Ce que valent les smartphones à moins de 200 euros

Ce que valent les smartphones à moins de 200 euros
Seulement 14 % des Français sont prêts à dépenser plus de 250 euros pour l’achat d’un smartphone. - © Vectorig

Peut-on vraiment se fier à leurs performances ? Oui, à condition de bien identifier ses besoins et de tenir compte de quelques critères de base. Suivez le guide !

Seulement 14 % des Français sont prêts à dépenser plus de 250 euros pour l’achat d’un smartphone, selon une étude Prixtel-Ipsos de décembre 2015. Une donnée à mettre en parallèle avec l’arrivée sur le marché, en 2012, des forfaits mobiles à petit prix sans engagement ni téléphone subventionné par les opérateurs. Ces offres ont permis aux consommateurs de récupérer l’équivalent de 200 euros de pouvoir d’achat par an selon l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes). Elles ont favorisé également l’engouement pour les smartphones bon marché.

Pour qui sont-ils faits ?

57 % des smartphones vendus en 2015 ont été achetés à moins de 200 euros, selon l’institut GfK spécialisé dans les nouvelles technologies. Un chiffre qui révèle le large public auquel ils s’adressent : acheteurs aux budgets serrés, à la recherche d‘un bon rapport qualité-prix, d’une première acquisition, d’un terminal d’appoint, ou réfractaires aux marques qui font payer cher leurs investissements publicitaires.

C’est parfois aussi l’urgence qui mène à eux. Stéphanie, une Parisienne de 41 ans, après avoir brisé trois smartphones haut de gamme en moins d’un an et épuisé ses points de renouvellement chez son opérateur, s’est rabattue sur un appareil à moins de 150 euros : « Un Moto G acheté rapidement sur Internet, car je ne pouvais pas rester longtemps sans téléphone. »

Bilan après un an d’utilisation ? « Je ne lui trouve aucun point négatif : excellent rapport qualité-prix, bon appareil photo, pas de bugs et très bonne autonomie, explique-t-elle. Les smartphones à plus de 500 euros, c’est définitivement fini pour moi ! »

À quels usages sont-ils destinés ?

Trois à six fois moins onéreux que les haut de gamme, les smartphones bon marché permettent les mêmes usages courants : consulter ses mails, interagir sur les réseaux sociaux, surfer sur Internet, regarder des vidéos, prendre et partager des photos, etc. De plus, ils sont désormais une majorité à être compatibles avec la 4G et offrent des écrans généreux (de 4,5 à 5,5 pouces).

En revanche, ils font souvent l’impasse sur des fonctionnalités dernier cri, comme le chargement rapide, la puce NFC destinée aux paiements sans contact ou le capteur d’empreinte digitale qui sécurise l’appareil ou les paiements en ligne.

Petit prix, piètre qualité ?

Comment ces appareils peuvent-ils être si bon marché ? Comme ils sont tous assemblés en Asie (Chine, Vietnam...), où la main-d’œuvre est à bas coût, la source d’économie est plutôt à chercher du côté
 des composants (processeur, écran, etc.), qui ne sont pas de toute dernière génération ou qui relèvent d’une entrée de gamme. Par ailleurs, avec une demande soutenue pour ces smartphones accessibles, la concurrence s’est aiguisée, tirant les prix vers le bas. Aux côtés d’appareils d’entrée et de milieu de gamme des grands constructeurs, comme les coréens LG et Samsung, les taïwanais HTC et Acer ou les chinois Huawei, Lenovo (qui a racheté Motorola), ZTE ou TCL (qui a repris Alcatel), sont apparues de nouvelles marques spécialisées dans les smartphones à bas prix : Wiko, Archos, Honor, Meizu et, dernièrement, Echo ou encore Neffos.

Des points faibles à connaître

Disons-le clairement : ces smartphones ne sont pas parfaits. En acheter un sera donc une affaire de compromis. Par exemple, n’espérez pas de qualité photo équivalente à celle des smartphones haut de gamme. À de très rares exceptions près, leurs capteurs et logiciels de traitement d’image pèchent souvent par leur basse luminosité et ne restituent pas fidèlement couleurs et contrastes.

Autre défaut : la mémoire de stockage. Exprimée en gigaoctets (Go), elle est déjà grignotée par le système d’exploitation de l’appareil (Android majoritairement) et arrive vite à saturation avec la mise à jour des applications et le stockage de photos ou de titres musicaux.

Leur écran est aussi de qualité inégale, tout comme l’autonomie de leur batterie.

