Troquer ou échanger un service plutôt que payer

Troquer ou échanger un service plutôt que payer

Crise oblige, nous sommes de plus en plus nombreux à redécouvrir des solutions oubliées comme le troc ou l’échange de services. Partager au lieu de payer s’avère aussi plus écologique.

On connaissait déjà la colocation, le covoiturage ou le coworking (partage de bureaux). Désormais, certains se mettent à partager leur lave-linge, leur jardin ou leur savoir-faire. Nouvelle façon de consommer et de vivre ensemble, la « corévolution » se développe grâce aux réseaux sociaux et au Web participatif.

Les petits services ou l’échange de biens que l’on pratique entre voisins ou amis prennent une tout autre dimension lorsque l’offre est mise en ligne. Le système D est devenu un nouvel art de vivre et chacun y trouve son compte en faisant des économies et des rencontres.

Jardiner chez un voisin

Lancé en août 2011, le site Plantezcheznous compte déjà 1 500 adeptes partout en France. On peut aussi trouver un jardin à partager sur www.pretersonjardin.com ou sur http://lienelementerre.ouvaton.org.

Prêter son lave-linge

Si de nombreux propriétaires de lave-linge l’utilisent seulement une ou deux fois par semaine, d’autres en sont dépourvus, parce que leur appartement est trop petit, leur budget trop serré ou leur machine en panne. Il suffit donc de quelques clics pour aller faire sa lessive chez un voisin contre un apéro ou quelques euros (en moyenne 3 €).

Créé il y a deux ans, le site La Machine du voisin dispose de 2 200 machines en France. Le propriétaire du lave-linge fixe le prix qui va de la gratuité… à 5 € le lavage.

Déstocker ses objets inutiles

La rubrique « Troc » du site Radins.com existe depuis deux ans et a enregistré près de 160 000 transactions en tous genres. Le fonctionnement est simple. Après inscription, il suffit d’indiquer les objets que l’on souhaite échanger et de constituer une liste de vœux (« wish list » en langage de troqueur).

Deux possibilités s’offrent alors : attendre d’être contacté ou rechercher les articles qui vous intéressent et envoyer un courriel au propriétaire en proposant un échange. Après la transaction, les participants s’attribuent des notes, ce qui permet d’avoir un aperçu de la fiabilité des inscrits.

Radins.com enregistre 30 nouvelles annonces par jour et compte environ 13 000 trocs en cours.

On peut aussi procéder à des échanges d’objets sur www.gchangetout.com, www.pretachanger.fr, www.troc-entremamans.com ou www.consoglobe.com (cliquer sur Troc, don, location, entraide…).

Accorderie, SEL : échanger son savoir-faire

L’Accorderie est un nouveau système de solidarité et d’échange de services qui vient du Québec, où il fonctionne avec succès depuis une dizaine d’années. Une heure de service rendu équivaut à une heure de service reçu, quelles que soient la nature et la complexité de l’effort demandé.

L’aide ménagère vaut autant que le dépannage informatique ou le cours de chant. À l’origine, les accorderies devaient se nommer corderies, en référence à la corde qui relie un réseau de solidarité. Les membres, ou « accordeurs », s’échangent un éventail de 1 000 services différents, de l’accompagnement de personnes âgées ou handicapées au déménagement en passant par le repassage, l’initiation à l’origami, le gardiennage, les cours de cuisine, le transport ou la bureautique.

Dans les accorderies, les coups de main ont aussi pour but, au sein d’un quartier, de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale des personnes les plus fragilisées par la crise. Une fois inscrit auprès du responsable du bureau, chaque accordeur a accès à un réseau intranet sur lequel sont publiées les offres de services et les coordonnées des membres.

Les accordeurs entrent directement en contact les uns avec les autres.

Il existe aujourd’hui deux accorderies à Paris et à Chambéry et 750 inscrits qui ont échangé un total de 3 400 heures de coups de main. Quatre autres accorderies doivent ouvrir prochainement, trois à Paris et une à Die (Drôme).

Autre piste pour développer cette solidarité, le Système d’échange local (Sel) fonctionne un peu sur le même principe. La liste des Sel est disponible sur www.selidaire.org.

Organiser une « zone de gratuité »

Mieux que les vide-greniers, on voit émerger un peu partout en France des « zones de gratuité ». Il s’agit de marchés sans échanges marchands qui prennent place sur un bout de trottoir ou dans une salle associative.

Ils se déroulent de façon temporaire ou régulière, à l’initiative des habitants d’un quartier ou d’un village. Le jour dit, chacun propose gracieusement les objets dont il n’a plus l’usage. Ni troc, ni obligation de réciprocité, ni charité… juste du recyclage futé qui rend service à tout le monde.

Infos et adresses sur www.nonmarchand.org.