Plombier : attention aux pièges

Plombier : attention aux pièges

Avant de demander l’intervention du plombier, entourez-vous de précautions. Si, ensuite, sa prestation ne vous satisfait pas, la loi vous permet de vous défendre.

Les tarifs du plombier doivent être clairement affichés

Vous avez détecté une fuite dans votre salle de bains, votre lavabo est bouché, vous devez changer le mécanisme de la chasse d’eau de vos toilettes… Pas question de contacter le premier plombier venu. L’idéal est de faire fonctionner le bouche-à-oreille en demandant à des voisins ou des amis les coordonnées d’un bon professionnel qu’ils ont déjà fait travailler.

Sinon, contactez en priorité un artisan local. Demandez-lui éventuellement s’il adhère à une organisation professionnelle reconnue. Soyez particulièrement vigilant si vous le choisissez dans l’annuaire, tous ne sont pas compétents. Méfiance également quant aux prospectus publicitaires glissés dans les boîtes aux lettres.

Pour vous faire une idée du sérieux de ce professionnel, testez-le par téléphone. Il doit vous renseigner sur ses tarifs : le coût horaire de la main-d’œuvre, les prix hors taxes (HT) et toutes taxes comprises (TTC) des différentes prestations et le montant de ses frais de déplacement. Certains proposent des forfaits : n’hésitez pas alors à vous faire préciser l’ensemble des prestations prises en charge (déplacement, main-d’œuvre…).

Enfin, si vous vous déplacez dans ses locaux, sachez que les tarifs que le plombier pratique doivent y être clairement et visiblement affichés.

Au-delà de 150 €, un devis précis s’impose

Comme tout artisan, le plombier est libre de fixer ses tarifs. La même intervention peut donc varier du simple au double. Quoi qu’il en soit, "sauf urgence, au-delà de 150 € TTC d’intervention, le plombier est tenu de vous remettre un devis détaillé. N’hésitez donc pas à faire jouer la concurrence. Pour trouver le meilleur rapport qualité-prix, assurez-vous que les prestations fournies d’un devis à l’autre sont semblables (même surface, mêmes matériaux…)", recommande Marie Taillard, porte-parole de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Un devis en bonne et due forme doit indiquer notamment le prix du déplacement, le prix de chaque pièce fournie, le taux horaire de la main-d’œuvre et le nombre d’heures de travail, la somme totale à payer HT et TTC, le montant de la TVA (7 % ou 19,6 %), s’il est gratuit ou non ainsi que la durée de validité de l’offre.

Si le devis est payant, le plombier en déduira généralement le coût lors de la facture finale si vous lui confiez le chantier. Une fois signé, il vous engage tout comme il engage l’artisan. Vous ne pourrez plus annuler son intervention parce que vous avez trouvé moins cher ailleurs. Le plombier, de son côté, est tenu de le respecter à la lettre.

Il doit l’établir en double exemplaire, en conserver une copie et vous remettre l’original. "Si, à l’occasion de son intervention, le plombier constate que des travaux supplémentaires s’imposent, la loi l’oblige à vous faire signer un nouveau devis. Que vous accepterez ou pas", rappelle Marie Taillard.

Dépannages proposés par le plombier : exigez un bon de commande

Si, au cours d’un dépannage, le plombier vous propose d’autres prestations, comme la pose d’un adoucisseur d’eau pour un lave-linge entartré, ce sont alors les règles du démarchage à domicile qui s’appliquent.

Si vous acceptez, l’artisan doit établir un bon de commande. Vous disposez alors de sept jours (jours fériés compris) à compter de la signature de ce document (article L. 121-25 du Code de la consommation) pour y renoncer par lettre recommandée avec avis de réception.

"Pendant ce délai, il ne peut ni installer le matériel qu’il souhaite vous vendre, ni encaisser la moindre somme d’argent sous quelque forme que ce soit. Ne signez jamais de chèque (même postdaté), ni d’autorisation de prélèvement", souligne Marie Taillard, porte-parole de la DGCCRF.

