Tout savoir sur les étiquettes des produits alimentaires

Tout savoir sur les étiquettes des produits alimentaires

Ingrédients, indications nutritionnelles, "pauvre en graisses" ou "enrichi en fer"… les étiquettes présentent tout ce qu’il faut savoir du produit. Et même plus…

Véritable guide d’achat, l’emballage d’un aliment contient les informations à connaître depuis qu’un décret de 1984 lui demande de répondre aux questions de base : ce qui le compose et jusqu’à quelle date il peut être consommé.

Première question : quel est ce produit ? Céréales, épinards surgelés ou tomates en conserve…, la dénomination doit être suffisamment précise pour permettre de déterminer la nature réelle du produit et le traitement subi : concentration, pasteurisation, lyophilisation, congélation, etc. (décret n° 84-1147du 7 décembre 1984 et article R. 112-14 du Code de la consommation)

La composition du produit

Les ingrédients sont énumérés par ordre décroissant de poids hors emballage. Ainsi, pour une sauce tomate, on peut lire : pulpe de tomate avec morceaux et purée de tomate à base de concentré (86 %), oignon, basilic (2,8 %), sucre, sel, amidon transformé de maïs, huile de tournesol, ail, extraits d’épices, affermissant (chlorure de sodium), et la quantité nette de produit, hors emballage, soit 250 g. La lettre "e" qui suit l’unité de poids est un signe de conformité métrologique : le professionnel a déclaré s’être assuré, pour chaque lot, que la quantité moyenne du produit dans chaque emballage était correcte.

Les additifs qui améliorent l’apparence, la saveur, la consistance ou la conservation des aliments doivent être désignés sous le nom de leur catégorie, suivi de leur symbole européen (antioxydant E300) ou sous leur nom spécifique (acide ascorbique). Dans l’Union européenne, seuls les additifs inscrits sur une liste ad hoc et ayant fait l’objet de tests médicaux sont autorisés dans l’industrie alimentaire.

Date limite de consommation ou d’utilisation ?

Le décret prévoit que le nom et l’adresse d’un responsable (fabricant, conditionneur ou vendeur) sont obligatoirement précisés sur l’étiquette. Celle-ci mentionne ensuite, en fonction de la fragilité du produit, une date limite de consommation (DLC) ou une date limite d’utilisation optimale (DLUO).

La première précise le jour jusqu’auquel la denrée conserve ses propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées. Au-delà, elle peut avoir été altérée et, après une courte période, présenter un danger immédiat pour la santé. La seconde permet de savoir jusqu’à quand le produit conserve ses qualités gustatives ; au-delà, il n’est pas nocif, mais il peut être moins agréable.

Entre l’obligatoire et le nécessaire

De multiples réglementations propres à certaines catégories de produits s’ajoutent à ces indications ; elles sont elles aussi obligatoires. Il s’agit de la quantité d’un ingrédient cité dans une dénomination de vente (quantité de truffe pour un pâté aux truffes, par exemple), de l’origine lorsque son omission crée une confusion sur la véritable provenance du produit (petits pains suédois fabriqués en France, par exemple), ou du degré pour les boissons titrant plus d’1,2 % d’alcool.

Sont considérées comme "sans alcool" les boisons non fermentées ou qui ne comportent pas, à la suite d’un début de fermentation, de traces d’alcool supérieures à 1,2 % (vol.). Les jus de pomme et les bières sans alcool ne sont pas concernés par cette réglementation ; le cidre, qui titre entre 3 et 5°, et les "prémix" en font partie.

D’autres informations figurent de manière facultative sur l’emballage. Elles apportent des réponses plus ou moins fiables à d’autres questions de nature plus qualitative.

S’agit-il d’un produit "équilibré" ?

L’étiquetage nutritionnel que l’on retrouve sur la plupart des denrées n’est obligatoire que pour celles qui comportent des allégations nutritionnelles ou de santé ("allégé en…"). Ce qui y figure est réglementé et se présente toujours sous la forme d’un tableau qui fait ressortir les valeurs moyennes pour une portion, 100 g ou 100 ml de produit.

On y trouve :

  • la valeur énergétique en kilocalories (dit indifféremment kilocalorie ou Calorie) ou en kilojoules, de moins en moins utilisés (1 Calorie = 4,18 kJ) ;
  • la teneur en nutriments de base (protéines, glucides, lipides) ;
  • les vitamines et minéraux.

