Nuits difficiles ? Changez de matelas !

Nuits difficiles ? Changez de matelas !

À ressorts, en mousse, en latex, confort ferme, équilibré ou souple… les critères à prendre en compte lors de l’achat d’un matelas sont multiples. Des conseils pour choisir celui qui correspondra le mieux à votre morphologie et à vos besoins de confort.

Nous passons un tiers de notre vie dans notre lit ! Le matelas en constitue la pièce maîtresse. Il supporte en effet deux tiers des efforts mécaniques appliqués à la literie, et ce pendant 30 000 heures d’utilisation en moyenne, si l’on s’en tient à sa durée de vie préconisée par les fabricants, estimée à dix ans. D’où l’importance d’opter pour un matelas adapté à ses besoins, acquérir une nouvelle literie étant un investissement à long terme.

Pourquoi est-il conseillé de changer de matelas tous les dix ans ?

La literie vieillit insidieusement avec les années. Après dix ans d’utilisation, un matelas a perdu en moyenne 20 à 30 % de ses qualités d’origine. Certains signes doivent alerter : sa surface devient irrégulière et bosselée, il conserve l’empreinte du corps au lieu de reprendre son apparence après que l’on s’est assis au bord du lit, le dormeur se retrouve au fond d’une cuvette lorsqu’il se met en position allongée… Il est alors grand temps de changer de literie !

Un matelas en mousse à ressorts ou en latex ?

Chacune des technologies se décline en plusieurs modèles et niveaux de prix (les prix sont donnés pour des matelas de 160 × 200 cm).

Les matelas en mousse (de 200 à 900 €) utilisent divers matériaux :

- la mousse polyéther, à faible densité (de 16 à 23 kg/m3) et donc réservée aux poids plume ;

- la mousse polyuréthane, à plus forte densité (de 28 à 60 kg/m3) ;

- la mousse à haute résilience (de 35 à 40 kg/m3), qui assure un soutien durable ;

- la mousse à mémoire de forme, ou viscoélastique (autour de 80 kg/m3), qui épouse la forme du corps.

Les matelas à ressorts (de 250 à 1 200 €) se déclinent en trois types.

- Les ressorts biconiques, qui équipent les matelas d’entrée et de moyenne gamme, offrent un confort dynamique et progressif.

- Les ressorts multispires présentent un soutien élevé et homogène.

- Les ressorts ensachés permettent de soutenir chaque partie du corps de manière indépendante.

Le latex, qui peut être naturel (issu de la sève d’hévéa) ou synthétique, présente un excellent confort avec des densités variant de 50 à 90 kg/m3, pour des prix allant de 300 à 1 200 €.

Comment tenir compte de la morphologie ?

Selon Pascal Decologne, chef de produit chez Conforama, même si la notion de confort est très subjective, certains critères sont déterminants dans le choix, notamment la morphologie de chacun. "Plus le dormeur est lourd, plus le soutien doit être résistant. Le latex et les ressorts ensachés sont les technologies les plus adaptées, d’autant qu’elles permettent aussi une bonne indépendance de couchage pour les deux dormeurs, chacun étant moins gêné par les mouvements de l’autre."

Autre critère à prendre en compte : bouge-t-on beaucoup durant son sommeil ? "Les mousses à mémoire de forme ou viscoélastiques sont plus adaptées aux personnes qui bougent peu au cours de la nuit, car le corps a tendance à s’enfoncer au cœur du matelas", précise Pascal Decologne. Si l’on transpire au cours de la nuit, le latex - une matière poreuse qui assure une bonne aération - ou les ressorts seront plus adaptés. Enfin, s’il existe une grande différence de morphologie entre les deux dormeurs, une literie composée de sommiers et de matelas indépendants sera plus appropriée.

Faut-il prendre un matelas ferme ou moelleux ?

