Coffrets cadeaux : soyez prudents à l'achat et à l'utilisation !

Coffrets cadeaux : soyez prudents à l'achat et à l'utilisation !

Deux millions de coffrets cadeaux ont été vendus en 2011 ! Mais ces petites boîtes magiques se transforment parfois en cadeaux empoisonnés. Où les acheter ? Comment les utiliser ? Suivez tous nos conseils.

De quoi se compose le coffret ?
Il comprend un catalogue de présentation, un chèque-cadeau à remettre au prestataire et les conditions d’utilisation. Simple et pratique, la formule met toutefois en relation quatre personnes différentes (l’éditeur du coffret, le prestataire, l’acheteur et le destinataire du cadeau) et aboutit à la conclusion de deux contrats, l’un portant sur l’achat du coffret, l’autre sur la prestation.

Le coût varie de 30 € (activité bien-être, par exemple) à 500 € (séjour dans un hôtel de luxe).
Est-il préférable de l’acheter en magasin ou sur Internet ?
L’achat d’un coffret cadeau sur Internet permet de disposer d’un délai de rétractation de sept jours à compter de sa réception, comme pour tout achat à distance. Sauf s’il s’agit d’une « prestation de services d’héber­gement, de transport, de restauration, de loisirs qui doivent être fournis à une date ou selon une périodicité déterminée » (article L. 121-20-4 du Code de la consommation).

Ce droit de rétractation doit être indiqué dans les conditions générales de vente du produit. En revanche, l’achat en magasin ne confère aucun droit de réflexion.

L’achat sur Internet permet aussi de se retourner contre son éditeur si la prestation ne correspond pas à la valeur du coffret ou si elle se révèle de moindre qualité que les prestations fournies aux autres clients (article L. 121-20-3 du Code de la consommation).
Quels sont les recours en cas de réservation impossible ?
Il n’est pas rare que les prestations se révèlent indisponibles aux dates souhaitées, en raison d’un trop grand nombre de demandes. On peut aussi se heurter au refus de certains prestataires de valider la réservation, notamment aux périodes les plus chargées : week-ends, vacances scolaires…

Difficile de démêler les vraies raisons d’un refus, à moins de se faire passer pour un client désirant réserver la même prestation en direct, et prouver ainsi l’infraction de refus de vente. Il faut alors en informer l’éditeur et lui demander une liste supplémentaire de prestataires, voire un échange de coffret.
Est-il possible de prolonger le délai de validité des offres ?
Oui. Les coffrets ont une durée de validité comprise en général entre 12 à 18 mois, signalée sur la « box » ou décomptée à partir de la date d’achat. Mais il est possible de demander une prolongation dans un délai d’un à six mois après la date de péremption.

Ce droit peut être assorti de frais supplé­mentaires, de l’ordre de 10 à 20 €, à condition que cette disposition soit inscrite dans les conditions générales de vente au moment de l’achat du produit. Toutefois, si vous n’avez pas pu utiliser le coffret dans le temps imparti en raison de l’indisponibilité de la prestation ou de la faillite du prestataire, vous pouvez demander un échange sans frais.
Est-il plus avantageux de réserver en direct ?
Il peut être plus intéressant de réserver un loisir ou un séjour sans passer par une box. À tarif égal, vous pourrez alors même bénéficier d’une prestation supérieure, car le coût des coffrets cadeaux inclut la rémunération de l’éditeur.

Ainsi, deux tours de circuit en passager à bord d’une Ferrari F430 sont facturés 99 € en coffret cadeau, contre 79 € pour trois tours en réservant directement auprès du prestataire !
Une option d’autant plus avantageuse qu’il est désormais possible de réserver des « bons cadeaux » directement auprès de nombreux prestataires.
Que faire si le prestataire réclame des frais supplémentaires ?
Dans le cadre des prestations touristiques (chambres d’hôtels, séjours…), il arrive que des prestataires ne disposent pas de possibilités de réservation correspondant à l’offre du coffret aux dates choisies par le bénéficiaire, et demandent un supplément pour une prestation supérieure. Libre à vous d’accepter ou de refuser.

En revanche, si le prestataire impose des conditions (obligation de prendre le dîner sur place en supplément…), le consommateur est en droit de lui rappeler l’interdiction de subordonner la vente d’un produit ou la prestation d’un service à l’achat d’un autre produit ou service, dès lors que cette subordination constitue une pratique commerciale déloyale (article L. 122-1 du Code de la consommation).
Comment réagir si la prestation est annulée ?
Après réservation, si la prestation est annulée ou modifiée, deux possibilités s’offrent au bénéficiaire du coffret.

  • Pour un produit touristique, il peut se retourner contre l’éditeur du coffret et obtenir son rembour­sement ou une prestation de remplacement.
  • Pour une activité de loisir, c’est le prestataire qui est seul responsable de la mauvaise exécution du contrat. Il doit proposer son remboursement ou son report sur une autre activité.

Quels sont vos droits en cas de faillite ?
Parmi les éditeurs de coffrets cadeaux, nombreux sont ceux, notamment dans le tourisme et les loisirs, qui rencontrent des difficultés financières, quand ils ne font pas tout simplement faillite (Happytime, Rêves en cadeau, Kouro, Weekendtour…).
Dans ce cas, l’éditeur ne pourra rétribuer le prestataire et le coffret risque de devenir inutilisable.

Si le coffret cadeau concerne une pres­tation touristique, le consom­mateur peut s’adresser à l’agence de voyage ou à l’enseigne qui l’a commercialisé. Ou, si la presta­tion a déjà été réservée, à l’organisme qui garantit les professionnels du secteur (Association professionnelle de solidarité du tourisme), pour demander à être remboursé. Mais, si le coffret cadeau concerne une activité de loisir, rien ne garantit qu’il pourra être remboursé.

Enfin, si c’est le prestataire qui a fait faillite, le bénéficiaire du coffret cadeau peut demander à l’éditeur un prestataire de remplacement ou le remboursement du coffret.