L’origine du produit

Ensuite, on aime savoir comment cet aliment a été fabriqué et quel est son terroir. Plusieurs labels, qui répondent à un cahier des charges précis et contrôlé par un organisme certificateur indépendant, parlent de terroir et de mode de fabrication. L’appellation d’origine contrôlée (AOC) implique ainsi un produit issu d’un lieu précis de production, fabriqué selon un savoir-faire traditionnel. On la retrouve en particulier sur les vins et les fromages. Son homologue européenne est l’attestation d’origine protégée (AOP).

Autre signe européen, l’indication géographique protégée (IGP) garantit un aliment produit, transformé ou élaboré sur un terroir déterminé. On peut aussi rencontrer un petit logo "critères qualité certifiés" qui apporte l’assurance d’un mode d’élevage, de production ou de fabrication particulier.

La "spécialité traditionnelle garantie" vise un produit issu d’un mode de fabrication traditionnel, sans obligation de zone géographique particulière. Le plus souvent, il s’agit d’une recette, consignée dans le cahier des charges. Enfin, le label Rouge signale un produit d’une qualité supérieure grâce à un mode de fabrication encadré.

Avec ou sans OGM ?

Objet de controverse, la présence ou pas d’organismes génétiquement modifiés (OGM) devient une information essentielle, tout comme la façon de cultiver les produits.

Les deux lettres "AB" garantissent des aliments composés d’ingrédients issus de l’agriculture biologique respectueuse de l’environnement. Ce label est délivré par un organisme certificateur agréé par le ministère de l’Agriculture. L’équivalent européen du label AB est un épi de blé entouré d’étoiles. Plus bio que bio, on trouve aussi les produits estampillés Nature et Progrès, qui répondent à un cahier des charges plus strict que celui du label AB (certifié par Certipaq, un organisme agréé par l’INAO et accrédité par le Cofrac).

Si les produits bio sont 100 % sans OGM, il n’en va pas de même pour les autres. En effet, l’étiquetage n’est obligatoire que pour ceux dont la teneur en OGM est supérieure à 0,9 %. Dans ce cas, toutes les substances provenant d’OGM doivent figurer dans les ingrédients, avec la mention "génétiquement modifié".

Autre préoccupation dans l’air du temps, les conditions de travail et de vie des petits producteurs des pays défavorisés. Faire une bonne action tout en faisant ses courses, c’est tentant. Acheter un "produit équitable" est une façon concrète d’y contribuer. Le label Max Havelaar répond à un cahier des charges international et fait l’objet d’un contrôle rigoureux. D’autres mentions sont également fiables, comme le label Bio équitable et les marques Artisans du Monde et Alter Eco.

Support de publicité

Manger n’est pas un acte médical comme certains fabricants aimeraient nous le faire croire. Aussi les règles communautaires imposent-elles que toutes les allégations nutritionnelles ou de santé figurant sur les emballages soient fondées sur des études scientifiques. C’est ainsi que "riche en fibres" signifie la même chose dans tous les pays de l’Union européenne : au moins 6 g de fibres par 100 g.

N’oublions pas, par ailleurs, que l’étiquette est un support publicitaire privilégié pour toutes sortes d’affirmations. Certaines précisions, sans être fausses, n’ont aucune valeur ou prêtent à confusion. Ainsi, le poulet "fermier" n’est pas élevé à la ferme, mais en hangar avec un peu plus de place qu’un poulet de batterie.

La mention "naturel" que l’on aurait tendance à associer au bio signifie issu directement de la nature ou n’ayant subi qu’un traitement léger. Un aliment "élu produit de l’année" n’a pas été testé, c’est son emballage ou son utilisation qui l’a été, et ce… sur dossier. Quant au jambon d’Aoste, que l’on prend pour un petit cousin du parme, c’est un vrai produit de chez nous, sorti directement de l’usine d’Aoste, dans l’Isère !

Pour en savoir plus

Commission de la sécurité des consommateurs

Donne toute information concernant la sécurité.

www.securiteconso.org

Comité français d’accréditation

Il atteste la compétence et l’impartialité des organismes accrédités en charge des certifications.

www.cofrac.fr

Comité français de l’étiquetage pour l’entretien des textiles

Pour mieux comprendre l’entretien des textiles.

www.cofreet.com

Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes

www.dgccrf.bercy.gouv.fr

Institut national de l’origine et de la qualité

Organisme qui informe sur les labels de qualité officiellement reconnus :

AB (agriculture biologique), AOC (appellation d’origine contrôlée), AOP (appellation d’origine protégée), STG (spécialité traditionnelle garantie), IGP (indication géographique protégée) ou label Rouge.

www.inao.gouv.fr