Randonnée, camping : une liberté encadrée

Randonnée, camping : une liberté encadrée

Que ce soit pour une simple balade en famille ou pour une excursion de plusieurs jours, les randonneurs ne sont pas toujours les bienvenus partout… Et les campeurs qui choisissent le terrain de leurs rêves ont le droit de passer des vacances tranquilles.

La randonnée a le vent en poupe et séduit de plus en plus de Français. Selon une enquête réalisée en 2007 par l’Observatoire du sport FPS-Ipsos, ils seraient 9,9 millions à déclarer la pratiquer régulièrement, ce qui lui donne la quatrième position, juste devant les aficionados du football.

Chemins publics et privés : les droits diffèrent

S’il existe toujours un sentier pour contempler de beaux paysages, encore faut-il être sûr d’avoir le droit de l’emprunter. Les chemins ne sont pas tous utilisables, tout dépend de leur statut. Les chemins publics sont en principe ouverts, mais un arrêté municipal ou préfectoral peut en interdire provisoirement l’accès pour une raison précise, dont le motif doit figurer sur un panneau d’affichage apposé à l’entrée de la voie (en été, par exemple, l’accès à certains chemins forestiers du Luberon n’est autorisé que de 6 heures à 11 heures, à cause des risques d’incendie).

Depuis 1953, les chemins publics se partagent en deux catégories : les chemins ruraux, du domaine privé des communes - malheureusement parfois laissés à l’abandon, car plus guère utilisés, voire parfois annexés par les propriétaires voisins peu scrupuleux -, et les chemins communaux, généralement carrossables, et qui relèvent de la puissance publique.

Tous les autres domaines - la terre, les prés, les bois, etc. - appartiennent toujours à quelqu’un ! Se promener sur un chemin signalé comme privé ou traverser le champ d’un agriculteur n’est pas permis sans l’accord de son propriétaire. Le ramassage, au passage, de fleurs, de champignons ou même de quelques brindilles de bois mort n’est pas non plus autorisé. Ce serait courir le risque de tomber sur un propriétaire excédé, qui est en droit de porter plainte à la gendarmerie pour violation de domicile et vol !

Forêt privée, défense d’entrer

Toutes les voies forestières ne sont pas non plus accessibles aux promeneurs. Les forêts privées représentent 70 % de la surface forestière française, et la plupart des propriétaires choisissent purement et simplement d’en interdire l’accès. Ils l’indiquent en général par un panneau "Forêt privée, défense d’entrer" et ils installent au départ du sentier une barrière ou une clôture. Il en va de même le long d’un cours d’eau privé. Le propriétaire n’est absolument pas obligé de laisser aux randonneurs la possibilité de le longer à pied.

Voilà pourquoi emprunter les sentiers balisés, c’est l’assurance de marcher sur des chemins conçus et entretenus pour accueillir du public. Et si certains d’entre eux traversent des propriétés privées, c’est que les propriétaires ont accordé les droits de passage. Le balisage peut être matérialisé par des marques de peinture sur des arbres, des murs, des panneaux ou encore des poteaux. L’entretien et le balisage de ces chemins peuvent être placés sous la responsabilité de la commune, mais ils sont le plus souvent gérés par la Fédération française de randonnée pédestre (FFRP).

Propriété de l’État, les forêts domaniales ne sont quant à elles accessibles que dans des conditions fixées par l’Office national des forêts (ONF), gestionnaire de ces espaces. Ainsi, l’ONF peut interdire l’accès de certains chemins ou secteurs pour des raisons de sécurité (par exemple, risque de chutes d’arbres), ou d’exploitation de la forêt. Il est donc conseillé de suivre le balisage de près, car les agents de l’ONF sont habilités à verbaliser selon les règles de droit commun : camper "sans l’accord du propriétaire" ou piétiner des terres "ensemencées ou non récoltées" fait courir le risque d’une amende de cinquième classe (1 500 €).

Préserver la flore

Depuis 1976, l’accès au littoral fait l’objet d’une servitude de passage, mieux connue sous le nom de "chemin des douaniers". Elle est destinée à permettre aux piétons de se promener le long du rivage ou d’accéder à la plage aux endroits où le bord de mer ne comporte pas de voie publique. En principe, cette servitude porte sur une bande de 3 m de large au maximum, calculée entre la limite de propriété et celle des plus hautes eaux quand la mer longe ces côtes.

