Voyance : quelles précautions avant de consulter ?

Voyance : quelles précautions avant de consulter ?

Vous envisagez de consulter un(e) voyant(e) ? Ne vous décidez pas à la légère et, durant le rendez-vous, sachez faire respecter vos droits. Le Code de la consommation vous protège.

Voyant, un métier non réglementé

Un Français sur six s’adresserait régulièrement à un médium (cartomancien, astrologue, voyant…). Selon l’Institut national des arts divinatoires (Inad), 15 millions de consultations s’effectueraient chaque année en France, pratiquées par 100 000 personnes… Et c’est bien parce que l’offre est large qu’il convient d’être vigilant.

N’importe qui peut en effet, du jour au lendemain, s’installer comme voyant. Le métier n’est pas du tout réglementé. Aucune formation, diplôme, agrément ou autorisation spécifique ne sont exigés. La profession compte donc beaucoup d’aigrefins à l’affût de la crédulité et de la détresse humaines. D’où l’importance de bien connaître les règles pour ne pas se faire piéger.

Choisir un voyant dans les petites annonces

Quotidiens, magazines et journaux gratuits sont remplis d’annonces publicitaires vantant les services de voyants. Afin de trouver un praticien, mieux vaut faire jouer le bouche-à-oreille. À défaut, préférez la sobriété d’une annonce aux publicités racoleuses. Ne retenez que les offres de praticiens déclarés, c’est-à-dire exerçant en profession libérale ou au sein d’une société (ces renseignements doivent figurer sur l’annonce).

Le prix de la consultation doit être clairement précisé. Lisez bien les lignes écrites en petits caractères et cherchez la signification des astérisques. Enfin, ne vous fiez pas aux photos utilisées dans les publicités. Il s’agit souvent d’une "photo déco". La personne est rarement celle qui vous recevra. "Meilleur voyant", "Lauréat de la voyance"…, les récompenses et autres trophées n’ont eux non plus aucune valeur.

Attention à la voyance par téléphone

Facile d’accès, la voyance par téléphone, Internet ou texto connaît un réel succès. Redoublez de vigilance, car vous ne savez jamais à qui vous parlez. "Ce secteur regroupe beaucoup de charlatans", insiste Youcef Sissaoui, président de l’Inad. Par téléphone, l’objectif de votre interlocuteur est de vous garder au bout du fil le plus longtemps possible (tarification à la minute oblige !). Et au final, vous n’obtenez souvent que des réponses impersonnelles et stéréotypées. Évitez les numéros commençant par 08 (souvent surtaxés) ou par 00 (vous appelez l’étranger).

Éliminez aussi les praticiens qui consultent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Il y a de l’arnaque dans l’air… Sachez enfin que ce type de consultation doit respecter les règles légales de la vente à distance. Après la prise de votre rendez-vous, vous êtes censé recevoir par écrit (courrier ou courriel) des informations (nom du voyant, numéro de téléphone…) et les conditions dans lesquelles va se dérouler l’entretien (modalités d’exécution, prix…).

Entretien avec un voyant : entre 50 et 80 €

"Un entretien en tête-à-tête dans le cabinet d’un voyant reste le meilleur moyen de consulter. Une consultation dure entre trois quarts d’heure et une heure. Comptez entre 50 et 80 € l’heure", précise Youcef Sissaoui. Un voyant est censé utiliser ses connaissances, son don pour parvenir à ses prévisions. Par conséquent, si votre interlocuteur vous facture une étude personnelle alors qu’il a recours à un logiciel, il manque à son devoir et vous avez le droit de lui demander d’être remboursé.

En revanche, il n’est pas tenu à une obligation de résultat. Vous ne pouvez donc pas lui reprocher de s’être trompé (à moins qu’il ne vous ait garanti à 100 % et par écrit l’exactitude de ses prédictions). garder son libre arbitre.

Par ailleurs, ayez toujours à l’esprit qu’en consultant, vous passez un contrat avec le praticien. À ce titre, vous devez pleinement consentir à la séance et non y être contraint. Aussi, si le courant ne passe pas, ou si vous êtes surpris par le déroulement de l’entretien, libre à vous de poser des questions, voire d’interrompre le rendez-vous. Si votre interlocuteur est "bon commerçant", il ne vous fera rien payer. Sinon, tentez de négocier en lui démontrant qu’il n’a pas rempli les obligations contractuelles auxquelles il s’était engagé. À la fin de la consultation, exigez une facture. Elle pourra constituer un élément de preuve très utile en cas de litige.

Victime, défendez-vous !

En cas de litige, tentez d’abord de trouver une solution amiable, seul ou avec l’aide de l’Inad. Sinon portez plainte à la gendarmerie ou au commissariat. Vous pouvez aussi adresser un courrier recommandé avec avis de réception au procureur de la République du tribunal de grande instance du lieu de l’infraction.

Relatez avec précision les faits (date, lieu, circonstances, coordonnées d’éventuels témoins…). Joignez une copie des preuves : publicité mensongère, courriers, relevé de compte… Pensez à chiffrer le montant des dommages et intérêts que vous demandez (les juges ne peuvent pas le faire à votre place).