Collectes : donnez vêtements, meubles et aliments !

Collectes : donnez vêtements, meubles et aliments !

Vous videz vos armoires, votre cave, votre grenier ? Ne jetez pas ! En donnant à ceux qui en ont besoin, vous éviterez de produire des déchets supplémentaires.

Nous produisons toujours plus de déchets : 590 kg par an et par personne, soit deux fois plus qu’il y a quarante ans. Mais le jour où l’on opère un grand tri dans la maison, on n’a pas toujours l’envie ou l’énergie de se lancer dans la tournée des vide-greniers ou de créer une boutique sur eBay pour se débarrasser des objets inutiles.

La solution : donner ! Meubles, vêtements, appareils électroménagers, ordinateurs, téléphones portables… peuvent vivre une seconde vie.

Cette activité représente environ 16 000 emplois à temps plein, souvent occupés par des personnes peu ou pas qualifiées ou en insertion professionnelle. Et avec des débouchés plus importants, dus à l’évolution des mentalités, mais aussi à la baisse du pouvoir d’achat : 7 Français sur 10 ont acheté des produits d’occasion en 2010, contre moins de 6 sur 10 en 2004 (sondage Ipsos/Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie).

Donner des objets en bon état

On peut presque tout donner… mais pas n’importe comment. Toutes les associations insistent sur la propreté et la qualité des objets proposés. Chez Emmaüs, le poids des dons qui finissent à la benne est passé de 23 tonnes en 2008 à 26 tonnes en 2009 (sur une moyenne de 225 000 tonnes d’objets collectés).

Ce n’est pas parce que les dons vont à des personnes en difficulté qu’ils peuvent être abîmés, explique le Secours catholique.

« Il faut penser à la dignité de ceux qui vont recevoir », complète le Secours populaire. D’autant que les dons matériels doivent être triés, nettoyés, remis en état, stockés…

Pour les associations, recevoir des objets irréparables ou invendables représente une perte de temps et d’énergie.

Donner ne doit pas être ­synonyme de se débarrasser de ce qui encombre, résume Julien Lauprêtre, président du Secours populaire. Si l’on donne, c’est pour aider.

Toutes les associations n’ont pas la même politique. La Croix-Rouge, par exemple, ne prend que les vêtements.

Le Secours catholique recommande aux donateurs de contacter la délégation locale pour voir si ce qu’ils ont à proposer peut être repris.

Le Secours populaire, lui, accepte les vêtements dans toutes ses antennes et les meubles seulement dans certaines.

Enfin, les compagnons d’Emmaüs sont preneurs de tous les dons en bon état. En tête du hit-parade, textile, vêtements et linge de maison.

Certaines organisations distribuent la collecte à ceux qui en ont besoin, d’autres organisent des braderies qui leur permettent de récolter de l’argent, d’autres encore ont mis en place une filière spécifique. C’est le cas des Compagnons d’Emmaüs, avec Le Relais qui assure une collecte en porte-à-porte ou dans des conteneurs.

Les textiles sont ensuite triés : 5 % iront aux boutiques Ding Fring pour être revendus, 35 % sont exportés, essentiellement vers l’Afrique, 45 % sont recyclés en chiffons industriels ou transformés en isolant thermique. Les 15 % restants, considérés comme des déchets, sont détruits.

Des dons de textiles importants mais insuffisants

En 2008, nous avons collecté 85 000 tonnes de textile, explique Laure Campagne, chargée de communication chez Emmaüs. C’est beaucoup mais cela reste peu au regard du gisement global de textiles jetés que l’on estime à 700 000 tonnes par an.

Les conteneurs du Relais accueillent aussi les dons destinés au réseau Tissons la solidarité, fondé par le Secours catholique, qui réunit 70 entreprises se consacrant à la lutte contre l’exclusion des femmes. Là aussi, les vêtements sont collectés, triés et revendus. Le réseau a même sa propre griffe et fait défiler sa collection deux fois par an.

Inflation technologique oblige, nous jetons de plus en plus d’équipements électriques et électroniques : 16 à 20 kg par an et par habitant. Ces appareils sont logiquement de plus en plus représentés dans les dons. Emmaüs en collecte plus de 20 000 tonnes par an. Le matériel informatique est particulièrement recherché.

