Ampoules à incandescence : comment les remplacer ?

Ampoules à incandescence : comment les remplacer ?

D’ici à deux ans, les lampes à incandescence vont disparaître, remplacées par des halogènes à haute efficacité, des fluocompactes ou à led. Nos conseils éclairés pour choisir vos nouvelles ampoules.

Plus d’ampoules à incandescence fin 2012

Les ampoules à incandescence quittent petit à petit les rayons des magasins et auront disparu à la fin 2012. Les ampoules de 100 W appartenant à la classe D, E, F ou G ont été retirées en juin 2009. Au 31 décembre, c’était le tour des 75 W de classe D, E, F ou G.

Le terme d’ampoule à incandescence regroupe les ampoules "classiques", à filament, et les halogènes. Ce retrait est dû à la transposition en droit français d’une directive européenne de 2005 visant à réduire la consommation électrique de chaque foyer de 10 à 15 % par an.

Leur disparition devrait éviter l’émission de 470 millions de tonnes de CO2 en 2010, précise l’Agence internationale de l’énergie, et permettre une économie de 5 à 10 milliards d’euros par an selon l’Union européenne. Car, si les lampes fluocompactes ou les led (Light Emitting Diodes ou diodes électroluminescentes) coûtent plus cher à l’achat, elles ont parallèlement une durée de vie bien supérieure.

Les lampes fluocompactes recommandée par l’Ademe

Les ampoules doivent afficher une étiquette énergie allant de A à G. Les modèles à incandescence sont classés entre E et G, (catégories les plus énergivores), et les halogènes à haute efficacité (basse tension ou 12 V) entre B et C. "Ces ampoules réutilisent leur propre chaleur, d’où une économie d’énergie de 30 à 50 %. Elles sont compatibles avec les lampes à variateur, ce qui n’est pas toujours le cas pour les lampes fluocompactes ou à led", explique Pierre-Yves Monleau, de l’Association française de l’électricité.

L’utilisation des lampes fluocompactes, classées entre A et B sur l’étiquette énergie, est recommandée par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) : "Elles produisent environ 75 % de chaleur et 25 % de lumière, contre 95 % de chaleur et 5 % de lumière pour les lampes à incandescence." On leur reproche une mise en route lente et une mauvaise résistance aux allumages fréquents et au froid à éviter pour les couloirs et les escaliers.

Lampes à led : longévité exceptionnelle

Les lampes à led, très peu gourmandes en énergie, ont une durée de vie exceptionnelle. Elles sont résistantes aux chocs et au froid. Leur point faible réside dans leur manque de luminosité. Il faut donc les multiplier, ce qui revient cher. Leur rendu des couleurs - réputé médiocre - leur ferme les portes de la salle de bains et de la cuisine.

Avant tout achat, oubliez les watts et consultez les lumens. "Plus le chiffre est grand, plus la lampe émet de lumière pour une même énergie consommée", explique-t-on à l’Ademe, où l’on recommande de remplacer une classique 60 W par une fluocompacte de 15 W qui produit un résultat équivalent. Les emballages précisent aussi l’ambiance - chaude ou froide - créée par l’ampoule.

Mercure et rayonnement

Mais la transition ne se fait pas sans polémiques. Au premier rang des accusés, le mercure contenu dans les ampoules fluocompactes. À l’Ademe, on se veut rassurant : "Une lampe qui se brise présente peu de danger, car elle ne contient que 0,005 % de mercure mélangé au gaz inerte contenu dans le tube." "En cas de casse, ramassez les débris avec un balai ou mieux, avec du chatterton, propose Pierre-Yves Monleau. Évitez l’aspirateur, qui risque de disperser le mercure dans l’air."

Autre sujet d’inquiétude : le rayonnement électromagnétique émis par les lampes fluocompactes ou les transformateurs. Sur ce point, les études s’affrontent, mais tombent d’accord sur le fait que, à plus de 30 cm de la lampe, la quantité de rayonnement reçue est négligeable. Par prudence, il est donc déconseillé d’utiliser ces ampoules pour les lampes de chevet ou de bureau.

Un remplacement couteux

Dernier problème, le prix des fluocompactes est nettement supérieur à celles à incandescence, même si tous les acteurs soulignent que leur durée de vie compense largement ce surcoût à l’achat. Selon Récyclum, l’organisme chargé du recyclage des lampes usagées, "le remplacement d’une ampoule classique de 100 W par une ampoule basse consommation de 20 W permet, tout au long de la vie de la lampe, une économie d’énergie de 800 kWh. C’est-à-dire environ 88 €, soit plus de deux ans d’éclairage gratuit". Ce calcul ne se vérifie que si les durées de vie annoncées par les fabricants sont effectivement atteintes.