Mon enfant voyage seul

Mon enfant voyage seul

Pour des raisons de coût et de temps, les parents ne peuvent pas toujours prendre le train ou l’avion avec leurs enfants. Heureusement, il existe des services d’accompagnement sûrs et rodés.

Qu’il s’agisse de retrouver ses grands-parents pour l’été, de rejoindre son père pour une semaine, ou de rallier le point de départ d’une colonie de vacances, votre enfant va devoir voyager seul, et cela vous inquiète - plus que lui d’ailleurs.

Jusqu’à 12 ou 14 ans, il pourra bénéficier d’un service d’accompagnement particulier, ce qui ne vous empêche pas de le rassurer et de bien préparer son voyage.

En train, un service d'accompagnateur

Beaucoup d'enfants voyagent chaque année seuls en train avec le service JVS, Jeune Voyageur Service, qui leur permet de bénéficier d’un accompagnement. Ce service, qui n’est pas obligatoire, est proposé aux mineurs de 4 à 14 ans sur des trajets sans correspondance, et essentiellement sur les lignes TGV et quelques lignes Téoz (environ cinquante).

Il est facturé 35 €, en plus du billet de l’enfant (seule la réduction "carte familles nombreuses" s’applique), mais il n’est disponible que pendant les vacances scolaires : réservez très tôt, car le nombre de places dans chaque train est limité.

Le jour du voyage, les enfants sont accueillis jusqu’à 30 minutes avant le départ, et les animateurs vérifient leur dossier : identités, coordonnées, billets, formulaire JVS…

Attention de ne pas trop charger votre petit, car il devra porter ses bagages (la limite est fixée à 7 kg). "Chaque animateur, titulaire du Bafa, s’occupe de dix enfants au maximum et les groupes sont de préférence placés en bout de rame pour éviter d’être mélangés à d’autres passagers", rassure Hanane Gouich, chef de produit Services loisirs à la Sncf.

Si les animateurs divertissent les petits, ils ne distribuent pas de collation. À l’arrivée, la personne qui vient chercher l’enfant doit venir 15 minutes avant l’arrivée du train, présenter ses papiers d’identité et signer une décharge de responsabilité.

En dehors des périodes de vacances scolaires

Hors vacances scolaires, ou si l’enfant est handicapé, ou encore pour des villes non couvertes par le JVS classique, la Sncf a conçu "JVS sur mesure". Mais ce service est plus onéreux : au prix du billet de l’enfant et de celui de l’accompagnateur, il faut ajouter 24 € par heure de prise en charge.

"Nous avons créé une bourse en ligne afin que les parents puissent se greffer sur un voyage et partager les frais d’accompagnement", précise Hanane Gouich.

En l’absence d’une formule "JVS week-end", qui rendrait service à bon nombre de parents séparés, des sociétés privées se sont lancées dans l’accompagnement d’enfants en train.

La société Bambins Voyages organise ainsi les trajets réguliers des petits en s’appuyant sur un réseau d’étudiants (souvent issus de grandes écoles) qui rentrent eux aussi dans leur famille les week-ends.

"Nos prix sont plus concurrentiels puisque les parents paient notre prestation 17 € l’heure, plus le billet de l’enfant : celui de l’étudiant reste à sa charge, et il est rémunéré comme pour un baby-sitting", explique Pascale Michenaud, directrice du site. Pour l’instant, le service est ouvert au départ de Lyon, Paris, Rennes, Nantes, Angers et Tours.

ConnecTravel recrute aussi des étudiants (titulaires du Bafa) et assure des trajets depuis et vers toute la France. "Ainsi, pour un départ d’Agen, nous déplaçons à nos frais un étudiant de Bordeaux, explique Alain Huot, directeur commercial. Les parents paient le billet de l’enfant, le billet aller-retour de l’accompagnant sur le trajet demandé (à 50 %, car il dispose de la carte 12-25 ans), et un forfait de 35 € par heure de prise en charge effective."

