Compléter ses revenus en toute légalité

Compléter ses revenus en toute légalité
Les cordons-bleus peuvent préparer des petits plats et les proposer sur une plateforme. - © knape

Avec l’économie collaborative, il est possible d’arrondir ses fins de mois en mettant à profit ses talents ou en louant ses biens. Tout savoir pour se lancer.

Gagner de l’argent tout en faisant d’amicales rencontres ? C’est la promesse de l’économie collaborative, ou économie du partage, qui fait florès en raison de
 la révolution numérique et de la crise. Avec ces particuliers qui vendent leurs services 
à d’autres particuliers par l’intermédiaire
 de plateformes Internet, on parle également d’ubérisation de l’économie. Du nom de la société Uber qui, à partir de l’application pour smartphone UberPop, offrait à tout possesseur de véhicule la possibilité
 de s’improviser chauffeur de taxi. Une activité finalement interdite pour exercice illégal de la profession de taxi.


Il reste cependant bien des solutions pour louer ses compétences ou ses biens sans être accusé de travail dissimulé ou de concurrence déloyale envers les professionnels. L’été dernier, les pouvoirs publics ont rappelé les obligations fiscales des apporteurs de services.

Et la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2017 a donné des réponses claires quant au besoin ou non de créer sa société ou son auto-entreprise. Au-delà de certains seuils (23 000 euros pour les locations immobilières, 7 845,60 euros pour les biens mobiliers, etc.), il faut opter pour un statut professionnel, donc s’enregistrer au régime social des indépendants (RSI) et payer des cotisations sociales.

Vous avez un bien immobilier

Louer votre logement le temps des vacances

Homelidays, Leboncoin, Airbnb, Abritel, Amivac, HouseTrip, Mediavacances... De nombreux sites permettent de louer votre résidence principale, le temps de vos absences, en postant une annonce. Aucune autorisation administrative n’est requise dès lors que vous louez moins de quatre mois par an. Cette limite ne s’applique pas si vous louez une ou deux chambres d’hôtes – jamais plus de cinq – dans votre logement. En revanche, vous devez déclarer cette activité en mairie.

Si le site ne s’en charge pas directement, vous devrez collecter la taxe de séjour sur les hébergements touristiques lorsque vous résidez dans une commune qui a instauré ce type de fiscalité (communes historiques, littorales ou de montagne, notamment) et la reverser à la mairie. Attention, les locataires ont besoin d’une autorisation écrite de sous-location de la part de leur bailleur, au risque de voir leur bail résilié.


Combien ça rapporte ? À titre d’exemple, un deux-pièces accueillant trois ou quatre personnes peut se louer autour de 130 euros la nuit à Paris ou 80 euros à Marseille. Afin de couvrir les frais de service, voire de paiement en ligne, soit l’annonce est payante (75 euros pour un an de parution chez Amivac, entre 89 et 129 euros chez Mediavacances), soit une commission est prélevée (3 % chez Airbnb ou HomeTrip, jusqu’à 8 % chez Abritel ou Homelidays). Seul Leboncoin ne prélève rien.


Louer un espace de stockage

Vous avez un garage, un grenier, une cave ? Vous pouvez les proposer à des particuliers, afin qu’ils y stockent leurs meubles ou leurs archives, en passant par les sites Costockage, Ouistock ou Jestocke. Pas question de signer un bail mais un simple contrat, « une sorte de CDD, précise Adam Levy-Zauberman, cofondateur du premier site. Il est assez flexible, d’une semaine à cinq mois, et renouvelable autant de fois que les parties le désirent ». Si vous êtes locataire de l’espace, vous devrez obtenir le feu vert du propriétaire.

Combien ça rapporte ? Entre 3 et 15 euros par mètre carré et par semaine selon l’espace de stockage, le lieu, l’importance de la demande et l’accessibilité. Sur costockage.fr, une commission de 15 % (assurance comprise) est payée par le locataire.

