Que faire de ses textiles usagés ?

Que faire de ses textiles usagés ?

Vous souhaitez vous débarrasser des vêtements que vous ne portez plus, de votre linge de maison abîmé ou des chaussures de vos enfants ? Pensez à utiliser les filières de récupération des produits textiles ou en cuir.

Nous renouvelons la garde-robe familiale et le linge de maison plus souvent que ne le faisaient nos grands-parents. Et pour leur trouver de la place, nous vidons régulièrement nos armoires.

Ainsi, tous les ans, chaque Français se sépare d’environ 12 kg d’habits, de draps, de nappes, de serviettes de toilette mais aussi de chaussures ou de sacs usagés ou démodés, soit environ 700 000 tonnes par an !

La collecte, un secteur en plein développement

Seules 120 000 tonnes sont traitées, le reste finit à la poubelle. Pourtant, la collecte, le tri et la récupération des vieux textiles constituent un secteur économique en plein développement avec plus de 5 000 emplois directs, dont le tiers dans les entreprises d'insertion.

Une contribution environnementale

Afin de favoriser le traitement de ces déchets, une contribution environnementale comprise entre 0,001 et 0,4 € portant sur chaque article textile (habillement, chaussure ou linge de maison) vient d’être mise en place.

Payée par les fabricants et les importateurs, inévitablement répercutée sur les consommateurs même de façon indolore, l’éco contribution collectée par la société Éco Tlc (arrêté du 17 mars 2009, J.O. du 25) est reversée aux opérateurs de tri et aux collectivités locales qui mettent en œuvre la collecte des textiles.

Lorsque la collecte sélective existe, la poubelle réservée aux cartons, papiers et autres emballages en plastique n’est pas destinée à recevoir les textiles. Pour effectuer un geste utile, voire solidaire, vous devez passer par un circuit de distribution dédié.

Des collectes organisées par des sociétés privées et caritatives

Les principales organisations caritatives, comme Emmaüs, la Croix-Rouge, le Secours catholique, le Secours populaire ou - à une moindre échelle - l’Association des paralysés de France, organisent la collecte de vêtements depuis de nombreuses années. Renseignez-vous auprès de votre mairie pour connaître celles qui opèrent sur le territoire de votre commune ainsi que l’emplacement de leurs conteneurs.

Des sociétés privées mettent aussi leurs propres conteneurs à disposition, comme Écotextile, créée en 1957, qui travaille en partenariat avec le WWF et l’Association des paralysés de France.

Les dons traités par des bénévoles

"Il y a aujourd’hui un tel gisement de textiles que les particuliers sont demandeurs de points de collecte, qu’ils soient au nom d’une association ou d’une entreprise. Avec 3 000 conteneurs disposés dans une quarantaine de départements, nous récoltons en moyenne 15 000 tonnes de vieux vêtements chaque année", explique Mehdi Zerroug, à la tête de l’entreprise.

Dans beaucoup d’associations caritatives, les dons sont triés et traités en direct par les bénévoles ou du personnel en réinsertion. C’est le cas d’Emmaüs, par l’intermédiaire de son réseau d’entreprises à but socio-économique Le Relais, ou du Secours catholique, via ses chantiers Tissons la solidarité.

Des vêtements réemployés et recyclés

Une fois vêtements, chaussures et accessoires de mode récupérés, 40 % sont "réemployés" - c’est-à-dire réutilisés après lavage, repassage, retouches ou réparations -, 50 % sont recyclés - c’est-à-dire valorisés, transformés -, et 10 % sont incinérés ou enfouis dans des décharges.

La qualité ayant plutôt tendance à baisser ces dernières années, les pièces mises au rebut sont malheureusement de plus en plus nombreuses.

Lorsqu’ils sont collectés par les organisations caritatives, les vêtements en bon état sont distribués, gratuitement ou contre une somme symbolique, à des personnes dans le besoin.

Des textiles exportés vers le tiers-monde

Certaines pièces sont également mises en vente dans les boutiques solidaires des associations, dans des braderies ouvertes à tous, ou revendues à des fripiers.

Une partie (notamment les vêtements d’été) est réexportée vers des pays du tiers-monde. Les entreprises privées vendent les dons de bonne qualité aux fripiers ou à des sociétés exportatrices.

Les pièces en mauvais état, comme le linge de maison ou les vêtements très usagés en fibres naturelles, sont converties en chiffons industriels, revendus aux usines automobiles, aux garagistes…

Les lainages sont effilochés et les fibres, triées par couleur, sont retissées. Elles donnent naissance à des matériaux d’isolation (le feutre, par exemple) ou de rembourrage.

Donner régulièrement ses textiles usagés

Beaucoup s’interrogent sur ce que l’on peut donner. Voici les conseils de Françoise Carré, d’Emmaüs : "On pense à donner de vieilles robes ou d’autres accessoires féminins, ou encore les vêtements d’enfant en bon état. Mais d’autres pièces peuvent être utiles. Nous sommes à la recherche de vêtements masculins, de sous-vêtements, de chaussures (en bon état), de tee-shirts, chemises, rideaux, draps ou serviettes, mêmes troués ou usés, et de lainages (pure laine ou mélangés) troués ou feutrés. Il vaut mieux donner des vêtements propres et pliés même s’ils ne sont pas repassés (surtout pas mouillés, ils détériorent les autres textiles !). Enfin, faites souvent le tri : un petit sac déposé régulièrement permet aux associations de renouveler leurs stocks plus fréquemment."

A qui s'adresser pour donner ses vêtements ?