Gros temps sur le pouvoir d’achat des Français

Gros temps sur le pouvoir d’achat des Français

Quatre années consécutives de baisse du pouvoir d’achat, c’est ce que préconise le Crédoc qui, dans les Cahiers de la consommation de septembre, prévoit que les ménages devraient connaître une troisième puis une quatrième années de contraction de leur pouvoir d’achat. Résultat : les comportements de précaution devraient durablement perdurer.

Depuis plusieurs années, la consommation est le moteur principal de la croissance en France. Elle avait même résisté en 2008, « annus horribilis », s’il en est.

Le Centre de recherches sur les conditions de vie (Crédoc) vient de mettre en pièces ce concept en annonçant que l’année 2012 devrait se solder par un recul de 1,2 % du pouvoir d’achat des ménages. Et que l’année 2013 devrait se situer sur la même tendance. Si l’on se souvient que ce même pouvoir d’achat s’était contracté de 0,2 % en 2010 et de 0,5 % en 2011, ce sont quatre années consécutives de baisse qui se succèdent.

Un climat récessif pour l’économie

Le Crédoc souligne qu’en 2012, et plus encore en 2013, le revenu des ménages sera impacté par plusieurs facteurs :

  • les hausses d’impôts sur le revenu ;
  • la faiblesse des revalorisations des prestations sociales ;
  • la pression sur les revenus du patrimoine.

Résultat : le chômage devrait poursuivre sur la pente ascendante et s’établir à un niveau proche de 11 % de la population active.

Heureusement, les tensions inflationnistes devraient faiblir sous l’influence en particulier d’une accalmie progressive des prix du pétrole, tirés vers le bas par l’atonie de la demande industrielle.

Des dépenses en baisse en volume

La consommation en volume globale peut croître de + 0,2 % en 2012 et de + 0,4 % en 2013. Mais le nombre de ménages progressant de 1 % environ par an du fait de la bonne tenue de la natalité dans notre pays, la consommation en volume par ménage devrait baisser.

Des comportements de précaution

Nous entrons donc dans une ère de modification des comportements de consommation, les ménages étant conduits à effectuer des arbitrages.

L’ampleur de la crise économique et le fait qu’elle s’inscrive dans la durée font que de plus en plus de ménages sont contraints à modifier leurs comportements et arbitrages de consommation : recherche de prix bas, stratégie d’achats malins et « bons plans » (soldes, promotions, internet, achats groupés). L’attention portée aux prix a progressé de sept points entre 2011 et 2012, pour atteindre un niveau inédit. 84 % des Français se disent incités personnellement « beaucoup » et « assez »  à acheter un produit proposant un prix compétitif.

Boom des modes de consommation alternatifs

Dans un tel cadre, il ne semble pas étonnant que les modes de consommation alternatifs se développent. Achats groupés, recherche de bons plans, chasse aux meilleurs prix sur Internet, achats d’occasion se répandent largement dans la population.

La proportion de consommateurs ayant déjà vendu un produit d’occasion sur Internet est passée de 15,5 % en 2007 à 38,3 % en 2012.

C’est ainsi que se confirme la tendance à devenir vendeur et acheteur en direct. Témoin le succès de sites comme Ebay ou leboncoin.fr qui donnent à chaque consommateur la possibilité de devenir un consomm’acteur.

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