Comment récupérer ses objets perdus ?

Comment récupérer ses objets perdus ?

Clés, papiers, lunettes, calepins, parapluies… envahissent les réserves des services municipaux. Nos conseils pour récupérer vos objets égarés.

Plus de 500 objets arrivent chaque jour dans le bureau de Patrick Cassignol, responsable du célèbre service des objets trouvés de la rue des Morillons, à Paris, soit quelque 190 000 par an. Il s’agit majoritairement de papiers d’identité, de clés, de sacs ou de téléphones mobiles.

« Nos concitoyens sont plus honnêtes qu’on ne le croit, affirme-t-il par expérience. J’ai souvent vu des gens nous rapporter des enveloppes contenant de l’argent. Et un monsieur, pourtant au ­chômage, nous a même déposé un portefeuille trouvé dans une cabine téléphonique et qui contenait 700 € ! Nous avons aussi ­récupéré des chaises roulantes, des prothèses de jambe et même une urne funéraire, dont nous avons retrouvé le propriétaire grâce au numéro d’identification inscrit au fond du récipient. »

Un butin bien gardé

La rue des Morillons est le réceptacle de la ville de Paris ainsi que des trois départements périphériques : Hauts-de-Seine (92), Seine-Saint-Denis (93) et Val-de-Marne (94). Les objets proviennent d’abord de la RATP (42 %), de La Poste (20 %), des ­commissariats, des grands magasins ou des musées. La SNCF dispose de son propre dispositif : www.gares-en-mouvement.com/fr ­(choisir une gare et cliquer sur Service en gare).
Au total, pas moins de 80 000 arti­cles sont entreposés dans un maga­sin sous surveillance de 530 m3 !

Trente huit personnes gèrent le butin du plus grand site d’objets trouvés d’Europe. L’organisation – minutieuse – permet d’indiquer sous quatre jours si un objet perdu se trouve dans les locaux. Et, parfois, d’en retrouver le propriétaire. Les employés ont ainsi pisté jusqu’aux États-Unis un touriste distrait dont le portefeuille renfermait… des diamants.

Une efficacité qui a conduit de nombreuses villes à prendre ce modèle en exemple.

Des listes sur Internet

Depuis 1995 – hormis à Paris –, la gestion des objets trouvés n’est plus de la compétence de la police nationale, mais de celle des communes (loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, J.O. du 24).
Certaines se sont organisées en réseau et collectent une fois par semaine les articles égarés auprès des mairies annexes, des transports en commun, des bureaux de poste et des commissariats. Elles sont de plus en plus nombreuses à utiliser Internet pour indiquer aux administrés la liste des objets trouvés, avec un petit descriptif.

Ainsi, une poupée noire, une pochette grise avec un trousseau de quatre clés et une paire de lunettes d’enfant à monture bleue attendent leur propriétaire à la mairie d’Avrillé, dans le Maine-et-Loire (www.ville-avrille.fr, cliquer sur Villepratique/Vie quotidienne/Objets et animaux trouvés). À La-Voulte-sur-Rhône, en Ardèche, une gourmette en argent, un porte-monnaie, des vélos et plusieurs ­téléphones portables dorment dans les placards (www.lavoultesurrhone.fr, cliquer sur Mairie/Objets trouvés)…

Service gratuit… sauf à Paris

« Vous avez perdu une clé ou un bijou ? Avant de contacter votre assurance, voire de remplacer l’objet perdu, ayez le réflexe d’appeler le service des objets trouvés conseille Didier Levard, directeur du service Sécurité et prévention à la mairie d’Angers. Mieux vaut appeler plusieurs fois pendant deux ou trois semaines, le temps que tous les objets perdus dans les lieux publics soient centralisés.

Pour gérer les milliers d’objets perdus chaque année dans sa commune de 156 000 habitants, Didier Levard a recruté deux enquêteurs. Les papiers d’identité font l’objet d’une recherche spécifique : si leur propriétaire habite la commune, il est convoqué ; sinon, le document est envoyé à la préfecture qui l’a établi. Le numéro de la carte Sim des téléphones portables est communiqué aux opérateurs qui peuvent alors prévenir leurs abonnés.
Des investigations plus poussées permettent, en recoupant des informations gravées sur un médaillon avec les données des services de l’état civil, d’arriver souvent jusqu’au propriétaire.

« Il y a quelques années, se souvient Didier Levard, on nous a rapporté une mallette contenant des centaines de chèques. On a compris qu’il s’agissait du règlement d’une soirée de réveillon. Nous avons prévenu le trésorier de l’association organisatrice qui était fou d’angoisse ! »

À Angers, comme dans la plupart des municipalités, ce service est gratuit. En revanche, à Paris, seules les pièces d’identité sont rendues gracieusement. Pour le reste, comptez 11 € pour tout objet dont la valeur estimée est inférieure à 100 €. Au-delà, les frais de garde s’élèvent à 3 % de la valeur du bien.

Un an et un jour

Pour des problèmes de place, la plupart des services municipaux limitent le délai de garde à un an et un jour.
À Paris, les articles d’une valeur inférieure à 100 € ne sont conservés que trois mois. Passés ce délai, ils peuvent être restitués à la personne qui les a trouvés et que l’on appelle « l’inventeur ». Il y a quatre ans, un homme a vu son honnêteté récompensée par la remise d’une bague perdue valant 22 000 € !
Mais l’objet n’appartient pas à l’inventeur pour autant. Il n’en est le propriétaire qu’au terme du délai légal de prescription (maximum trente ans) pendant lequel le propriétaire peut toujours faire valoir ses droits moyennant des frais de garde, d’entretien ou de remise en état.
Enfin, tout ce qui n’a pas pu trouver preneur est détruit, s’il n’a pas de valeur, donné à des associations, ou encore vendu au profit de l’État (services des Domaines), par le biais de ventes aux enchères.

Marquer pour identifier

Sachez que seul un objet perdu sur quatre est réclamé. En revanche, dès que l’objet est identifié, le pourcentage monte à près de 70 %. Partant de ce constat, la société Objet retrouvé (www.objetretrouve.com) propose des stickers d’identification (14,95 € le kit de 11 étiquettes adhésives et 3 badges pour les clés).
Clés,téléphones, doudous ou MP3 peuvent ainsi être dotés d’un numéro d’identification accolé à un numéro de téléphone. La personne qui trouve l’objet n’a plus qu’à appeler un numéro non surtaxé et ses coordonnées sont transmises au propriétaire par mail et SMS. Pour rester actif, le dispositif doit être renouvelé tous les deux ans.
La société propose aussi des kits gratuits à l’achat, impliquant de payer 10 € pour obtenir les coordonnées du "trouveur".

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