Afin de préserver la faune et la flore littorales, l’utilisation de 4 x 4, VTT, vélos, motos et autres quads est interdite, ainsi que la pratique de l’équitation. En cas d’infraction, le contrevenant risque une amende de 750 €. En revanche, poussettes et fauteuils roulants sont autorisés sous réserve que la topographie du terrain le permette.

Camping : un classement par étoile

Les amateurs de vacances sous la tente ont le choix entre de simples sites naturels et des installations présentant un confort et des services dignes d’un club de vacances. Mais, quelle que soit la catégorie du camping, campeurs et professionnels doivent respecter les mêmes règles.

Les campings sont classés par la préfecture du département, après avis de la commission départementale d’action touristique. On leur attribue des étoiles, qui renseignent sur la quantité des services fournis et non sur leur qualité. Suivant le nombre de ces étoiles, le campeur trouvera donc plus ou moins de douches, de branchements électriques, de points d’eau chaude… Elles informent également sur la superficie des emplacements (pas moins de 70 m2 pour un terrain une ou deux étoiles, et 80 m2 pour un trois ou quatre étoiles).

Pour décrocher les meilleurs emplacements, certains campeurs préfèrent réserver leur place des mois à l’avance. L’usage veut qu’ils versent, à cette occasion, 25 % du prix total du séjour. Bien que cette pratique ne soit pas réglementée, il est prudent de ne pas payer davantage et d’exiger un reçu. Enfin, à l’arrivée sur le site, le professionnel peut réclamer le paiement de la totalité du séjour.

Litiges : connaître les règles du jeu

Des promesses de confort ou de services non tenues justifient que l’on réclame le remboursement des avances effectuées. Un gestionnaire de camping qui fait miroiter dans ses dépliants ou sur son site Internet une piscine qui se révèle vide, voire en travaux, et donc inutilisable ou un miniclub qui n’est pas opérationnel encourt des sanctions pour publicité mensongère. Durant le séjour, si les douches sont impraticables ou si les poubelles débordent, il faut se plaindre auprès de la personne responsable des lieux. Si cette démarche reste sans effet, il faut se rendre à la mairie pour qu’elle intervienne. Un camping qui ne répond pas aux normes d’hygiène et de sécurité peut être fermé.

Quand ces difficultés ont pour conséquence un raccourcissement de la durée des vacances, il faut exiger la restitution intégrale des sommes qui correspondent à la partie de séjour non effectuée. Une fois dans les lieux, les campeurs sont soumis aux dispositions du règlement intérieur, qui peut interdire l’accès des chiens, proscrire l’usage des barbecues, imposer des limitations de circulation des véhicules de 22 heures à 7 heures… Si le règlement n’est pas affiché à l’entrée du terrain, il est en principe consultable au bureau d’accueil.

Une rando, pas un bivouac !

Pas question de planter une tente sur une plage, dans un bois, une forêt… Les terrains publics sont interdits aux campeurs. Et l’installation d’une tente sur un terrain privé ne saurait se faire sans l’autorisation du propriétaire.

Ce n’est pas parce que le calme d’un sentier semble propice que l’on peut y prendre racine. Le stationnement prolongé et plus encore l’installation d’une tente pour passer la nuit sont strictement prohibés. Dans le même ordre d’idée, il est interdit d’allumer un feu !

Le randonneur qui traverse un chemin privé avec l’accord de son propriétaire est invité à rester discret. Il faut éviter de laisser des traces de son passage, et toujours prendre soin de refermer clôtures et barrières. Bien entendu, les chiens doivent être tenus en laisse pour ne pas déranger les animaux domestiques et les troupeaux.

Plus d’infos

Fédération française des associations de clubs de camping-car

Tél : 01 45 58 57 86

Web : www.ffaccc.fr

Fédération française de camping et de caravaning

Tél : 01 42 72 84 08

Web : www.ffcc.fr

Fédération française de randonnée pédestre

64 rue du Dessous-des-Berges, 75013 Paris

Tél. : 01 44 89 93 93

Web : www.ffrandonnee.fr

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