Tri des déchets : mode d'emploi

Tri des déchets : mode d'emploi

Il existe tant de conteneurs et de consignes à respecter que l'on finit par s'y perdre… Comprendre comment se déroule le recyclage permet d'adopter les bons gestes… et d'en réduire le coût.

Si le tri instauré voici une quinzaine d’années est entré dans les mœurs, il nous arrive encore de nous sentir perplexes devant nos poubelles. Les pots de yaourt vont-ils dans le conteneur des emballages ? Les mouchoirs jetables ont-ils leur place dans la poubelle des papiers ? Doit-on laver les boîtes de conserve avant de les jeter ? Et que faire des briques de lait ? Autant de règles qui se compliquent du fait que chaque commune a sa propre politique en matière de collecte : si l’une récupère le papier, une autre organisera plutôt la collecte du verre.

Pour ajouter à la confusion, la couleur des réceptacles varie aussi : Éco-Emballages, l’organisme chargé d’organiser le tri des déchets ménagers, a noté que les poubelles destinées aux emballages sont jaunes à 71 %, bleues à 16 % et vertes à 6 %… Quant aux bacs réservés au verre, ils sont… verts dans 56 % des cas seulement. « Nous militons pour une harmonisation à l’échelle nationale et européenne, pour permettre aux vacanciers comme aux touristes venus d’autres pays d’Europe de trier facilement leurs déchets », explique Éric Brac de La Perrière, directeur général d’Éco-Emballages.

Les emballages représentent 86 kg, soit environ 15 % des 590 kg de déchets produits par personne et par an. La poubelle qui les reçoit accueille les bouteilles et flacons en plastique, les boîtes de conserve vides, les boîtes et suremballages en carton, les briques alimentaires et même les gants de vaisselle ! En revanche, les pots de yaourt, barquettes en polystyrène, cartons souillés (boîtes pour pizzas) et autres films et sacs en plastique n’y ont pas leur place.

Papier, carton, verre : dans ma poubelle ?

Pour sa part, la poubelle des papiers recueille tous les journaux, prospectus, cahiers, cartons, boîtes à œufs en carton et briques alimentaires (lait, jus de fruits). Mais pas les mouchoirs en papier, essuie-tout, papier cadeau et enveloppes qui sont destinés à la poubelle classique. Après la collecte, les papiers sont malaxés jusqu’à revenir à l’état de pâte qui sera réutilisée pour produire papier ou carton. Mais à chaque recyclage, les fibres de cellulose se raccourcissent, si bien qu’au bout de six ou sept opérations, elles ne peuvent plus servir qu’à fabriquer du papier toilette ou des mouchoirs en papier.

Le verre, lui, est encore trop présent dans les poubelles d’ordures ménagères : environ 20 kg par an et par habitant. Dommage, car c’est un matériau qui se recycle à 100 % et à l’infini ! À l’Institut du verre, on explique qu’une bouteille ou un bocal en verre peut contenir jusqu’à 90 % de verre recyclé. Cependant, « aujourd’hui, seuls les bouteilles, bocaux, flacons et pots sont recyclés », précise Françoise Gandon, de l’Institut du verre.

Le cristal, les vitres, miroirs, ampoules, néons, halogènes et tous les objets en porcelaine ou en faïence n’ont pas leur place dans le bac à verre. Quant à la vaisselle en verre, elle est en réalité composée d’une forme de céramique transparente qui a besoin, pour fondre et être recyclée, d’une température beaucoup plus élevée que le verre de bouteille. Si le verre collecté est d’origine disparate, il ne pourra pas être réutilisé pour fabriquer de nouvelles bouteilles, mais pour faire des briques, de la fibre de verre, de l’abrasif, des perles, des revêtements routiers.

Recyclage : les conteneurs spécifiques de déchets

Les conteneurs se multiplient aussi hors des habitations : piles, ampoules basse consommation, seringues usagées, cartouches d’encre pour imprimante disposent toutes d'un réceptacle dans les supermarchés, les grandes surfaces spécialisées ou les mairies.
En outre, nous produisons entre 16 et 20 kg par an et par habitant de déchets d’équipements électriques et électroniques (réfrigérateurs, téléphones, ordinateurs…), indique l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Si vous remplacez un appareil, le vendeur est tenu de vous reprendre l’ancien. Sinon, il faut l’apporter à la déchetterie. Éco-systèmes, chargé de la collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques, en a récupéré 311 000 tonnes en 2010, soit 6,5 kg par habitant et par an. « Une augmentation de 12 % par rapport à 2009, se félicite l’éco-organisme. Ce sont 82 % qui ont été valorisés sous forme de nouvelles matières premières et 5 % en énergie ; la collecte des appareils électriques usagés constitue donc un véritable gisement de matière première. »

Trop d’erreurs de tri en France

En dépit de ces efforts de tri, « il y a encore 23 % d’erreurs de tri en France, remarque Éric Brac de La Perrière, directeur général d’Éco-Emballages. C’est pourquoi nous incitons les collectivités locales à recruter des ambassadeurs de tri avec pour mission d’expliquer les consignes de tri aux habitants. Et ça marche : après leur passage, les erreurs de tri diminuent de moitié. » Une démarche importante, car des poubelles mal triées peuvent être refusées par les ripeurs - éboueurs travaillant à l’arrière des bennes -, qui les laissent sur le trottoir. « Si le tri est bien fait, les coûts de la collecte baissent de manière significative (jusqu’à 50 %) pour la collectivité », confirme Éric Brac de La Perrière. Aujourd’hui, 63 % des emballages ménagers sont triés et recyclés. L’objectif est d’atteindre 75 % en 2012.


Mais le recyclage ne fait pas tout. « Il ne faut pas produire toujours plus de déchets sous prétexte qu’ils sont recyclables », explique-t-on au Centre national d’information indépendante sur les déchets, qui précise que 99 % des ressources prélevées dans la nature deviennent des déchets en 42 jours. Sur ce point, le meilleur déchet reste celui… qu’on ne produit pas !

Recycler les médicaments

Les médicaments ne doivent pas finir dans la poubelle, les substances qu’ils contiennent risquant de polluer les nappes phréatiques et les cours d’eau. Un décret de 2009 oblige les pharmacies à les récupérer gratuitement. Ils sont collectés et triés par les laboratoires qui les incinèrent. En 2008, sur 170 000 tonnes de déchets potentiels dans ce domaine, 12 500 tonnes ont été collectées.

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