Consommation : début de l’affichage de l’impact environnemental des produits

Consommation : début de l’affichage de l’impact environnemental des produits
Trois formats d'étiquettes indiquant la performance environnementale du produit ont été créés. - © asiseeit

Le ministère de l’Environnement souhaite encourager la consommation durable. Depuis janvier, il a lancé un dispositif d’affichage de l’impact environnemental des produits sur la base du volontariat.

Donner aux consommateurs une information fiable concernant l’impact environnemental des produits qu’ils achètent. Tel est l’objectif du dispositif d’affichage environnemental lancé par le ministère de l’Environnement début janvier.

Trois secteurs sont concernés : l’ameublement, le textile et l’hôtellerie, ainsi que les produits alimentaires du groupe Casino et les appareils électroniques vendus par la Fnac. Pour le moment, seules les entreprises volontaires participent. Elles sont encadrées par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Un affichage précis, quantifié pour plus de transparence

L’article 90 de la loi de transition énergétique pour la croissance verte instaure un cadre rigoureux permettant de donner une information claire, fiable et quantifiée des impacts environnementaux des produits pendant l’ensemble de leur cycle de vie (de leur fabrication à leur destruction ou recyclage). Et ainsi de lutter contre le green washing, pratique qui consiste à donner des affirmations infondées ou partielles pour faire paraître un produit plus écologique qu’il n’est en réalité.

L’idée est de pouvoir « différencier des produits de forte empreinte environnementale, d’empreinte moyenne, ou d’empreinte faible », explique le ministère de l’Environnement. Le consommateur doit pouvoir connaître l’impact d’un produit sur l’effet de serre, la pollution de l’eau, des sols, l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables, etc.

Par exemple, un yaourt conditionné en pot de verre n’aura pas le même indice CO2 que celui livré dans un pot en plastique, qui sera, lui, plus faible.

Le dispositif va ainsi plus loin que « les écolabels, qui distinguent uniquement les produits d’excellence environnementale ». D’autres étiquettes réglementaires comme les étiquettes énergie des appareils électroménagers, créées en 1994, ont montré leur efficacité. Elles influenceraient trois acheteurs sur quatre, d’après l’Ademe.

Les consommateurs favorables à l’étiquetage environnemental

Cet affichage répond à une attente des Français qui aimeraient savoir ce qui se passe « derrière le produit ». Dans une enquête réalisée par le ministère en novembre 2013 expérimentant l’étiquetage dans un cadre virtuel d’achat, la moitié des consommateurs interrogés se disaient prêts à payer 20 % plus cher un produit ayant une meilleure note environnementale. Et 56 % pensent qu’un affichage devrait s’imposer à tous les produits.

Les différents critères d’évaluation de l’impact environnemental

Par ailleurs, c’est un moyen d’inciter les entreprises à prendre en compte cette contrainte dès la conception du produit.

Pour définir les critères d’évaluation, la France a mené une première expérience, de juillet 2011 à juillet 2012, auprès de 168 entreprises sur des produits variés : alimentaire, textile, équipement électronique… Elle a abouti à l’élaboration de 28 référentiels par catégorie de produits et à la création par l’Ademe d’une base de données officielle pour aider les producteurs dans le calcul des impacts de leurs produits.

Le ministère de l’Environnement a établi trois formats de visuels à apposer sur les produits. Les deux premiers synthétisent la performance environnementale sous la forme d’un indice numérique (la meilleure performance correspondant à l’indice le plus faible) ou d’une note de A à E (A étant la meilleure note). Le dernier propose une présentation séparée des résultats pour chaque indicateur environnemental :

  • l’impact sur le changement climatique (quantité d’émission de gaz à effet de serre en grammes équivalent dioxyde de carbone) ;
  • l’impact sur la qualité de l’eau (eutrophisation en gramme équivalent phosphate) ;
  • l’impact sur la qualité de l’air (acidification en gramme équivalent dioxyde de souffre).

Les informations plus détaillées devront être fournies sur un site Internet ou une application mobile.

Au plan européen, la Commission européenne a mené une expérimentation dans 28 secteurs qui doit s’achever fin 2017.