L'estimation de vos objets et oeuvres d'art

L'estimation de vos objets et oeuvres d'art

Combien valent ces cartes postales ou ces tableaux retrouvés au grenier ? Et si vous tentiez de les faire évaluer avant de vous en débarrasser. Qui sait, vous détenez peut-être une œuvre d’art !

Faire évaluer un objet réserve ­souvent de grandes surprises, dans un sens comme dans l’autre, explique Jean-Pierre ­Osenat, président du Syndicat national des maisons de ventes volontaires (Symev). Le pendentif qu’on se passe de génération en génération s’avère parfois n’être qu’un simple bijou fantaisie. A contrario, un dessin oublié dans un carton peut valoir plusieurs milliers d’euros. C’est pourquoi il est primordial de ­commencer par s’informer, en dissociant clairement l’évaluation de l’objet de sa vente éventuelle. »

Commissaires-priseurs, experts, antiquaires, tous ces professionnels effectuent gratuitement des évaluations à la demande.

Estimation et expertise de vos objets : comment procéder ?

L’examen de l’objet est réalisé de visu si on l’apporte, mais il peut aussi être réalisé par Internet, sur la base de photos et de descriptifs.

Il est toujours préférable de se déplacer avec l’objet, prévient Philippe Ancelin, commissaire-priseur et directeur de Drouot Estimations, à Paris. Un avis fourni sur photo présente forcément un aléa : le cliché peut cacher certaines altérations, il ne permet pas de juger le poids d’une pierre précieuse…

Si l’évaluation s’avère complexe ou si vous souhaitez faire estimer plusieurs objets, certains professionnels acceptent de se déplacer.

Le prix est libre, fixé parfois au forfait (500 € la demi-journée, par exemple), parfois en fonction de la valeur totale des objets évalués (de 0,5 à 1 %). L’avis prend la forme d’un commentaire succinct – « Il s’agit d’une cafetière du xviiie siècle, d’une lampe des années 1960… » –, assorti d’une estimation en fonction du marché. Le tout, fait oralement ou par mail, n’engage pas le professionnel.

Plus sophistiquée, l’expertise écrite concerne de préférence des objets d’une certaine valeur ou dont l’origine est délicate à tracer.

Elle comporte trois volets, souligne Didier Griffe, président du Syndicat français des experts professionnels en œuvres d’art et objets de collection (Sfep) : une description de l’objet avec toutes ses caractéristiques ; une authentification de son origine et de son époque ; et enfin une évaluation.

Elle est facturée suivant un barème propre à chaque expert. En contrepartie, sa responsabilité est engagée.

Commissaire-priseur : la solution de proximité

Le recours à un commissaire-priseur représente la solution de proximité la plus commode et la plus fiable. Les maisons de vente sont implantées dans toute la France et, garantie appréciable, l’exercice de la profession est réglementé, son accès étant soumis à l’obtention d’un diplôme d’État.

Le commissaire-priseur est un généraliste, relève Jean-Pierre Osenat, président du Syndicat des maisons de ventes volontaires (Symev). Lorsqu’un objet relève d’une spécialité pointue, il peut le montrer à un expert. On reste dans le cadre d’une estimation gratuite mais l’avis est plus motivé.

À savoir : les commissaires-priseurs proposent des journées d’évaluation gratuites dans leurs études, sans oublier les « Journées marteau » nationales, du 24 au 31 mars 2012. À Paris, Drouot Estimations propose des évaluations gratuites toute l’année, du lundi au samedi.

Penser aux experts et antiquaires

Les deux autres filières, experts et antiquaires, sont rela­tivement concentrées sur Paris.

Une bonne ­moitié du marché de l’art se trouve dans la capitale, confirme Christian ­Deydier, président du Syndicat national des antiquaires.

Généralistes ou spécialisés (monnaies et médailles, maquettes…), les experts sont une bonne source d’information, à solliciter avec discernement dans la mesure où la profession n’est pas réglementée.

N’importe qui peut se prévaloir d’un titre d’expert, confirme Didier Griffe, du Symev. Mais on peut se référer à la reconnaissance de la profession.

Le fait de travailler pour une maison de vente, d’avoir collaboré à un catalogue raisonné [inventaire des œuvres], d’être agréé auprès de la Justice, des Douanes, de compagnies d’assurances, apporte des garanties de sérieux. Comme l’appartenance à un syndicat professionnel qui vérifie les connaissances techniques, culturelles et déontologiques de ses membres.

Les antiquaires ne constituent pas non plus une profession réglementée. Ces marchands proposent au vendeur un prix qui sera augmenté de leur marge et du coût d’éventuelles restaurations en vue de la revente.

Pour autant, "il est inexact de dire que les antiquaires fournissent une estimation inférieure à celle des autres professionnels, insiste Christian Deydier. Un antiquaire sérieux acceptera souvent de payer le prix fort afin d’obtenir ce qu’il convoite."

Et si le prix lui semble trop élevé, il aura la possibilité de prendre l’objet en dépôt-vente, comme le fait le commissaire-priseur dans les ventes de gré à gré lorsque les enchères n’ont pas abouti.

Faites estimer vos objets sur internet

Le développement du Web bouleverse aussi le monde de l’évaluation d’objets. D’abord parce que les sites de vente aux enchères permettent de s’informer sur les prix atteints par des objets comparables.

Cette recherche, facile et immédiate, est devenue le premier réflexe, souligne Igor Montoussé, cofondateur ­d’expertissim.com.

Ensuite, parce que ceux qui souhaitent aller plus loin peuvent s’adresser à des sites, généralistes ou spécialisés, qui délivrent des estimations.

Elles sont parfois gratuites en dessous d’un certain montant, parfois facturées de 5 € à quelques dizaines d’euros, parfois comprises dans un forfait journalier incluant un nombre illimité d’estimations.

La valeur d’un bien, fonction de la demande

Selon Philippe Ancelin, commissaire-priseur et directeur de Drouot Estimations rappelle que la valeur d'un bien est étroitement liée à la demande : "Être capable de retracer l’histoire du bien que l’on souhaite faire estimer, la manière dont il a été acquis et transmis dans la famille, représente toujours un plus. Cela peut orienter les recherches, voire conférer une valeur supplémentaire à l’objet. Mais la valeur est également tributaire de la demande.

Le marché de l’art a connu un retournement ces dernières années. Beaucoup de personnes pensent encore que leur canapé du XVIIIe siècle ou leur service en argent massif valent une petite fortune.

Or ces articles, peu pratiques, trouvent moins preneur actuellement que les objets des années 1930 à 1960 qui peuvent atteindre des sommes impressionnantes."

En savoir plus

  • www.interencheres.com : ce portail recense 273 études de commissaires-priseurs.
  • www.drouot-estimations.com : évaluations gratuites sans rendez-vous à l’Hôtel Drouot.
  • www.sfep-experts.com : répertoire des 110 experts du Syndicat français des experts professionnels en œuvres d’art et objets de collection, essentiellement à Paris.
  • www.expertscnes.fr : liste des experts de la Chambre nationale des experts spécialisés en objets d’art et de collection, surtout en province.
  • www.sna-france.com : le site du Syndicat national des antiquaires.