En 2010, 4 000 ordinateurs ont été reconditionnés et revendus à petit prix aux familles démunies.

Cela ne concerne pas seulement les particuliers, remarque Julien Lauprêtre, président du Secours populaire. Une entreprise qui renouvelle son parc informatique peut aussi penser à donner ses vieux ordinateurs.

Lorsque les appareils sont en trop mauvais état pour être réparés ou revendus, l’association les transmet à un organisme de recyclage.

Le mobilier, la vaisselle et les objets de décoration ne sont pas pour autant oubliés, comme le montre le succès du salon Emmaüs, chaque mois de juin à Paris. L’association collecte plus de 65 000 tonnes de mobilier par an, dont 70 % sont revendus ou donnés. Et lorsque la collecte est réalisée directement chez le particulier, le mobilier arrive en meilleur état.

N’hésitez donc pas à demander à l’antenne Emmaüs la plus proche de passer chez vous récupérer votre ancien canapé ! Enfin, les dons de livres font le bonheur du Secours populaire car ils permettent d’organiser des braderies très appréciées.

« Ressourcez » vos objets

Tout comme les associations, les ressourceries (ou recycleries) récupèrent mobilier, vaisselle et appareils électroménagers pour les remettre en état, voire les customiser et les revendre. Attention ! Elles n’effectuent pas de collecte, c’est à vous d’apporter vos objets. Consultez le réseau des ressourceries.

Favoriser l'aide alimentaire

Les dons les plus recherchés par les associations aujourd’hui concernent… la nourriture.

Il y a quelques années, c’était un besoin ponctuel, explique Julien Lauprêtre, du Secours populaire. Aujourd’hui, certains ne mangent que grâce à ces dons.

Problème : ces actions sont en grande partie financées par le Programme européen d’aide aux plus démunis, remis en question par la Commission européenne. Le montant de l’aide sera divisé par quatre en 2012 et le programme pourrait être purement et simplement abandonné par la suite. Pour les associations, c’est une véritable catastrophe !

Pas de dons d’animaux vivants !

Il existe également des sites Internet spécialisés dans les dons d’objets entre particuliers. Le principe est toujours le même : l’inscription sur le site est gratuite, que ce soit pour donner ou pour rechercher un objet. Sur certains sites, comme donnons.org ou co-recyclage.com, chaque annonce est validée avant sa publication par un modérateur.

Les dons d’objets dangereux ou illégaux sont interdits, mais donnons.org refuse également les dons  d’animaux vivants, de produits alimentaires, de cosmétiques, ainsi que les tapis-puzzle en mousse récemment interdits à la vente car susceptibles de contenir des substances toxiques.

Cela n’empêche pas le site, qui revendique aujourd’hui 274 000 membres, de connaître une progression spectaculaire : de 23 dons en 2006, année de sa création, il est passé à plus de 35 000 en juillet 2011.

Il y a beaucoup de vêtements de bébé et d’enfant, de télévisions cathodiques et d’objets encombrants comme des canapés, qui sont à enlever par le preneur, explique Élisabeth Deschuyter, l’une des 42 bénévoles du site. Ce sont les téléphones portables, le matériel informatique et les objets de puériculture qui partent le plus vite.

Donnons.org encourage les dons de proximité pour éviter les frais de transport, les colis qui se perdent et les trajets en voitures.

Tous les sites de dons entre particuliers permettent d’ailleurs d’effectuer une recherche par région, département et parfois par ville. Tous protègent également l’anonymat de leurs membres : les messages électroniques passent par le site et les adresses des donneurs ne sont jamais transmises aux preneurs et vice-versa.

Reste ensuite à faire son choix parmi les sites existants, plus ou moins ­militants, modérés, navigables et agréables à l’œil : outre co-recyclage.com et donnons.org, on peut aussi ­donner sur recupe.net, consoglobe.com, je-donne.org, bondebarras.org, recupere.fr ou encore freecycle.org.

Le saviez-vous ?

  • Le recyclage favorise la réinsertion en générant 16 000 emplois à temps plein.
  • 180 milliers de tonnes, c'est le volume d’objets réemployés en 2008, pour une collecte de 450 000 tonnes.