Travaux d’économie d’énergie : c’est le moment !

Travaux d’économie d’énergie : c’est le moment !
Changer les fenêtres améliore le confort dans le logement en diminuant la sensation de froid. - © anzeletti

Le crédit d’impôt de 30 % lié à ces travaux est passé à 15 % le 1er janvier et sera supprimé à compter du 1er juillet prochain. Si vous envisagez ces dépenses pour votre résidence principale, il est préférable de ne pas trop tarder.

Pendant combien de temps pourrez-vous déduire une partie de vos dépenses du montant de votre impôt si vous changez vos fenêtres ? Faites vite, car la loi de finances pour 2018 limite le crédit d’impôt destiné à encourager ces travaux avant de le supprimer, le gouvernement estimant le dispositif trop coûteux pour l’État. En 2017, l’achat de volets isolants, de fenêtres ou d’une porte d’entrée dernier cri respectant des critères précis et posés par des professionnels agréés donnait droit au crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE). Le crédit s’élevait à 30 % de la dépense hors pose, dans la limite de 8 000 euros dépensés en cinq ans pour un célibataire, le double pour un couple marié ou pacsé, majorés de 400 euros par enfant à charge.


Cette année, le crédit d’impôt sera d’abord réduit à 15 %, pour les parois vitrées, à condition qu’elles remplacent du simple vitrage. Pour en bénéficier, il faut avoir accepté un devis et versé un acompte avant
 le 1er juillet 2018. Après cette date, fini le crédit d’impôt pour ce type de travaux.

De nouvelles fenêtres d’abord pour le confort

Changer les fenêtres améliore le confort dans le logement en diminuant la sensation de froid. Mais, sauf si vous disposez de grandes baies vitrées datant des années 1960 ou 1970, de faible qualité, la solution la plus efficace pour réduire la consommation d’énergie est « en général, d’isoler le toit et les murs », rappelle Florence Clément, de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Vous pouvez néanmoins encore réduire votre facture de chauffage avec des parois vitrées plus performantes (fenêtres, portes-fenêtres, fenêtres de toit, etc.). Remplacer les fenêtres et les portes s’envisage surtout quand elles sont abîmées ou disjointes, afin de limiter les courants d’air et les infiltrations d’eau, ou pour des raisons esthétiques, dans le cadre de la rénovation 
du logement. En PVC ou en bois ? Le premier est deux à trois fois moins coûteux et plus facile à entretenir. Mais le bois, facile à 
peindre aux couleurs de votre intérieur, est plus écologique, et obligatoire dans certains secteurs sauvegardés. Encore une autre raison de changer ses fenêtres ? Améliorer l’isolation phonique pour se protéger du bruit extérieur. Attention, les fenêtres efficaces pour l’isolation thermique ne sont pas forcément performantes pour l’isolation phonique, qui nécessite l’insertion d’une feuille de plastique supplémentaire entre les vitres, ce qui renchérit le prix de la fenêtre d’environ 20 %. Mais cela peut être très efficace. Un exemple ? Avec les fenêtres à 40 dB (réduction du
 bruit extérieur de 40 décibels) qui équipent certains bâtiments proches des aéroports, 
il est possible de voir l’avion descendre pour se poser sans l’entendre ! On peut aussi souhaiter améliorer sa sécurité : les fenêtres aux vitres anti-effraction sont renforcées, notamment au niveau de la quincaillerie, pour retarder les intrusions. Elles coûtent 15 % 
à 20 % plus cher. Tous les équipements ne donnent pas droit au crédit d’impôt, mais les vendeurs vous orienteront naturellement vers ceux qui permettent d’en bénéficier.

Un professionnel pour réaliser les travaux

Pour bénéficier du crédit d’impôt, les installations doivent avoir été effectuées par un professionnel qui a reçu la qualification RGE (reconnu garant de l’environnement).
 « Un bon professionnel sait aussi conseiller son client sur les choix techniques à faire, l’aide pour sa déclaration de travaux préalable, il prend des photos avant les travaux, pour prouver en cas de besoin que les fenêtres ont bien été remplacées à l’identique, etc. », souligne Jean-Marc Desmedt, président de l’Union nationale artisanale menuiserie-charpente-agencements. 
Face au démarchage, très courant pour les travaux d’isolation, soyez particulièrement prudent si l’interlocuteur se recommande 
de l’Ademe – car l’agence ne soutient 
aucun professionnel et ne cautionne aucun démarchage – ou d’une collectivité locale.
 « Ne vous décidez jamais tout de suite, prenez toujours le temps de comparer plusieurs
 devis », conseille Florence Clément.

Des aides supplémentaires

Outre le CITE, il existe de nombreuses aides 
à la rénovation énergétique : aide de l’ANAH, Éco-PTZ (prêt à taux zéro), subventions ou prêts sans intérêt des collectivités locales, etc. « Mais ils sont rarement accordés si vous changez seulement vos fenêtres. Il faut en général engager en complément d’autres travaux d’isolation (murs, toiture, etc.) ou remplacer la chaudière, par exemple. Veillez à les solliciter avant d’entreprendre vos travaux », souligne Florence Clément.

Respecter les obligations légales

Si les fenêtres, la porte d’entrée du logement ou les volets que vous comptez installer modifient l’aspect extérieur du bâtiment, vous devez déposer auprès de votre mairie une déclaration préalable de travaux et attendre un mois minimum pour faire les installations. Attention, si le logement est situé dans un secteur sauvegardé ou une zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager, la déclaration préalable est obligatoire, même si vous restez fidèle à l’aspect initial. L’architecte des bâtiments de France peut refuser votre projet et vous demander des améliorations. Enfin, si votre logement est situé dans une copropriété, vous devez solliciter son autorisation chaque fois que vous modifiez l’aspect extérieur de l’immeuble ou touchez aux parties communes. Ce sera donc le cas si vos nouvelles fenêtres ou volets sur la façade ne sont pas semblables aux précédents.