Enfin, certains smartphones à bas prix sont commercialisés avec des versions assez anciennes d’Android, alors que le système en est aujourd’hui à sa version 7.0 (Nougat, sur les haut de gamme uniquement). Fuyez les appareils sous KitKat (Android 4.4), dont la sécurité, les performances et les fonctionnalités sont dépassées.

Des caractéristiques à éplucher

Avant d’acheter son nouveau smartphone, Stéphane, Francilien de 47 ans, a compulsé les articles et comparatifs spécialisés en fonction de deux critères discriminants pour lui, la vitesse de l’appareil et la justesse des couleurs de l’écran. Il a jeté son dévolu sur un Honor 5C. « Du fait qu’il fonctionne avec Marshmallow, l’avant-dernière version d’Android, et compte tenu de ses performances, il ne devrait pas être obsolète trop vite. Il faut qu’il tienne quatre ans ! », espère-t-il.

En comparant les modèles afin de choisir un appareil endurant et au bon rapport qualité-prix, basez-vous sur quelques caractéristiques clés. Côté écran, pour un affichage net et détaillé, optez pour la haute définition (HD, 1 280 x 720 pixels) ou, mieux, la Full HD (1 920 x 1 080 pixels) qui équipe de nombreux modèles à partir de 150 euros.

Pour la rapidité, examinez la mémoire vive (RAM) : il en faut au minimum 1 Go. Quant au processeur, ne sélectionnez rien en dessous de 4 cœurs. Pour l’espace de stockage, fuyez les modèles offrant moins de 8 Go et préférez ceux permettant de l’étendre facilement et économiquement par l’ajout d’une carte mémoire (micro-SD). Quant aux capteurs photo, les fiches techniques offrent une information à nuancer : les mégapixels (Mpx). En effet, le rendu final des photos n’est pas proportionnel à leur nombre. Ici, rien ne vaut un test à effectuer sur le point de vente.

Enfin, l’autonomie est un élément important. Appuyez-vous sur la capacité de la batterie, exprimée en milliampères heure (mAh) et éliminez les appareils affichant moins de 2 000 mAh (une journée d’autonomie en utilisation normale).

Les stratégies pour bien s’équiper

Acheter cash un smartphone avec un budget très serré présente un inconvénient : en choisissant un modèle à moins de 100 euros, la déception peut être rapidement au rendez-vous en raison d’une configuration qui atteint vite ses limites. Pour vous équiper plus durablement, l’idéal est d’investir dans un modèle à partir de 130 euros et, pour un véritable saut qualitatif, autour de 200 euros. À ce budget, vous montez en gamme avec de solides appareils dont le prix a baissé avec le temps, comme le P9 Lite de Huawei, le Moto G4, le Samsung Galaxy J5 ou le Sony Xperia M4 Aqua passés sous la barre des 200 euros. Pour quelques dizaines d’euros de plus, vous accéderez à des appareils récents et plus musclés qui restent accessibles, comme l’Asus Zenphone 3 Max, l’Archos Diamond 2 plus ou le Wiko Ufeel Prime.

Pour bénéficier du meilleur prix, vous avez trois solutions :

  • les acheter neufs en étalant le règlement grâce au paiement en plusieurs fois sans frais proposé par Free, Bouygues Telecom, Sosh, Orange ou SFR ;
  • opter pour un téléphone de seconde main, d’occasion ou reconditionné, proposé par les grands revendeurs (Fnac, Darty, Amazon...), les opérateurs télécoms ou les spécialistes Recommerce.com, Magicrecycle.com ou Cashexpress.fr ;
  • reprendre un forfait avec engagement pour lisser l’achat de l’appareil.

Un forfait avec engagement pour monter en gamme

Les smartphones dont les prix s’échelonnent entre 350 et 450 euros offrent le confort et les fonctionnalités des appareils haut de gamme en étant au moins deux fois moins chers. Des aubaines pour petits budgets grâce aux forfaits avec engagement des opérateurs qui permettent de lisser le coût d’achat sur douze ou vingt-quatre mois.

Mais est-ce vraiment une bonne affaire ? Exemple avec le Honor 8 à 399 euros. En calculant son acquisition assortie d’un forfait illimité sur vingt-quatre mois, il vous en coûtera 1 180 euros sur deux ans chez Bouygues Telecom avec un forfait sensation 20 Go, contre 879 euros chez Free avec son forfait sans engagement à 19,99 euros par mois sur la même période. Soit un écart de 300 euros qui se vérifie avec de nombreux modèles ! Notre conseil ? Avant d’acheter, comparez toujours votre budget sur deux années, appareil et forfait compris.