Où faire ses courses moins cher ?

Où faire ses courses moins cher ?

La grande distribution n’a plus le monopole des petits prix. Tour d’horizon des nouveaux circuits où faire de bonnes affaires.

L’hégémonie de la grande distribution est-elle menacée ? Certainement pas. Mais les grandes surfaces se heurtent au désamour de consommateurs de plus en plus exigeants.

D’abord il y a eu la volonté d’être davantage que de simples clients. Puis le souhait d’établir un lien direct avec les producteurs (agriculteurs, avec les Amap, magasins d’usine) dans le but de favoriser un commerce de proximité et de supprimer les intermédiaires.

Plus récemment, et en partie grâce à l’explosion d’Internet, les consommateurs se groupent de façon informelle et transitoire dans le but d’obtenir de meilleurs prix !

Dans les circuits classiques, on ne compte plus les ventes privées, les déstockages, toute une série d’initiatives propres à réduire la facture.

Préférez les produits régionaux

C’est sur une année entière que les membres d’une Amap s’engagent à acheter les produits proposés par les agriculteurs. Le nombre d’adhérents de chaque association est limité par la quantité de produits que peuvent fournir les maraîchers.

Chacun se voit attribuer, une fois par semaine, un panier d’une valeur de 10 à 20 € en fonction de ses besoins.

Les aliments proposés varient d’un producteur à l’autre. Il s’agit le plus souvent de fruits et légumes même si, parfois, on y trouve de la viande, des œufs et du fromage. Les produits dépendent des arrivages. Et donc des saisons.

La fraîcheur et les qualités gustatives sont garanties mais la variété n’est pas toujours au rendez-vous. Durant l’hiver, l’offre se résume souvent à des choux, des pommes de terre, des poireaux et des blettes.  

Acheter directement chez le producteur

Il est possible d’accéder à des produits de la ferme sans passer par ce genre de structures. De nombreux exploitants vendent leur production directement au consommateur.

Le site internet producteursdemaregion.com permet de les localiser. Un bémol cependant, les agriculteurs commercialisent rarement les produits en petites quantités. Les pommes de terre sont généralement vendues dans des sacs de 25 kilos !

Il est possible de se fournir directement auprès du producteur en se faisant livrer à domicile, grâce à des plates-formes comme paysans.fr ou le Panier des champs.

Se passer de la grande distribution permet de rémunérer correctement le paysan.

Alimentation : les ventes en gros

Ces formules ne concernent que l’alimentaire. Pour les biens manufacturés, le mieux pour alléger la facture est de se rendre chez les grossistes. Initialement, ces intermédiaires entre industriels et distributeurs n’ouvraient leurs portes qu’aux professionnels.

Tout particulier peut désormais se rendre chez certains d’entre eux et bénéficier de leurs tarifs avantageux. Les commerces de gros sont généralement situés dans les zones industrielles. Il ne faut pas hésiter à y faire un saut car, au-delà du prix, le particulier a accès à des produits utilisés par les professionnels.

Ainsi, chez un grossiste en pâtisserie, on peut trouver le pot de glaçage permettant de préparer des éclairs au chocolat maison. Il est également possible d’entrer en contact avec des grossistes sur Internet.

Attention, certains sites usurpent le nom de grossiste et ne pratiquent que des rabais mineurs. Il convient de vérifier le prix de l’article dans le circuit traditionnel de distribution pour s’assurer que le tarif est réellement avantageux.

Par ailleurs, certaines entreprises, généralement situées à l’étranger, proposent des marchandises de contrefaçon. Pour éviter toute escroquerie, des précautions élémentaires s’imposent : vérifier que la société a un numéro d’entreprise, une adresse, un numéro de téléphone fixe, des conditions générales de vente sérieuses.

Règle impérative : ne pas envoyer d’argent par mandat cash ou par Western Union, signe que l’entreprise n’a peut-être même pas de compte bancaire !

Les plates-formes de grossistes sur Internet 

Pour se prémunir contre ce genre de mésaventure, mieux vaut passer par des plates-formes internet qui jouent le rôle d’intermédiaire. Certaines ne sont accessibles qu'après la souscription d'un abonnement payant.

En aval, des sociétés se sont spécialisées dans la commercialisation des invendus du circuit traditionnel. Concrètement, les déstockeurs achètent à bas prix aux distributeurs classiques (grandes surfaces alimentaires mais aussi spécialisées) des produits de toutes natures : alimentation, culture, sport, hygiène, produits de la maison, textile…

En ce qui concerne l’alimentaire, le déstockage permet de liquider un article dont l’emballage va être renouvelé ou de se débarrasser de produits proches de la date de péremption. Même s’il est illégal de commercialiser des produits périmés, ayez la prudence, dans les magasins de déstockage, de vérifier les dates avant d’acheter.

Certains produits portent la mention DLC (date limite de consommation) et d’autres DLUO (date limite d’utilisation optimale), accompagnée de la phrase « à consommer de préférence avant ».

