Les bons gestes pour protéger la planète et faire des économies

Les bons gestes pour protéger la planète et faire des économies
En 2014, plus de 8 000 familles ont accepté de participer au défi Familles à énergie positive, organisé par l’association Prioriterre. - © Pamela Moore

Alors que Paris accueille la COP21, Conférence des Nations unies sur le climat, jusqu’au 11 décembre, nous pouvons, en tant que citoyens, agir contre le réchauffement climatique. Tour d’horizon des gestes futés pour faire du bien à la planète et à notre porte-monnaie.

À la maison

En 2014, plus de 8 000 familles ont accepté de participer au défi Familles à énergie positive, organisé par l’association Prioriterre. Leur mobilisation a ainsi évité le rejet de 1 400 tonnes de CO2 et a permis d’économiser 8,5 kWh et 31 millions de litres d’eau. Pour réussir ce pari, ces familles ont mis en œuvre des écogestes simples, conseillés par les spécialistes des espaces Info Énergie, présents dans chaque région.

Réduire la facture de chauffage et d’eau chaude

  • Aérer les pièces cinq minutes par jour pour renouveler l’air sans refroidir les murs.
  • Éviter de pendre des rideaux devant les radiateurs.
  • Fermer les portes des pièces les moins chauffées (jusqu’à 6 % d’économies).
  • Baisser le chauffage de 1 à 2 °C : au-delà d’une température de 20 °C, chaque degré coûte 7 % de chauffage en plus !
  • Baisser le chauffage la nuit ou lors d’une absence de plus de deux heures : jusqu’à 25 % d’économies.
  • Placer des panneaux réfléchissants derrière les radiateurs (sur les murs non isolés) pour améliorer leur performance de 5 à 10 %.
  • Régler la température de l’eau chaude entre 55 et 60 °C.
  • Faire détartrer le chauffe-eau tous les deux à trois ans.
  • Isoler le frigo des sources de chaleur.
  • Débrancher les chargeurs lorsqu’ils ne servent pas.
  • Brancher lave-linge et lave-vaisselle sur l’arrivée d’eau chaude.

Réduire sa consommation d’eau

  • Installez des écomousseurs sur les robinets.
  • Prendre une douche de trois à cinq minutes (30 à 80 litres), plutôt qu’un bain ou une douche de dix minutes (150 à 200 litres).
  • Utiliser des bacs pour laver et rincer la vaisselle plutôt que de laisser couler l’eau.

Pour l’ensemble de ces gestes

Avantage planète : 12 % d’énergie et 12 % de CO2 par an en moins.

Avantage économique : 200 € de moins par an.

Dans l’assiette

Près d’un tiers de notre empreinte carbone vient de notre alimentation, dont les deux tiers sont générés par la production de produits d’origine animale.

Consommer moins de viande

La production de 1 kg de viande bovine entraîne l’émission de 27 kg équivalent CO2, contre 900 g pour le même poids de lentilles ! On peut réduire sa consommation de viande et la choisir issue d’élevages locaux respectueux de l’animal. L’étape suivante consiste à devenir végétarien : le Défi Veggie propose d’accompagner votre démarche pendant une semaine (infos sur defi-veggie.fr).

Avantage planète : 1 234 kg équivalent CO2 par an en moins avec un régime végétarien, contre une consommation de 100 g de viande par jour.

Avantage économique: réduction des coûts médicaux (prévention des maladies cardiovasculaires, diabète, etc.).

Cultiver son jardin

La solution pour produire ses propres légumes, faire des économies et se régaler ! Il existe 160 000 hectares de jardins et de vergers familiaux en France. Si vous n’en avez pas, contactez votre réseau local de jardins partagés (infos sur jardins-partages. org) ou regardez si un voisin n’en a pas un à prêter sur pretersonjardin.com. Il est possible d’y consacrer un minimum d’efforts en s’inspirant de lectures spécialisées, comme L’Incroyable Jardin sauvage nourricier et sans effort (fiches pratiques, éditions YpyPyp, 3,90 €), ou de professionnels, comme Pascal Poot qui cultive sans pesticides ni eau et qui propose des stages (lepotagerdesante.com).

Avantage planète : 391 g équivalent CO2 en moins par mètre carré de jardin.

Avantage économique : 500 € de moins, par an et par ménage, pour 250 kg de légumes.

Consommer local, de saison et bio

Cela permet de mieux manger, de réduire votre impact sur la planète, mais aussi de tisser des liens avec des producteurs. De plus en plus d’organisations existent : paniers paysans, Amap (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne, plus de 1 600 en France), La Ruche qui dit oui (700 recensées) ou autres groupements de consommateurs. Ainsi, 30 % des fruits et légumes bios en France sont vendus en direct.

Pour les déplacements

En France, les transports routiers représentent un tiers des émissions de CO2 et les voitures des particuliers 55 % de ces émissions. 75 % des trajets domicile-travail se font en voiture. Outre le réchauffement climatique, cette pollution produirait 42 000 décès prématurés. L’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (Ademe) propose une écocalculette pour comparer le coût et les émissions de vos trajets avec chaque mode de locomotion : www3.ademe. fr/eco-deplacements/calculette.

Utiliser les transports en commun

Le métro, le bus ou le train plutôt que la voiture en solo sont sources d’économies.

Pour un trajet domicile-travail de 15 km en train plutôt qu’en voiture

Avantage planète : 1 945 kg équivalent CO2 en moins par an.

Avantage économique : 2 788 € de frais en moins par an.