Ne payez la facture du plombier qu’une fois totalement satisfait

Une fois son intervention bouclée, le plombier doit vous remettre une facture si le montant des travaux ou des réparations effectués excède 25 € TTC. Pour une somme inférieure, ce document reste facultatif (sauf si vous le demandez expressément). Il doit mentionner notamment le taux horaire de la main-d’œuvre, le temps passé à l’exécution des réparations, les frais de déplacement, ainsi que le détail des pièces changées (dénomination, quantité et prix).

Ne payez la facture qu’une fois totalement satisfait : c’est le meilleur moyen d’obliger l’artisan à exécuter correctement les travaux. Sachez en effet que ce professionnel est tenu à une obligation de résultat (article 1147 du Code civil). Aussi, en cas d’intervention mal faite, il est tenu de revenir gratuitement jusqu’à l’achèvement complet de son travail.

Une fois la réparation correctement effectuée, réglez par chèque ou par carte bancaire, afin de conserver la trace de votre paiement. Si vous préférez payer en espèces, exigez un reçu.

Enfin, le plombier ne peut pas se cantonner aux seules interventions demandées. Dans le cadre de son devoir de conseil, il doit vous informer notamment sur la nécessité de réaliser d’autres travaux, voire sur une nouvelle mise aux normes des installations à respecter. À vous de voir si vous voulez y donner suite ou non.

Dégât des eaux, ayez les bons réflexes d'urgence !

En cas de dégât des eaux, ne cédez pas à la panique et commencez par couper l’eau. Prenez le temps de la réflexion afin d’estimer s’il y a vraiment urgence.

Avant toute intervention, exigez du plombier qu’il vous remette un ordre de réparation précisant l’état initial des lieux ou de l’appareil, la motivation de votre appel, et décrivant succinctement les réparations à effectuer.

Panne ou dysfonctionnement d'un appareil neuf

Vous bénéficiez généralement d’une garantie commerciale (d’une durée variable selon les boutiques ou les marques) sur les pièces et la main-d’œuvre. Pendant ce laps de temps, en cas de panne ou de dysfonctionnement, un plombier (travaillant en lien avec le magasin ou la marque) se rendra chez vous et procédera gratuitement aux réparations.

Ses frais de déplacement resteront, en revanche, le plus souvent à votre charge. Une fois intervenu, il est tenu de vous remettre un bordereau de réparation, mentionnant notamment la référence des pièces changées, la date et la durée de l’intervention.

Les recours face aux réparations ou travaux défectueux

Tentez d’abord de trouver, de vive voix, une solution amiable avec l’artisan. S’il ne veut rien entendre, adressez-lui une lettre recommandée avec avis de réception, expliquant le motif de votre mécontentement et lui demandant d’intervenir sous un certain délai.

En cas d’échec, si votre différend porte sur une somme n’excédant pas 4 000 €, c’est le juge de proximité qui tranchera. De 4 001 à 10 000 €, vous pouvez saisir le tribunal d’instance (avocat facultatif). Au-delà de 10 000 €, c’est le tribunal de grande instance qui est compétent (avocat obligatoire).

Pour une infraction (publicité mensongère, tromperie sur la réparation…), portez plainte auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) dont dépend géographiquement votre plombier. Coordonnées à la préfecture ou sur le site www.dgccrf.bercy.gouv.fr.

Les sites Internet et numéros des syndicats

Union nationale des chambres syndicales de couverture et de plomberie de France (UNCP) : 01 40 69 53 07 et www.uncp.ffbatiment.fr.

Syndicat national de maintenance et des services après-vente (Synasav) : www.synasav.fr.

Syndicat national du dépannage à domicile (Synadep) : 0 800 310 320 (numéro Vert) et www.synadep.fr.

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