches sur Internet* : un blog plein de fautes d’orthographe ou véhiculant des idées controversées peut être pénalisant.

N’oublions pas que toute information en ligne y reste, à moins de la supprimer volontairement ou de demander qu’elle le soit grâce à un expert “nettoyeur” du Web. Toutefois, il est possible d’effacer définitivement un blog ou un site que l’on a créé à condition d’avoir conservé ses identifiants. »

* 52 % des employeurs ont déjà effectué des recherches sur des candidats à partir d’Internet (source : Career Builder, 2015). 

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