Créer son arbre généalogique

Créer son arbre généalogique

La généalogie s’est mise à l’heure de l’Internet. Pour retrouver nos ancêtres, il faut un peu de patience, quelques clics et de la méthode. Dans cette recherche, les associations d’amateurs apportent une aide précieuse.

Beaucoup de Français s’intéressent à la généalogie : la plupart y voient la possibilité de retrouver leurs origines et de découvrir des branches éloignées de leur famille. « Cinq à six millions de personnes ont une notion de leur généalogie, estime Michel Sementery, président de la Fédération française de généalogie (FFG), 500 000 à 600 000 sont de vrais passionnés. L’arrivée des logiciels informatiques, puis d’Internet, a entraîné une explosion de ce loisir et amené beaucoup de jeunes à s’y intéresser. »

Commencer son arbre généalogique

Pour entreprendre votre arbre généalogique, vous allez devoir utiliser plusieurs sources d’information.

L’histoire de la famille

Les premières recherches généalogiques commencent par la famille : interrogez les personnes les plus âgées, notez soigneusement ce qu’elles vous disent et pensez à les questionner sur les lieux dont étaient originaires leurs aïeuls. Ensuite, rassemblez le maximum de documents administratifs, notamment les livrets de famille, et collectez les photos (faites-en des copies). Pensez aussi à vous rendre dans les cimetières des communes où ont vécu vos ancêtres.

Les registres d’état civil

Rendez-vous ensuite dans les mairies et les services d’archives départementales pour consulter les registres d’état civil. Aux Archives départementales, vous trouverez les registres de toutes les communes du département. Pour les consulter, il faut remplir un formulaire d’inscription - gratuite et valable un an - et présenter une pièce d’identité.

« Le personnel d’accueil explique aux nouveaux venus le fonctionnement de la salle de lecture », indique Karine Pinault, attachée de conservation du patrimoine aux Archives départementales du Loiret. Actuellement, 70 départements ont numérisé leurs archives et les ont mises en ligne (www.archivesdefrance.culture.gouv.fr). « Nous avons ouvert notre site en mai 2011, explique Benoît Van Reeth, directeur des archives départementales du Rhône. En un mois, nous avons reçu plus de visites qu’en dix ans dans nos salles de lecture ! »

Qu’il s’agisse d’archives en ligne, sur microfilm ou sur papier, noter la source et la « cote » de l’acte est essentiel. Cette référence qui figure sur tous les actes est très utile en cas de doute ou d’informations contradictoires. « Il faut aussi penser à se munir d’un appareil numérique pour prendre des photos (sans flash) des documents ou des écrans d’ordinateur, conseille Francis Gros, de la Société généalogique du Lyonnais et du Beaujolais. Si vous consultez des archives en ligne, vous pouvez aussi les imprimer. »

Se familiariser avec l’état civil

Créés en 1792, les registres d’état civil, tenu par les maires, contiennent les actes de naissance, de mariage et de décès (dates et lieux de naissance, domiciles, professions, etc.). Si les actes de décès sont aussitôt communicables, les actes de naissance et de mariage ne le sont pas avant 75 ans. Avant 1792, il faut se reporter aux registres paroissiaux qui contiennent des actes de baptême, de mariage et de sépulture. Un exemplaire reste dans la commune, l’autre va aux Archives départementales. L’annuaire des services d’archives municipales et départementales est disponible sur www.archivesdefrance.culture.gouv.fr/annuaire-services.

Généalogie : rechercher des actes notariés

« L’état civil fournit le squelette de la famille, les archives notariales donnent la chair », remarque Michel Sementery, président de la Fédération française de généalogie (FFG). Conservées aux Archives départementales et librement communicables au-delà de 100 ans, les archives des notaires contiennent des contrats de mariage, des inventaires après décès, des testaments… Jean-Yves Houard, secrétaire adjoint de la FFG, a ainsi trouvé le contrat de mariage d’un de ses ancêtres : « Il était maçon dans la Creuse et n’avait que sa malle et ses outils, tandis que sa fiancée apportait une petite dot constituée de linge et de meubles. »

Classer les documents et numéroter les ancêtres

Afin de ne pas se laisser submerger, il est important de classer ces documents au fur et à mesure, en affectant par exemple un dossier à chaque couple. Une numérotation des aïeux se révèle vite indispensable, comme celle (dite numérotation Sosa-Stradonitz) qui attribue le chiffre 1 à la personne qui commence la généalogie, 2 à son père, 3 à sa mère, 4 et 5 à ses grands-parents paternels, etc.

Les logiciels ont considérablement facilité la vie des généalogistes. Il existe des versions gratuites, mais il faut veiller à ce qu’ils respectent la norme GEDCOM (Genealogical Data Communication (échange de données généalogiques) qui permet l’échange de fichiers entre généalogistes ne disposant pas du même logiciel.

« Les deux logiciels les plus utilisés sont Généatique et Heredis », constate Michel Sementery. Utilisateur de Généatique, Jean-Yves Houard apprécie notamment la possibilité de réaliser de très grands arbres qui sont exposés sur des panneaux lors de fêtes familiales. Quant à Heredis, « il permet d’imprimer des monographies de famille (dites Filiatus) qui sont de vraies merveilles », témoigne Francis Gros, de la Société généalogique du Lyonnais et du Beaujolais.

De plus, les associations sont nombreuses et dynamiques, elles réalisent un travail de bénédictins, pratiquant l’indexation collaborative : leurs adhérents dépouillent les archives et constituent des bases de données par nom. Certaines d’entre elles donnent aussi des cours de paléographie : un savoir précieux pour déchiffrer les actes.

En savoir plus sur la généalogie

  • Fédération française de généalogie : www.genefede.org. Cette fédération regroupe plus de 150 associations.
  • GeneaWiki : http://fr.geneawiki.com. Une encyclopédie de la généalogie en ligne et gratuite.
  • Geneanet : www.geneanet.org. Un site communautaire permettant d’accéder gratuitement à un répertoire de millions d’individus (consignés dans des arbres généalogiques) et à des actes numérisés.