Transports : se déplacer écolo

Transports : se déplacer écolo

Opter pour un moyen de transport plus propre permet de minimiser les conséquences des déplacements sur l’environnement. Ceux qui n’ont pas d’alternative à la voiture peuvent, eux aussi, réduire leur empreinte écologique.

Les émissions de gaz à effet de serre

Qualifiée par certains d’"usine à gaz", la taxe carbone ne verra sûrement pas le jour de sitôt. Destinée à frapper au portefeuille les consommateurs de combustibles fossiles en appliquant le principe, déjà utilisé dans d’autres circonstances, du "pollueur-payeur", elle devra attendre un hypothétique consensus européen… Les préoccupations environnementales n’ont pas disparu pour autant. Et, parmi elles, le réchauffement climatique et sa cause principale, les émissions de gaz à effet de serre (GES).

"L’effet de serre est un phénomène naturel qui permet la vie sur la Terre, expliquent les chercheurs

de l’Ademe. En effet, plusieurs gaz forment autour de notre planète une barrière permettant de retenir la chaleur apportée par le Soleil et qui, sinon, serait renvoyée vers l’espace (c’est ce même effet de serre que les jardiniers connaissent bien). Sans cette barrière, la température avoisinerait les – 18 °C à la surface du globe, ce qui rendrait toute vie impossible. Grâce à eux, la température moyenne s’établit à + 15 °C."

Mais voilà, notre mode de vie engendre des émissions de GES additionnels (ces gaz produits qui ne sont pas recyclés). Ils s’accumulent dans l’atmosphère, retiennent davantage de chaleur et sont à l’origine d’une augmentation de la température moyenne dont les conséquences sur le dérèglement climatique sont reconnues par la plupart des scientifiques. Nous pouvons tous agir à notre niveau pour réduire notre part d’émissions, en baissant le chauffage, en utilisant des appareils économes en énergie, en consommant local et en repensant nos façons de nous déplacer.

Les transports, responsables d’un quart des émissions

Car les transports sont à l’origine d’environ 15 % des émissions mondiales de GES. En France, ils représentent 26 % du total, plus que l’habitat ou l’agriculture (19 %) ou l’industrie (20 %). Les GES émis par les transports ont augmenté de 20 % depuis 1990, et encore il ne s’agit que des émissions "primaires". Il faudrait y ajouter les activités provenant du raffinage des carburants, de la construction des véhicules, de la réalisation et de l’entretien des routes et, enfin, du recyclage des déchets automobiles.

Dans notre pays, plus de la moitié de ces émissions sont dues aux voitures. Encouragés par les aides mises en place (bonus-malus écologique, prime à la casse), les constructeurs ont fait beaucoup d’efforts pour diminuer les rejets. Ainsi, en 2007, les émissions moyennes des véhicules neufs vendus en France atteignaient 149 g de CO2 par kilomètre. Reste aux conducteurs à adopter des comportements de conduite qui leur permettront de se rapprocher de ces valeurs théoriques…

Le palmarès des déplacements

Classement des moyens de transport en fonction des émissions de gaz à effet de serre (en équivalent

CO2 au km/personne avec un taux de remplissage moyen) :
- 0 g pour un vélo, une trottinette, un marcheur ;
- 3 g pour un usager de RER, métro, tramway ;
- 8 g pour un aller Paris-Marseille en TGV ;
- 87 g pour une moto moyenne ;
- 107 g pour un bus ;
- 195 g pour une voiture moyenne (avec climatisation) ;
- 450 g pour un trajet en avion (moyen courrier).

Mieux utiliser sa voiture

Parfois, il arrive que ni le vélo, ni la marche, ni les transports en commun ne puissent remplacer la voiture. C’est le cas, par exemple, pour aller faire des courses ou pour transporter de jeunes enfants. Autant l’utiliser au mieux.

En effectuant périodiquement certains réglages (filtre à air, carburation, pression des pneus, climatisation), on diminue la consommation de carburant. Et une voiture qui consomme moins émet moins de GES : un sous-gonflage de 0,5 bar, par exemple, peut entraîner une surconsommation de 2,5 %.

De plus, le poids et la prise au vent ont une incidence sur la consommation. Ainsi, il vaut mieux ôter la galerie du toit du véhicule quand son utilisation n’est pas impérative.

Par ailleurs, lors de l’achat d’une voiture, prendre garde à la consommation de carburant. On peut consulter le palmarès de l’Ademe des véhicules particuliers les moins émetteurs de CO2

(www.ademe.fr) ou le Top Ten du WWF (www.guide-topten.com).

Rouler à l’économie

La vitesse excessive et la conduite "sportive" sont aussi très pénalisantes : une voiture moyenne qui roule à 130 km/h consomme 1 litre de carburant de plus aux 100 km qu’un véhicule roulant 10 km/h moins vite. Et le conducteur qui démarre en trombe, freine violemment et utilise ses rapports de vitesse à mauvais escient accroît sa consommation dans une proportion non négligeable : jusqu’à 40 %.

Il faut aussi éviter les petits trajets. Moteur froid, un véhicule émet deux fois plus de CO2 sur le premier kilomètre.

On doit, quand c’est possible, choisir la meilleure période pour utiliser sa voiture. Sur Internet, des outils permettent d’éviter les bouchons (www.bison-fute.equipement.gouv.fr).

Être bloqué dans les embouteillages, c’est voir sa consommation doubler (jusqu’à 16 l/100 km pour une voiture de gamme moyenne, par exemple).

Autopartage et covoiturage

Ceux qui ont besoin d’une voiture en ville ou pour de petits déplacements peuvent opter pour l’autopartage : moyennant un abonnement et une location, généralement au kilomètre parcouru, un véhicule est immédiatement disponible pour une courte durée, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.

Pour tous les jours ou pour certains trajets, le covoiturage peut être une bonne solution. Avec Internet, la mise en commun de sa voiture sur un trajet donné est facilitée. Le covoiturage permet de se regrouper à plusieurs et de partager les frais de transport. Ce peut être le cas sur des trajets récurrents (domicile-travail, par exemple) mais aussi pour des déplacements exceptionnels. Plusieurs sites Internet (www.covoiturage.com, www.easycovoiturage.com, etc.) proposent gratuitement ce service.

Choisir un autre mode de déplacement

La marche à pied. C’est le moyen idéal pour couvrir de petites distances (il faut un quart d’heure pour faire 1 km) : c’est gratuit, c’est bon pour le mental, le cœur et les artères, et cela supprime le stress de la recherche d’une place de parking.

La bicyclette. Rapide, non polluant, pas cher, c’est le moyen de déplacement le plus rapide en ville sur des distances inférieures à 6 km. D’autant que de plus en plus d’agglomérations ont mis en place des systèmes de "vélostations" au tarif très avantageux. On prend un vélo au point de départ et on le dépose à une station proche du point d’arrivée (c’est le cas de Lyon avec Vélo’v ou de Paris avec Vélib, par exemple).

Les possibilités offertes par le vélo à assistance électrique séduiront les plus réticents. Plus besoin d’être un grand sportif : un moteur électrique alimenté par une batterie rechargeable apporte une aide opportune au moment de franchir les côtes les plus raides.

Les transports en commun. Malgré le problème des heures de pointe, les transports en commun doivent être privilégiés quand il s’agit de parcourir des distances plus grandes. Un bus transporte autant de passagers que quarante à cinquante voitures. Et les formules d’abonnement en font un moyen de déplacement beaucoup moins onéreux que la voiture. Sans parler de la régularité apportée par le tram ou le métro.