Le confort d’accueil, appelé aussi garnissage, est constitué de différentes substances - mousse, ouate, laine, lin, soie… - qui concourent à la qualité du soutien mais aussi à la durée de vie du matelas. Son épaisseur est de 4 cm en moyenne. Plus le garnissage est abondant, meilleure est la sensation de confort : le corps est ainsi bien soutenu par le cœur du matelas, et le confort de surface permet de trouver tout de suite sa position de sommeil. La plupart des matelas sont dotés de deux faces différentes : un garnissage en laine, par exemple, pour la face hiver, la face été étant constituée de coton qui permet de réguler la transpiration.

La fermeté, ou qualité de soutien, est l’intensité avec laquelle le matelas répond aux pressions du corps. Il existe différentes qualités de soutien : souple, équilibré, ferme ou très ferme. Certains fabricants présentent des tables morphologiques qui déterminent le degré de fermeté en fonction de la taille et du poids du dormeur.

Un excès de fermeté peut nuire à la qualité du sommeil : le corps ne trouve pas sa position de sommeil et les points de pression gênent la circulation du sang. Les matelas extra-fermes sont plutôt adaptés aux personnes en surpoids. Plus on prend de l’âge, plus le confort et le moelleux sont à rechercher.

Dans quels cas un surmatelas peut-il être utile ?

Un surmatelas, constitué de mousse viscoélastique ou de ouate, peut être préconisé pour accroître le confort de surface des matelas un peu fermes ou la durée de vie des matelas de milieu de gamme. C’est un achat un peu onéreux (aux alentours de 100 €). Attention ! Le surmatelas ne donnera pas une nouvelle jeunesse à un vieux matelas et sa durée de vie (de deux à quatre ans) est plus courte que celle d’un matelas.

Faut-il aussi changer le sommier ?

Si l’on souhaite conserver le plus longtemps possible les bénéfices de son matelas neuf, il est alors conseillé de changer de sommier en même temps. En effet, le sommier supporte un tiers de l’effort mécanique appliqué à la literie par le poids et les mouvements des dormeurs. Il joue un rôle d’amortisseur et assure une bonne aération à l’ensemble de la literie. Le sommier à ressorts est ainsi destiné aux matelas à ressorts, et le sommier à lattes aux matelas en mousse ou en latex.

Comment tester un matelas ?

Il est conseillé d’effectuer le test en tenue décontractée et le matin, car une journée fatigante risque de fausser les sensations. Si, en position allongée sur le dos, un creux se dessine entre les lombaires et le matelas, celui-ci est trop ferme. S’il s’avère difficile de passer de la position sur le dos à la position de côté, le matelas est trop mou. Il est conseillé d’essayer plusieurs modèles, de préférence à deux si l’achat est destiné à un couple, sachant que le temps d’adaptation sera de plusieurs nuits.

Existe-t-il des labels et que recouvrent-ils ?

Il en existe deux. L’étiquette "Belle Literie" (Syndicat français de la literie) délivrée par le Conseil national de la literie, organisme regroupant une dizaine de fabricants français, identifie les matelas répondant au cahier des charges établi par l’Institut technologique (FCBA). Il couvre l’ensemble des éléments entrant dans la composition d’une literie : matelas, oreiller, couette… Le logo "Qualité certifiée" est, lui, directement délivré par le FCBA. Les matelas sont garantis cinq ans, et au moindre souci le service après-vente doit effectuer l’échange.

Comment prolonger la vie de son matelas ?

"Retournez votre matelas une ou deux fois par an, afin de mieux répartir l’effort sur toute sa surface. Profitez-en pour passer l’aspirateur - doté d’un bon filtre - pour enlever les poussières et les acariens, conseille Pascal Decologne, chef de produit chez Conforama. Vous pouvez également, pour accroître sa durée de vie, utiliser un protège-matelas - de préférence non imperméable, pour le laisser "respirer" et évacuer le surplus d’humidité dû à la transpiration de la nuit. Il ne faut surtout pas l’exposer en plein soleil, car les matériaux du matelas ne supportent pas les UV. Bien aérer la chambre suffit à faire "respirer" le matelas".