Un déstockeur a le droit de vendre des produits dont la DLUO est dépassée car il n’existe pas de risque sanitaire. Au pire, l’aliment risque de perdre des qualités gustatives ou nutritionnelles.

Comment fonctionnent les magasins d'usine ?

Les magasins d’usine sont également de bonnes adresses. Il s’agit cette fois-ci de points de vente appartenant aux fabricants eux-mêmes, principalement dans les secteurs du textile et de l’équipement de la maison. Ils y vendent directement aux consommateurs leurs stocks excédentaires.

Là encore, l’équation est simple : les marques sautent la case « distributeur » et peuvent baisser leurs prix sans trop rogner sur leurs marges.

Qu’y trouve-t-on ? Les plus grands noms de la mode à des tarifs imbattables. En vrac, Guy Degrenne, Gérard Darel, Clarks, Levi’s, Le Tanneur…

Si les grandes marques ont longtemps considéré qu’ouvrir un magasin d’usine nuirait à leur image, l’engouement des consommateurs pour la formule les a vite convaincus de changer de stratégie. Elles y consentent des rabais oscillant entre 20 et 50 %.

Mais il ne faut pas espérer y trouver les modèles dernier cri. La loi spécifie que les produits doivent être de la saison passée. Un règlement qui n’a pas refroidi les ardeurs des  consommateurs.

Apparus dans les années 1980, ces magasins ont poussé comme des champignons, regroupés en « villages » dont les plus connus sont Marques Avenue (Troyes, Roman, Talange, Coquelles, etc.), Quai des Marques (Franconville, Bordeaux…), L’Usine (Roubaix), McArthur Glen (Roubaix, Troyes) et Usines Center (Vélizy, Paris-Nord II).

Pour ne pas être en reste, les usines, au sens propre, possèdent souvent, elles aussi, leur propre boutique dans laquelle ils distribuent en direct leurs produits à des tarifs avantageux.  

Vêtements en stock

Si les magasins d’usine sont une mine, ils ont généralement l’inconvénient d’être situés en périphérie des agglomérations. Et d’être souvent bondés. Au cœur des villes se cachent les stocks de marque, discrètes boutiques bien connues des fashionistas, les passionnées de mode.

A première vue, rien ne les distingue des magasins classiques si ce n’est la mention « Stock » sur leur enseigne. A l’entrée, les nouvelles collections s’étalent sur les cintres. Il faut pousser jusqu’en fond de boutique, voire au sous-sol ou à l’étage, pour trouver des articles dégriffés. Ce sont les invendus des soldes de la saison passée à prix cassés. Du coup, des promotions de 20 à 70 % !

Bref, c’est le moment ou jamais de s’offrir le manteau de ses rêves. Mais gare aux déchirures et aux taches ! Les articles présentés dans les stocks ont peut être été manipulés maintes fois.

Ventes privées sur Internet

Parallèlement à la prolifération de points de vente court-circuitant la distribution classique, les sites de e-commerce fleurissent sur la toile, tels que Ventes Privées, Brand Alley et Showroomprive (textile), Voyages Privés (tourisme), Vente du diable (high-tech)...

Le principe est simple : les internautes deviennent membres en s’inscrivant sur le site. Ils reçoivent ensuite périodiquement des e-mails les informant de l’ouverture de ventes privées. Rien que dans le textile, les plus grands noms de la mode, Chanel, Dior, Gucci mais aussi du prêt-à-porter comme Diesel.

Vêtements, chaussures, parfums, sacs à main, affichent des ristournes jusqu’à 80 %. Attention, les stocks sont limités : premiers arrivés, premiers servis !

L'achat groupé

Si les ventes privées fonctionnent sur le « chacun pour soi », il existe un circuit de distribution basé sur le « Un pour tous, tous pour un ». Il est arrivé des Etats-Unis par le biais de la société Groupon.

Le concept de l’achat groupé : plus il y a d’internautes associés, plus le prix baisse. Les consommateurs obtiennent ainsi de super ristournes sur des produits et services qui n’en proposent généralement pas ou peu.

A côté de ces généralistes, sont apparus des sites spécialisés comme Automodeal (automobile) et Vinobest (vin). Revers de la médaille, ces sites font peser les réductions sur les épaules de leurs prestataires, ces restaurants ou instituts de beauté qui proposent les deals.

Attention, de nombreux consommateurs se plaignent de prestations au rabais. Bref, mieux vaut faire le tri avant de sortir sa carte bleue ! 

Gare aux arnaques des achats groupés sur Internet !

  1. Les fausses bonnes affaires : on gonfle le prix de départ pour faire croire à l’internaute que la réduction atteint des records (70, 80, 90 %). La parade : vérifier le prix auprès du prestataire.
  2. Les clients fictifs : les sites inventent des clients pour en attirer d’autres. La parade : ne pas se précipiter réfléchir à l’intérêt de l’offre.
  3. La prestation vendue n’est plus disponible (restaurant complet). La parade : appeler avant d’acheter.
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