Devenir bénévole, un engagement

Devenir bénévole, un engagement
Quand les amis des animaux s’engagent auprès des chats perdus. - © LiudmylaSupynska

Vingt millions de Français consacrent du temps aux autres ou à une cause par le biais d’une association. Une source d'épanouissement personnel qui n'est cependant pas dénuée de règles.

François travaille dans la communication et contribue régulièrement à Wikipédia depuis une dizaine d’années.

« J’ai commencé par effectuer des corrections mineures, puis je me suis lancé. Mon premier article concernait un acteur français. Depuis, j’en ai écrit deux cents ou trois cents, essentiellement sur le cinéma.”

Le bénévolat a progressé ces dernières années, et cela réussit aux intéressés : deux tiers des bénévoles estiment en tirer satisfaction, avec notamment le sentiment de se sentir utiles dans un contexte de plus en plus difficile (étude Ifop pour France Bénévolat).

Chercher une mission

Le bénévolat s’exerce, en très grande majorité, au sein d’associations (12,7 millions de personnes), mais aussi dans des organisations syndicales ou politiques. Avec 1,3 million d’associations en France, les besoins ne manquent pas.

Deux sites de référence permettent de trouver une mission : francebenevolat.org et tousbenevoles.org. Paris a mis en place une page sur ce thème avec un annuaire des associations et un guide, Bénévole à Paris, à télécharger, mais également un site consacré au bénévolat dans la capitale (jemengage.paris.fr).

Beaucoup de bénévoles trouvent leur activité près de chez eux ou par le bouche-à-oreille.

Donner de son temps

Selon le Conseil économique, social et environnemental, le bénévole peut être défini ainsi :

Toute personne qui s’engage librement pour mener une action non salariée en direction d’autrui, en dehors de son temps professionnel et familial.”

Mais il n’a pas de statut juridique. « Et on n’en veut pas », précise Brigitte Duault, déléguée générale de France Bénévolat. Pour elle, un statut serait contraire à l’esprit de la loi de 1901, qui accorde une grande liberté aux associations. « Or, le bénévolat est précisément un espace de liberté. » Ainsi, le bénévole décide du temps à consacrer à ses activités et peut les interrompre sans procédure ni dédommagement.

– Cependant, il vaut mieux prendre le temps de bien évaluer sa disponibilité avant de s’engager. Les associations ne fonctionnent pas uniquement grâce aux bénévoles : la France compte 1,6 million de salariés associatifs, soit 8% de l’emploi.

– D’autres statuts existent, comme le volontariat associatif dans lequel le volontaire, âgé au moins de 16 ans, s’engage entre six mois et deux ans en France ou en Europe et perçoit une indemnisation maximum de 615€ mensuels.

– Le service civique est un dispositif similaire, s’étendant sur six à douze mois et réservé aux jeunes de 16 à 25 ans.

Congé, formation et responsabilité

Les bénévoles qui exercent une activité professionnelle bénéficient d’un congé spécifique d’un maximum de neuf jours ouvrables par an, en continu ou fractionné, pour représenter leur association aux réunions d’une instance placée auprès de l’autorité de l’État ou d’une collectivité territoriale. Pendant cette absence, le salarié perçoit tout ou partie de sa rémunération ou une indemnité compensatrice de 7,10€ de l’heure.

Tout comme les salariés, les bénévoles peuvent disposer de la formation continue pour se préparer à l’exercice des responsabilités associatives, soit grâce au plan de formation de leur entreprise, soit dans le cadre d’un congé individuel de formation (CIF). Certaines associations développent des plans de formation spécifiques pour leurs bénévoles, qui sont financées par le fonds pour le développement de la vie associative (FDVA).

Enfin, les bénévoles de certains secteurs (jeunesse, sports, etc.) ont droit à un congé de formation de cadres et d’animateurs pour la jeunesse de six jours par an maximum, mais sans rémunération.

Un guide du bénévolat est édité par le ministère de la Ville, à télécharger sur associations.gouv.fr.
À consulter sur francebenevolat.org, la charte du bénévolat, qui établit les règles entre le bénévole et l’association.

Beaucoup de dirigeants d’association font de « la gestion désintéressée », c’est-à-dire qu’ils ne perçoivent ni rémunération ni bénéfice sous quelque forme que ce soit. Cependant, certaines pratiques sont tolérées, par exemple une rémunération représentant les trois quarts du Smic.

Enfin, sachez qu’en cas de faute, les dirigeants d’association sont responsables pénalement à titre personnel. Pour autant, une association, en tant que personne morale, peut également être considérée comme responsable.

Pas de protection sociale

Être bénévole lorsqu’on traverse une période de chômage n’a pas d’impact sur le versement des indemnités. Pour les salariés, certaines entreprises réservent une politique très favorable au bénévolat : il existe un congé solidaire et un congé de solidarité internationale qui permettent de consacrer un temps donné à une mission grâce au soutien financier de l’entreprise.

Les bénévoles n’ont droit à aucune protection sociale particulière, ils dépendent de leur régime habituel. En général, les accidents du travail ne sont pas couverts par les associations. En cas de problème, c’est leur assurance responsabilité civile qui entre en jeu. Néanmoins, certaines structures souscrivent une assurance spécifique. Enfin, l’association doit indemniser un bénévole accidenté alors qu’il participait à ses activités. Si c’est le bénévole qui cause des dommages, la responsabilité de l’association peut être engagée.

Les frais des bénévoles peuvent leur être remboursés, à condition qu’ils puissent produire les justificatifs nécessaires. Ceux qui travaillent dans une association déclarée d’intérêt général peuvent recevoir un reçu fiscal qui leur donnera droit à une déduction. Les bénévoles peuvent aussi profiter de chèques-repas pris en charge par l’association, pour un montant qui, néanmoins, ne peut dépasser de 6€.

Un atout pour une reconversion

Les compétences acquises pendant le bénévolat peuvent être valorisées dans un CV ou lors d’un entretien d’embauche. Pour recenser l’ensemble de son expérience, le bénévole peut faire remplir à l’association le portefeuille de compétences mis en place par l’État, le passeport bénévole de France Bénévolat (2 €), ou encore le carnet de vie du bénévole du Comité national olympique et sportif français.

Par ailleurs, différents organismes forment et délivrent un certificat de formation à la gestion associative pour renforcer les connaissances des bénévoles dans la gestion administrative (diplôme non reconnu par l’État).

Enfin, le bénévolat peut être utile dans une démarche de validation des acquis de l’expérience : une personne ayant une expérience d’au moins trois ans peut, dans ce cadre, tenter d’obtenir tout ou partie d’un titre, d’un certificat ou d’un diplôme (informations sur vae.gouv.fr).

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