Vous avez un véhicule

Louer votre voiture

Au lieu de la laisser immobilisée de longues semaines au garage et de risquer des problèmes de déchargement de batterie ou de vol, louez votre voiture à des particuliers. Des sites, comme Ouicar, Deways, Drivy ou Koolicar, vous mettront en relation avec des candidats.

Combien ça rapporte ? C’est vous qui fixez le prix de la location en fonction du modèle, de son âge et de la période : à partir de 3 euros l’heure et de 10 euros la journée, sur lesquels le site prélève environ 30 % de frais, assurance comprise, pour ne pas mettre en cause votre responsabilité en cas de sinistre et ne pas écoper d’un malus à la place du locataire.

Effectuer des livraisons

Afin de rentabiliser vos trajets, Bbring4you, Cocolis, Dacopack, Colis-voiturage, Upick, etc. vous invitent à jouer ponctuellement les coursiers s’il reste de la place dans le coffre de votre véhicule, lors d’un trajet. La mise en relation entre expéditeur et transporteur est gratuite.

Combien ça rapporte ? Vous pourrez percevoir 70 euros pour le transport d’un vélo, 30 euros pour celui d’un ordinateur... Le site prélève sa commission sur l’expéditeur.

Vous avez un talent

Cuisiner

Les cordons-bleus peuvent préparer des petits plats et les proposer sur Platmaison ou Monvoisincuisine. Il suffit de respecter les chartes de qualité et d’hygiène des sites et d’indiquer ses dates de disponibilité.

« C’est un bon moyen pour les passionnés des fourneaux de tester leur talent de cuisinier auprès d’un vrai public, et pourquoi pas avant de se lancer dans un projet grandeur nature de restauration ? », souligne Guillaume Manca, cofondateur de Platmaison.

De son côté, Voulezvousdiner permet à des hôtes d’accueillir entre quatre et six personnes, le temps d’un repas. « Les participants étant souvent des touristes étrangers, mieux vaut savoir parler anglais », avertit Adrian Chautard, gestionnaire des réservations du site.

Combien ça rapporte ? Environ 5 à 7 euros pour une portion à emporter, 30 à 35 euros le repas chez vous. Il faut éventuellement déduire une commission pour les frais de paiement en ligne (5 % chez Platmaison, rien chez Monvoisincuisine ou Voulezvousdiner, car c’est le « client » qui paie des frais). Pour les plats à emporter, pensez au coût des contenants.

Bricoler

Changer un joint, le flotteur d’une chasse d’eau, fixer une tringle à rideau... Autant de tâches qu’en bricoleur avéré vous pouvez proposer sur frizbiz.com ou supermano.fr.

« On y trouve des étudiants, des retraités ou des passionnés qui travaillent ainsi trois à dix heures par mois. Ils effectuent des petits travaux qui n’intéressent pas les artisans. Pas besoin de créer son auto-entreprise si on se contente de quelques heures de bricolage par mois », souligne Augustin Hubert, responsable de la marque Supermano.

Combien ça rapporte ? Le tarif que vous appliquez vous revient entièrement (20 euros l’heure, par exemple). Les prix pratiqués sont environ moitié moins élevés que ceux des artisans. C’est le client qui paie la commission d’environ 20 %, assurance comprise.

Ce qu’il faut déclarer au fisc

Une instruction fiscale sur l’économie collaborative, publiée le 30 août dernier, rappelle que les revenus tirés des plateformes collaboratives sont dans leur très grande majorité soumis à l’impôt, qu’ils soient réguliers ou occasionnels. La seule exception tolérée à cette règle concerne les cas où vous bénéficiez vous aussi du service sans en tirer de bénéfice. Il faut alors se contenter de récupérer les frais directs réels engagés lors de la prestation, hors coûts d’acquisition ou d’entretien. Par frais, on entend :

  • le carburant et le péage pour le covoiturage ou le transport de colis ;
  • le carburant, la nourriture, les frais d’amarrage et la rémunération du personnel de bord pour le cobaturage ;
  • la nourriture et la boisson pour le cocooking.


À noter : les plateformes sont désormais tenues de vous communiquer, en janvier de chaque année, le volume d’affaires que vous avez réalisé et les revenus que vous avez perçus.