S’assurer au plus près de ses besoins

S’assurer au plus près de ses besoins

Titulaires de différents contrats destinés à couvrir les dommages causés aux biens et à indemniser les victimes d’un accident, nous sommes souvent surassurés, tout en étant parfois mal couverts. Voici comment mieux s'assurer.

Le logement, la voiture, les lunettes, le cartable des enfants, le téléphone mobile, les accidents de la vie, on peut tout assurer et contre toutes sortes de dommages : casse, perte ou vol pour les objets, invalidité ou disparition pour les personnes, etc.

Et les garanties proposées par les contrats épousent l’évolution des modes de vie et de consommation. Si la loi qui a posé la première réglementation des contrats d’assurance date du 13 juillet 1930, le besoin de s’assurer – c’est-à-dire de répartir les risques de perte entre un nombre important de personnes – remonte à… l’Antiquité.

Aujourd’hui, quand bien même la loi n’y obligerait pas, il ne viendrait à l’idée d’aucune personne sensée de se passer d’une garantie des dégâts causés aux biens ou d’une indemnisation des dommages corporels. C’est pourquoi, afin de protéger sa sécurité et sa tranquillité, chaque famille conclut bien plus d’un contrat.

Mais Johanna Ferrer, juriste à l’Institut national de la consommation (INC), met en garde contre les dangers de la malassurance : "Méfiez-vous des contrats qui, pour mieux attirer de nouveaux clients, annoncent une multitude de protections et de services annexes. Vérifiez que ces services ne se paient pas par des exclusions, des franchises et des plafonds de garantie moins avantageux, qui réduisent l’intérêt de la convention. Enfin, avant de souscrire une nouvelle couverture, autant vérifier qu’on ne la possède pas déjà. L’important consiste à s’assurer juste, sans sous-estimer le risque à garantir ou, à l’inverse, le couvrir plusieurs fois."

Traquer les doublons

Rien ne sert de cumuler les contrats pour un même bien et des risques similaires. Par exemple, avant de souscrire une assurance-rapatriement, mieux vaut vérifier que la multirisque habitation, le contrat automobile ou tout simplement l’utilisation de la carte bancaire n’offre pas déjà cette prestation.

Il en va de même lorsqu’on loue une voiture. Les cartes Premier ou Gold couvrent les véhicules de location contre le vol ou les dommages, sans franchise. Les automobilistes qui règlent leur location avec une carte bancaire dotée de cette garantie n’ont donc pas besoin de souscrire les assurances complémentaires du loueur.

Quant à l’assurance scolaire de l’école qui ne couvrirait que les dommages matériels et corporels que les enfants causeraient à des tierces personnes, elle aurait de fortes chances de doublonner avec la responsabilité civile du chef de famille comprise dans la multirisque habitation. Surtout si cette dernière comporte un volet extrascolaire.

Évaluer correctement ses risques

Quand on signe un contrat, on trouve tous la note élevée et la tentation est grande de limiter les garanties souscrites, pour réduire la facture. Ce serait oublier qu’en cas de sinistre, au moment du dédommagement, on regrette rarement d’avoir opté pour la couverture la plus haute.

Une omission, une inexactitude, et le contrat ne garantit pas suffisamment, ou pire, devient caduc. Ainsi, quand un enfant vient d’obtenir son permis, il est dangereux de ne pas avertir son assureur qu’il conduira la voiture familiale, même si la prime risque d’augmenter. Car sans cette précaution, une importante franchise risque de réduire la couverture de l’assurance dommages.

En ce qui concerne la multirisque habitation, il est prudent de réviser à intervalles réguliers le montant des capitaux assurés. En effet, plus on acquiert de mobilier, et plus le coût d’un sinistre (dégât des eaux, vol, incendie) risque de s’alourdir. Sans la précaution d’une mise à jour, l’indemnisation, calculée sur la déclaration d’origine, se révélera insuffisante pour reconstruire son cadre de vie.

Se faire expliquer les clauses

Une fois le niveau de protection défini avec son assureur, celui-ci établit un contrat qui contient des conditions générales (exécution et cessation du contrat, obligations des deux parties) et des conditions particulières. Ces dernières détaillent les biens garantis (ou le nom des personnes assurées), la durée du contrat, le montant de la première prime, l’échéance de la prochaine cotisation, etc.

Aussi fastidieuse qu’en soit la lecture, mieux vaut ne pas brûler cette étape. Les assureurs font d’ailleurs des efforts pour rendre l’exercice moins ardu, en optant pour des caractères plus lisibles et en insérant souvent un lexique expliquant les termes techniques.

En cas de doute, il ne faut pas hésiter à se tourner vers l’assureur pour se faire expliquer une clause restée obscure, notamment si elle concerne les circonstances ou les dommages qui ne sont pas pris en charge, des franchises (la part restant à la charge de l’assuré), un délai de carence quand la couverture ne produit ses effets que plusieurs mois après la signature de la police (pour certaines prestations des complémentaires santé, ou de protection juridique).