À lire avant de s’envoler en low cost

À lire avant de s’envoler en low cost
Ne pas oublier que low cost signifie aussi service restreint. - © baranozdemir

Les vols low cost réservent parfois des surprises. Un voyageur averti en valant deux, voici les principales ficelles à connaître.

Ryanair, Transavia, Easy Jet, Airberlin, Blue Air, Vueling, Flybe… les compagnies à prix réduits qui assurent des vols réguliers sont de plus en plus présentes dans l’espace aérien mondial. Elles concurrencent les vols charters (Corsair, Air Méditerranée, XL Airways…), qui proposent des liaisons ponctuelles sur des destinations principalement touristiques, et même les compagnies classiques. Si elles se présentent comme plus économiques, il ne faut pas oublier les frais qui s’ajoutent au prix du vol sec.

Avant d’acheter, il faut faire le point sur ses réels besoins : aura-t-on beaucoup de bagages, devra-t-on transporter des équipements, sportifs par exemple, pourra-t-on se faire pré-enregistrer avant l’aéroport?”, explique Anne-Sophie Trcera, juriste à la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut).

Des prix d’appel très attractifs

Sur la page d’accueil de son site Internet, Ryanair affiche des prix attrayants : à partir de 7,83 € pour se rendre en Irlande ou de 14,39 € pour l’Espagne ou l’Italie. Mais, dès que l’on précise ses dates de vol, les tarifs ne sont plus les mêmes : au mieux, ils passent à 9,79 €, au pire à 139,99 € ; le plus souvent, ils se situent entre 30 et 50 €. Même constat chez Easy Jet, où le Paris-Malaga annoncé à 36,44 € n’est disponible qu’à partir de 44,09 € et monte jusqu’à 238,91 € ! Chaque fois, les prix varient selon les dates – ils augmentent pendant les vacances scolaires ou lors d’un grand week-end – et ne concernent qu’un aller simple. Il faut donc toujours ajouter le prix du retour, qui peut être fort différent de celui de l’aller.

Au vol sec, il faut ajouter des frais incompressibles. Par exemple, chez Ryanair, le prix d’une place standard près du hublot est de 5,99 € (10,99 € pour un siège premium, qui permet de mieux étendre ses jambes). Même concept chez Easy Jet, où la place coûte entre 5,99 € et 18,99 €, ou chez Transavia, où le choix de l’emplacement engendre un surcoût compris entre 4 et 15 €.

Sur ces vols, la restauration à bord est payante. Comptez, par personne, autour de 5 à 7 € pour un petit déjeuner et à partir de 10 € pour un repas sandwich-panini et boisson…

Par contre, le paiement par carte bancaire ne fait plus l’objet d’une surfacturation, depuis que Ryanair et Easy Jet ont été condamnées par les juges.

Une surtaxe pour les enfants à bord

Les bébés de moins de 2 ans, généralement transportés gratuitement sur les genoux de leurs parents par les compagnies traditionnelles, paient leur place sur les vols à bas prix : 15% du prix du billet chez Airberlin, 15€ chez Transavia, 20€ chez Ryanair et 26€ chez Easy Jet.

Quant aux enfants âgés de 2 à 11 ans, ils ne bénéficient généralement pas d’une réduction.

Par ailleurs, les compagnies à bas coût, comme Easy Jet et Ryanair, ne transportent pas les enfants non accompagnés âgés de 2 à 5 ans. Et les plus grands (entre 5 et 11 ans, ou 14 ans selon le transporteur) doivent voyager seuls.

Des bagages en soute payants

Les compagnies à prix réduits facturent systématiquement les bagages en soute. Il est préférable de prévoir exactement le nombre de valises et leur poids au moment où vous passez commande en ligne. Sinon, une fois à l’aéroport, l’addition pourrait bien grimper. Par exemple, 15€ pour un bagage de 20kg réservé en ligne, mais 40€ à l’aéroport chez Transavia ; entre 25€ et 45€ selon la saison chez Ryanair pour un bagage de 20kg réservé en ligne contre 40 à 75 € à l’aéroport.

Et si vous emportez une poussette, un lit bébé pliant ou un rehausseur chez Ryanair, vous ajouterez 10€ quand vous réserverez en ligne, mais 20€ si vous effectuez l’opération au comptoir d’embarquement. Le transport d’un équipement sportif (des skis, par exemple) ou d’un instrument de musique sera facturé 50 ou 60€, selon que vous réservez en ligne ou pas (de 40 à 60€ chez Easy Jet).

Quant aux bagages en cabine (un seul par personne), faites attention au poids (généralement 10kg) et aux dimensions (en centimètres). « Les compagnies low cost sont très strictes sur ce point », rappelle Anne-Sophie Trcera : 55 x 40 x 20cm chez Ryanair, 55 x 40 x 25cm chez Transavia et 50 x 40 x 20cm chez Easy Jet. En outre, selon la compagnie, le sac à main, la pochette d’ordinateur ou le sac photo peuvent être considérés comme un bagage supplémentaire. Il faudra donc les caser dans le bagage cabine si on ne veut pas payer plus.

Des frais supplémentaires pour se rendre à l’aéroport

Les compagnies à bas coûts ne bénéficient pas toujours des meilleurs créneaux horaires pour décoller ou atterrir. Résultat : si votre vol est programmé à 7heures du matin ou arrive à destination à 0h55, vous ne pourrez pas toujours emprunter les transports en commun pour vos transferts. Il vous faudra payer un coûteux taxi et, en prime, au tarif de nuit.

Autre problème, notamment avec Ryanair, les aéroports desservis sont souvent éloignés : Beauvais au lieu de Paris, Gérone au lieu de Barcelone… Il faudra donc prévoir du temps et de l’argent. Par exemple, l’achat d’un aller-retour en ligne en navette entre Paris et Beauvais (86 km) coûte 31,80 € par personne, et le trajet dure environ une heure et quart ; et un aller-retour Barcelone-Gérone (103 km) coûte 25 € pour environ une heure vingt de trajet.

Des contraintes d’enregistrement

N’oubliez pas de vous pré-enregistrer en ligne avant votre départ pour l’aéroport. Sinon, l’enregistrement au comptoir du transporteur peut revenir très cher : 70€ chez Ryanair par exemple. Et si vous avez oublié d’imprimer la carte d’embarquement ou si vous ne possédez pas de smartphone avec l’application Ryanair affichant le document, vous paierez 15€ supplémentaires.

Autre point important : veillez à vous présenter à temps au comptoir d’enregistrement et en salle d’embarquement. Les horaires sont sévèrement appliqués par ces compagnies, et vous risqueriez de ne pas pouvoir partir et de devoir payer un nouveau billet au prix fort.

+ d’infos
Transparence des prix sur Internet
Les professionnels du secteur aérien (compagnies, sites comparateurs, agences de voyages, etc.) doivent désormais indiquer le prix à payer par les passagers dès le début du processus de réservation en ligne, taxes et frais de dossier inclus. C’est ce que rappelle un arrêt de la Cour de justice des communautés européennes du 5janvier 2015.
En revanche, les options choisies par le passager (supplément bagage, réservation d’une place particulière, assurance annulation…) peuvent s’ajouter au fur et à mesure de l’opération de réservation.
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