Financer ses études grâce à un petit boulot

Financer ses études grâce à un petit boulot

Travailler tout en étudiant suppose de respecter un savant dosage. Parents, voici comment aider votre enfant à concilier études et petit boulot.

En période de crise, les petits boulots traditionnellement réservés aux étudiants ont tendance à se raréfier ou sont occupés par des actifs en situation de précarité. Pourtant, selon l’Insee, près de 20 % des étudiants du supérieur exercent une activité rémunérée, soit pendant l'année universitaire, soit durant les vacances d'été.

Pour environ 13 % d'entre eux, il s'agit même d'une activité "très concurrente" des études (horaires lourds, emploi exercé le soir ou la nuit), qui représente un mi-temps ou l’équivalent de six mois par an ("Insee Première" n° 1204, juillet 2008).

Un job pendant les vacances pour des études prenantes

Travailler pendant ses études est, selon la plupart des recruteurs, un excellent tremplin pour la vie active. Mais attention à bien mettre en garde vos enfants contre les emplois trop prenants qui risquent de compromettre leurs résultats.

Le temps à consacrer à un job d’appoint dépend de la nature des études suivies : si votre fils ou votre fille entre en pharmacie ou en médecine, dans une classe préparatoire ou une grande école, la trentaine d’heures de cours plus la trentaine d’heures de travail personnel ne leur laisseront pas le loisir d’exercer leurs talents ailleurs.

La seule solution pour qu’ils gagnent de l’argent est de les aider à trouver un job pendant les vacances d’été. Les congés de Noël ou de Pâques resteront réservés aux révisions.

Travailler à mi-temps

Si, en revanche, vos enfants suivent des cours à l’université (psycho, biologie, histoire…), où la présence à des cours obligatoires est limitée, ils pourront plus facilement consacrer du temps à un petit boulot.

Les étudiants qui ont peu d’heures de cours peuvent même envisager de travailler à mi-temps (une quinzaine d’heures par semaine). S’ils sont contraints de travailler à plein-temps pour des raisons économiques, ils doivent envisager d’étaler leurs études : la licence en quatre ans au lieu de trois, par exemple.

"Les étudiants qui travaillent à mi-temps et au moins six mois dans l’année ont environ 14 % de chances en moins de réussir leurs examens que ceux qui ne travaillent pas. Les petits jobs, comme baby-sitter ou professeur (cours particuliers), n’ont pas de répercussion sur les études quand ils sont exercés de façon occasionnelle", explique Ronan Vourc’h, sociologue à l’Observatoire de la vie étudiante (OVE).

Des grandes enseignes recrutent les étudiants

Si votre enfant ne souhaite pas manquer les cours, conseillez-lui des emplois proposant des horaires décalés, le soir ou les week-ends.

Beaucoup de secteurs recrutent des jeunes : les grandes enseignes ouvertes le week-end (Ikea, Castorama, But…), les petits magasins en zones touristiques, les centres d’appels téléphoniques (télévente, enquêtes ou hotlines), les musées, les hôtels (à la réception la nuit), les restaurants… Les emplois sur le lieu d’études (surveillant, emploi administratif…) sont idéaux.

Viser un emploi en rapport avec ses études

Quel que soit le cursus suivi, votre enfant doit essayer de viser un emploi en rapport avec ses études. Il pourra ainsi tester ses aptitudes, ses goûts, et ajuster ses objectifs professionnels en fonction de ses expériences.

Ainsi, si votre fils étudie pour être infirmier ou kinésithérapeute, guidez-le vers un poste d’aide-soignant dans une maison de retraite. S’il brigue le métier de professeur, suggérez-lui de travailler dans une crèche, de donner des cours particuliers, de faire du baby-sitting, d’être animateur dans une colonie de vacances ou un centre aéré.

Si votre fille rêve de travailler dans la communication, un job d’hôtesse dans des salons lui donnera un avant-goût de son futur métier. Si, enfin, votre enfant rêve de devenir conservateur de musée, orientez-le vers un poste de gardien…

Se construire un CV cohérent pour s'ouvrir des portes

Ainsi, il se construira un CV cohérent, se fera connaître dans un milieu qui l’intéresse et se constituera un premier réseau d’adresses et de contacts.

Plus directement encore, ce premier job peut être une façon de mettre le pied dans une entreprise et d’être embauché en CDI dès la fin de ses études. Par exemple, les enseignes de la grande distribution recrutent beaucoup leurs jeunes cadres parmi leurs étudiants-employés.

Dernier conseil, aidez-le à rédiger son premier CV en mettant en avant ses éventuels engagements associatifs, ses précédents stages en entreprise, les petits travaux dans le cadre familial (vendanges, baby-sitting…).

Signer un contrat de travail

L’étudiant embauché doit signer un contrat de travail écrit qui précise la durée du travail, la nature de ses prestations, le salaire (âgé de plus de 18 ans, il ne peut gagner moins que le Smic, soit 8,86 € brut par heure ou 1 343,77 € par mois pour 35 heures), la durée de la période d’essai…

S’il a trouvé un emploi dans le registre des services à la personne (baby-sitter, répétiteur, jardinier…), il peut être, avec son accord, payé par Cesu (chèque emploi-service universel). Mais au-delà de 8 heures par semaine ou 4 semaines consécutives, un contrat écrit doit être signé.

En cas de CDI ou de CDD

Embauché en contrat à durée indéterminé (CDI), il peut démissionner à tout moment à condition de respecter certaines formes : durée du préavis fixée au contrat (généralement un mois, mais il peut négocier un délai plus court) et avis par lettre recommandée avec avis de réception.

Tout licenciement doit être justifié par des motifs réels et sérieux, et respecter un formalisme précis. À défaut, une action devant le conseil de prud’hommes permet d’obtenir des indemnités.

Embauché en contrat à durée déterminée (CDD), le jeune perçoit une indemnité de fin de contrat égale à 10 % de la totalité des salaires bruts (sauf en cas d’emploi saisonnier ou pendant les vacances scolaires).

Attention au travail "au noir" ! Votre enfant n’a aucune garantie d’être payé et ne bénéficie d’aucune assurance en cas d’accident.

Des pistes pour trouver un job

Les agences d’intérim (Manpower, Adecco, Randstad…) et le Pôle emploi près de chez vous (www.pole-emploi.fr).

Le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) dans votre Région (www.cidj.com).

Le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de votre académie ou le site national : www.cnous.fr.

www.jobetudiant.net : un service d’emploi gratuit via un site Internet inventé par des étudiants, pour les étudiants.

L’académie de la Région pour remplir un dossier de demande de poste d’assistant d’éducation ou d’assistant pédagogique (les anciens pions) dans un établissement scolaire.

Les mairies (service des affaires scolaires) et directement les écoles pour les emplois de surveillant de cantine ou d’étude, dans les maternelles ou dans le primaire.

Les petites annonces déposées dans les magasins (boulangerie, librairie), près des écoles notamment, pour trouver des jobs de baby-sitter ou des cours particuliers à donner.

Les petites annonces sur les sites Internet spécialisés (par exemple, www.yoopala.com pour le baby-sitting et www.kelprof.com pour les cours particuliers).

Les spécialistes du soutien scolaire, pour donner des cours particuliers, être répétiteur :

Les récoltants emploient une main-d’œuvre saisonnière (vendanges, cueillette des fruits…).