En avion, sécurité et surveillance garanties

Air France fait voyager chaque année quelque 400 000 enfants non accompagnés (ou UM pour "Unaccompanied Minor"), à toutes les périodes et sur tous types de vols : court ou long-courriers, avec ou sans correspondance.

Le service d’accompagnement est obligatoire et gratuit (hors billet) pour tous les enfants de 4 à 11 ans révolus sur le réseau domestique et les Dom, et de 5 à 14 ans sur l’international et les Tom. Il peut aussi être proposé jusqu’à 17 ans révolus, mais il est alors facturé 30 à 90 € en fonction du parcours.

"Pour satisfaire aux impératifs de sécurité, le nombre d’UM par avion est limité : il faut donc réserver très tôt, surtout aux périodes de pointe", explique Anne Durrieux, chef de produit Passagers à particularités.

Les enfants doivent se présenter 30 minutes avant l’heure limite d’enregistrement avec leur dossier de voyage complet (que l’on peut remplir sur le site Internet d’Air France). Puis ils sont pris en charge par une personne de la compagnie - attention, c’est à ce moment que vous devez leur dire au revoir, car après, même si vous devez rester jusqu’au décollage de l’avion, vous ne les verrez plus.

Les enfants sont des passagers prioritaires et montent en premier dans l’avion.

Sur les vols de moins de 2 h 30, il n’y a pas de prestation particulière, mais sur les long-courriers, ils bénéficient de repas spéciaux et d’un programme vidéo adapté… "à l’arrivée, ils débarquent en dernier, puis sont pris en charge par les hôtesses au sol qui soit les remettent à la personne qui doit les accueillir, soit restent avec eux pour attendre le vol suivant", précise Anne Durrieux. Ainsi, en cas d’annulation par exemple, votre enfant ne sera pas laissé sans surveillance.

La plupart des grandes compagnies proposent un service d’accompagnement, mais les conditions peuvent varier. Le plus souvent, il est payant, et l’âge minimal est de 5 ans.

Enfin, les compagnies low cost ont des politiques différentes : Easy Jet et Ryanair n’acceptent pas d’enfants seuls avant respectivement 14 et 16 ans et n’offrent pas de service d’accompagnement. Flybe et Transavia le proposent en supplément.

L’avis du Pr Rufo, pédopsychiatre à l’hôpital Sainte-Marguerite de Marseille

Est-ce important de laisser un enfant voyager seul ?

Oui. Mais pour 15 % de parents très anxieux, c’est impossible. Pourtant, il faut laisser son enfant découvrir des choses sans nous, lui apprendre à ne pas être toujours dépendant de nous. Le métier des parents, c’est de savoir se séparer de ses enfants !

C’est essentiel pour qu’ils puissent conquérir leur autonomie.

Comment la séparation permet-elle de grandir ?

L’enfant qui prend l’avion seul pour rejoindre son père ou ses grands-parents le vit comme un acte d’héroïsme et, dans ces cas précis, comme une preuve de sa fidélité envers ses proches. Ayant surmonté ses craintes, il en sortira plus fort.

Néanmoins, l’expérience commence à être vraiment bénéfique pour un enfant à partir de 6 ans, lorsqu’il entre en phase de latence et acquiert le goût de la découverte : le voyage peut alors devenir un élément à part entière de son développement psychologique.

Les formalités avant le départ

En train ou en avion, les mineurs voyageant seuls en France ou dans l’Union européenne doivent présenter une carte nationale d’identité.

Pour l’étranger et les Dom-Tom, en l’absence de passeport personnel, à la carte d’identité doit être jointe une autorisation de sortie du territoire délivrée par la mairie. Le jour J, vérifiez que le dossier est complet, n’arrivez pas à la dernière minute, et n’oubliez pas de lui donner de quoi manger, boire, jouer, câliner… et se moucher. Et même si vous avez la gorge serrée, sachez savourer sa fierté !

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