Devenir un acheteur modèle

Devenir un acheteur modèle

Puissance des marques, diktat de la nouveauté… Il n’est pas toujours facile de résister à l’attrait de certains objets présentés comme « incontournables » et qui, in fine, iront dormir au fond de nos placards. Pour nous garder de ces écueils et éviter les dépenses inutiles, posons-nous les bonnes questions.

Achat raisonnable ou compulsif ?

Vitrines regorgeant de produits, magasins organisés pour faire « craquer » le(la) client(e), dans notre société de consommation, l’offre crée la demande.

Parce qu’ils sont nouveaux, porteurs d’image ou simplement parce que nous avons le sentiment de faire une « bonne affaire », des objets nous apparaissent soudain indispensables.

« Notre relation aux achats doit être corrélée à nos émotions, c’est-à-dire nous procurer du plaisir et de la satisfaction, explique Michel Lejoyeux, chef du service Psychiatrie et Addictologie à l’hôpital Bichat, à Paris. C’est une relation qui s’apprend, un peu comme la relation à l’argent ou à l’alcool.

Il faut être capable d’évoluer, adapter son comportement aux différentes situations : achats de première nécessité, achats “de communication”, comme les vêtements, qui expriment nos goûts personnels, achats plaisir.... Lorsqu’on est toujours dans l’achat impulsif, acheter devient une habitude triste.

Mais, a contrario, on ne peut pas toujours être dans le contrôle absolu. Il faut savoir se faire plaisir, tout en adaptant ses désirs à ses moyens. »

Car un bon achat doit d’abord répondre à un besoin et/ou améliorer notre confort sans mettre en danger l’équilibre de notre budget. Pour bien acheter, mieux vaut donc s’interroger au préalable sur ses motivations.

Bien sûr, on n’achète pas une paire de chaussures comme un appartement ! Et l’enjeu est proportionnel à l’investissement. Mais quelle que soit la dépense, un bon acheteur est un acheteur capable de décoder ses motivations et d’acheter en connaissance de cause.

Les 6 règles du bon acheteur

Réfléchir avant d’acheter pour s’assurer que la dépense est nécessaire. Dans certains secteurs, les innovations constantes nous incitent à remplacer nos appareils par des équipements de dernière génération.

Prenons le temps d’étudier les promesses liées à ces « pseudo nouveautés » et rapprochons-les de nos usages réels.

Dans le domaine de l’habillement, le principe de la mode pose la nouveauté comme une valeur en soi et nous incite à acheter de nouveaux vêtements même si nos placards en sont déjà pleins. Une réflexion s’impose.

Remettre les objets à leur juste place. Lorsqu’un achat nous déçoit, c’est souvent parce que nous l’avions investi d’un pouvoir qu’il n’a pas.

Si nous attendons d’un vêtement ou d’un appareil électronique qu’ils changent notre vie, nous serons fatalement déçus ! Il faut donc considérer les objets pour ce qu’ils nous offrent et non pour l’image qu’ils véhiculent.

Faire une liste pour ne pas céder à l’achat d’impulsion. Les magasins sont organisés de façon à nous faire acheter des produits dont nous n’avons pas forcément besoin. Suivre une liste préétablie nous évite de nous laisser tenter par la multitude de petits objets mis en avant.

De même, évitons de faire les courses l’estomac vide et d’emmener nos enfants jeunes, déjà prescripteurs…

Etablir un budget… et s’y tenir. Pour éviter de mettre en péril son budget courant, définir la somme approximative à consacrer à un achat donné et ne pas la dépasser.

S’assurer qu’on achète au meilleur prix. Comparer les prix des différents circuits de distribution (grandes surfaces, magasins d’usine, vente en ligne…) et profiter des périodes de promotion propres à chaque enseigne.

Réserver les achats plaisir aux occasions particulières. Certains achats ne sont pas indispensables mais procurent de la satisfaction.

L’attente augmente le plaisir : patienter et se les offrir pour une occasion particulière !

Achat compulsif : attention danger !

L’acheteur compulsif est celui qui ne peut s’empêcher d’acheter des objets dont il n’a pas l’usage et se met ainsi en danger financièrement, explique Pascal Couderc, psychiatre à Paris.

Les personnes concernées souffrent souvent d’un manque d’estime de soi et cherchent à compenser à travers l’exaltation anxieuse que leur procure l’acte d’achat. Après coup, l’acheteur compulsif se sent déprimé et éprouve un sentiment de culpabilité. Pour chasser ce malaise, il ressent le besoin de passer de nouveau à l’acte.

La prévention de ce trouble passe par un travail psychothérapeutique visant à restaurer l’estime de soi des personnes fragilisées.

Dix questions à se poser avant d’acheter

  • Quel budget puis-je  consacrer à cet achat ?
  • Est-ce que j’achèterais cet objet s’il avait une autre marque ?
  • Quelle satisfaction va-t-il me procurer ?
  • Est-ce le meilleur prix auquel je peux l’obtenir ?
  • Si c’est un cadeau, à qui va-t-il faire plaisir ? A moi ou à son destinataire ?
  • Quels sont mes besoins réels ?
  • En ai-je besoin maintenant ou pourrais-je attendre ?
  • Ai-je déjà un objet qui remplit la même fonction et que je n’utilise pas ?
  • En quoi cet achat va-t-il améliorer mon confort ?
  • Cet achat  répond-il à mon besoin de façon optimale ?

Pour savoir si vous êtes un acheteur insatiable, impulsif ou complètement réfractaire, faites le test "Quel acheteur êtes-vous ?"

Et aussi sur Dossier familial