Aller travailler en vélo

Bon pour la santé et le porte-monnaie, le vélo ne représente pourtant que 3 % des déplacements des Français. L’expérimentation, auprès de 10 000 salariés, du versement d’une indemnité kilométrique de 0,25 € par km (exonérée d’impôt sur le revenu) pour les employés se rendant au travail à vélo a montré que chacun recevait environ 100 € par mois pour un trajet de 10 km (trente-cinq minutes environ), cinq jours par semaine. De quoi inciter à passer au vélo à assistance électrique, un achat pour lequel de nombreuses collectivités proposent des aides, ou profiter des vélos en libre-service proposés dans 39 villes de France.

Pour 2 trajets quotidiens de 10 km

Avantage planète : 1 296 kg équivalent CO2 de moins par an.

Avantage économique : 1 859 € de dépenses en moins par an (hors indemnité kilométrique).

Pratiquer le covoiturage

Tout le monde s’y met. L’Ademe recense 10 millions de personnes inscrites sur des sites de covoiturage. Pour les trajets domicile-travail, les collectivités mettent en place des aires réservées. Les applications proposant de partager son trajet se multiplient, surtout en région parisienne et dans les grandes agglomérations : Citygoo, Covivo, Karos, Sharette, Ouihop’, Wayz-up, Weepil... À Lyon, Optymod développe un GPS urbain permettant de choisir en temps réel le meilleur moyen de transport, y compris le covoiturage.

Pour un trajet domicile-travail de 15 km

Avantage planète : 1 944 kg équivalent CO2 en moins par an.

Avantage économique : 1550 € de dépenses en moins par an.

Pour vos achats

Nos maisons débordent d’objets... et nos poubelles de déchets. Sommes-nous plus heureux pour autant ? Pas sûr. Voici quelques gestes qui peuvent faire la différence.

Éviter les cadeaux objets

Une place de concert ou de théâtre, des cours de cuisine, de couture, des massages bien-être, des ateliers de découverte de la faune, des bons de dépannage informatique.

Acheter vos produits en vrac

La destruction des emballages émet beaucoup de CO2 (camions poubelles, usines d’incinération, etc.). La moitié du volume et un tiers du poids de nos déchets ménagers (44,5 kg par personne et par an) sont des emballages. Plusieurs épiceries vendant leurs produits en vrac ont ouvert, comme La Recharge, à Bordeaux, ou la Juste Dose, à Nancy. Vous apportez vos contenants et prenez juste ce dont vous avez besoin, ce qui évite aussi le gaspillage alimentaire (20 kg par an et par personne dont 7 kg de produits encore emballés). L’enseigne Day by Day propose 500 références dans ses 5 boutiques (Lille, Nantes, Bordeaux et dans l’ouest parisien) et prévoit de nouvelles ouvertures d’ici fin 2015. Les magasins bios type Biocoop proposent aussi du vrac. Même les supermarchés classiques s’y mettent.

Avantage planète : 26 kg de déchets en moins par an.

Avantage économique : 400 à 500 € de dépenses en moins par an et par personne.

« Partager son savoir pour vivre mieux et avec moins »

Yvan Saint-Jours, fondateur du magazine La Maison écologique et de la maison d’édition YpyPyp

« YpyPyp publie des fiches pratiques qui constituent une somme d’informations sur l’autonomie dans les domaines de l’habitat, du jardin, de l’alimentation ou de la santé. Parmi la vingtaine déjà publiées : Je suis autonome en électricité, Je construis mon four solaire, L’Incroyable Jardin sauvage nourricier et sans effort ou Je cultive mes champignons à la maison. L’idée est de donner des pistes pour reprendre sa vie en main. La France est un pays de bricoleurs. En rendant les connaissances accessibles, nous les invitons à faire les choses par eux-mêmes pour combiner économies et protection de la planète. Nous vivons une crise économique et écologique. L’autonomie est une façon d’en sortir dans la joie et la bonne humeur : c’est la sobriété heureuse. Vivre mieux avec moins, en se réappropriant les savoirs essentiels. »

« Je fais partie de plusieurs Amap »

Martine, 61 ans, enseignante à la retraite

« Il y a vingt ans, j’ai commencé par des commandes groupées de fromage, de farine et de fruits avec des copains, pour consommer autrement, en créant des liens entre consommateurs et producteurs. Depuis trois ans, je fais partie de plusieurs Amap, dans la région toulousaine, pour le pain, les pommes et les œufs. Je suis en liste d’attente pour les légumes. Chaque mardi, nous nous retrouvons dans une ferme avec ces producteurs et d’autres à qui nous pouvons commander du fromage, du poulet, des biscuits, etc. Nous avons noué aussi un partenariat avec des producteurs bios d’Andalousie qui nous livrent, entre octobre et mai, des produits à un prix abordable pour nous et équitable pour eux. Un régal ! »

« Nous avons réduit notre consommation d’électricité de 11 % »

Valérie, 43 ans, cadre dans l’industrie

« Nous payions 2 000 € par an d’électricité pour une maison de 130 m2 chauffée à l’électricité. Participer au défi Familles à énergie positive nous a permis de réduire la facture de 11 %. Fin 2014, l’espace Info Énergie Soleval (Haute-Garonne) nous a remis des instruments de mesure et un guide des 100 écogestes. En vérifiant la consommation des appareils avec un wattmètre, j’ai vu que, même éteint, le micro-ondes consommait, comme l’écran d’ordinateur en veille. J’ai donc installé des multiprises à interrupteur. J’ai pu constater aussi qu’une ampoule ‘‘économe’’ était plus énergivore que le LED. »