Economie d'énergie : baisser sa facture électrique en changeant de fournisseur

Economie d'énergie : baisser sa facture électrique en changeant de fournisseur

Depuis l’ouverture du marché de l’électricité, il est possible de changer de fournisseur aussi souvent qu’on le souhaite. Mais, pour réduire sa facture énergétique, il faut bien comparer les offres.

Plus de quatre Français sur dix ignorent encore qu’ils peuvent changer de fournisseur d’électricité (Baromètre Direct Énergie–Opinion Way, septembre 2010). Pourtant, depuis le 1er juillet 2007, les consommateurs ont la possibilité de s’adresser à l’opérateur de leur choix en faisant jouer la concurrence entre EDF, le fournisseur historique, et les autres prestataires : Direct Énergie, Énercoop, Poweo… et même Gaz de France ! Mais seuls 5 % des clients ont franchi le pas.

Jusqu’à 8 % de réduction sur votre facture d'électricité

Alors que la facture d’électricité a augmenté de 2,9 % en juillet et que les tarifs réglementés pourraient grim­per de 28 % d’ici à 2015, selon la Commission de régulation de l’énergie, changer de prestataire est une option à étudier. D’autant que cela peut permettre, selon notre enquête, de réduire sa facture annuelle jusqu’à 8 %.

Les consommateurs disposent désormais d’une totale liberté : ils peuvent opter pour l’opérateur de leur choix, sans avoir à respecter de durée minimale d’engagement, y compris lorsqu’ils sont locataires de leur logement, ou en cas de déménagement. Ils ont donc la possibilité de souscrire à une offre du marché, dont les tarifs sont librement déterminés par chaque opérateur.

Ils peuvent aussi revenir à tout moment aux tarifs réglementés, fixés par l’État et proposés par EDF au titre de sa mission de service public, ou par des entreprises locales de distribution (ELD). Les opérateurs historiques, EDF et GDF-Suez, proposent également des offres de marché. Attention, en fonction de votre lieu d’habitation, vous n’aurez peut-être pas accès à tous les fournisseurs. Voici comment procéder en cinq étapes.

Comparer les offres des fournisseurs d'électricité

Pour choisir son opérateur, il est conseillé de faire des simulations à partir de sa consommation réelle. Vous pouvez utiliser pour cela les calculateurs présents sur les sites des opérateurs ou ceux des comparateurs en ligne, notamment celui du Médiateur de l’énergie.

Si vous utilisez le calculateur du fournisseur, vérifiez qu’il intègre bien la TVA, les taxes locales, la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) et la contribution au service public de l’électricité (CSPE). Une fois que vous aurez repéré une offre qui pourrait vous convenir, référez-vous à la fiche tarifaire de l’opérateur et calculez vous-même le coût de votre consommation avant de souscrire le contrat.

À noter : l’opérateur Énercoop, le seul à pouvoir revendiquer une électricité 100 % verte, a décidé de ne pas figurer dans le comparateur mis en place par le Médiateur national de l’énergie, au motif que celui-ci assimile l’ensemble des offres dites vertes du marché.

 

Fournisseur

Coût total annuel
(7 000 kWh)

Différence avec
le tarif réglementé
Notre avis
Proxelia/offre Domelia
base. www.proxelia.fr
844 € Économie
de 8,5 % (- 80 €)

Prix fermes pendant un an.
Attention aux frais annexes
(2 €/mois si paiement par chèque).

Direct Énergie/
offre de base.
www.direct-energie.com
902 € Économie
de 2,3 % (- 22 €)

À la première souscription,
taux de remise de 5 % sur le prix du kWh HT
garanti pendant un an.

Planète Oui/option
de base. www.planete-oui.fr
906 € Économie de 2 %
(- 18 €)

Remise de 10 % supplémentaire sur l’abonnement
en cas de déclaration de la consommation
sur www.planete-oui.fr.

Gaz de France/offre
prix fixe de marché (1 an).
www.dolcevita.gazdefrance.fr
911 € Économie de 1,5 % (- 13 €)

Prix inférieurs au tarif réglementé garantis
pendant un ou deux ans, selon le contrat.

DF/tarif bleu.
bleuciel.edf.com
924 € Tarif réglementé * Prix garantis par les pouvoirs publics.
Énergem/offre
Objectif élec.  www.energem.fr
924 € 0 €

Énergem s’engage à se fournir en énergie
issue de centrales hydrauliques.

Lampiris/offre 100 %
énergie ve    rte. www.lampiris.fr

924 € 0 €

Pour chaque MWh consommé, l’opérateur achète
la quantité de « certificats verts » correspondante.

         Poweo/offre Planet élec.
www.poweo.com
924 € 0 €

Pour c        haque MWh consommé, l’opérateur s’engage à acheter des « certificats verts ».

Alterna Énergie/Idéa
vert. www.alterna-energie.fr

976 € Surcoût de 5,5 %               
(+ 52 €)

Alterna s’engage à se fournir en énergie hydraulique
et à acheter des « certificats verts ».

EDF/offre mon
contrat électricité.
bleuciel.edf.com
1 010 € Surcoût de 9,5 %
(+ 86 €)
L’offre de marché de l’opérateur historique est plus élevée
  de près de 10 % que celle de ses concurrents.

Décrypter les contrats d'énergie

Il ne faut pas s’en tenir au prix affiché du kWh et de l’abonnement. Les conditions d’évolution des tarifs sont aussi à prendre en compte. La plupart des contrats de marché proposent des prix indexés sur le tarif réglementé de l’électricité, qui sont donc susceptibles d’augmenter lors des hausses décidées par le ministère en charge de l’Énergie. Mais ils peuvent parfois prévoir une période durant laquelle le tarif reste inchangé.

C’est le cas de GDF Suez, qui garantit un prix fixe pendant toute la durée du contrat, soit un ou deux ans, ce qui peut être intéressant en période de hausses successives du tarif réglementé.

Vérifiez également les tarifs des prestations et les frais indiqués par le fournisseur pour certaines opérations : mise en service, relevé des compteurs, mode de paiement, factures papier ou en ligne, etc. Vous devez aussi contrôler si le contrat prévoit une durée minimale d’engagement, même si, conformément à la loi, les opérateurs doivent faire disparaître cette disposition.

Le prix de l'énergie renouvelable

Beaucoup de fournisseurs se targuent de vendre une électricité écologique. Dans les faits, peu d’entre eux achètent de l’électricité produite à partir de sources d’énergies renouvelables : la majorité se contente d’acquérir, auprès d’un organisme européen, des « certificats verts » destinés à financer des sources d’énergie écologiques.

Énercoop fait figure d’exception :

Nous sommes le seul fournisseur à nous approvisionner directement et exclusivement auprès de producteurs d’énergies renouvelables, que ce soit de l’éolien, du photovoltaïque, du biogaz ou de l’hydraulique

explique Stéphanie Lacomblez, responsable commerciale d’Énercoop. Cette société coopérative d’intérêt collectif, dont les consommateurs et les producteurs peuvent devenir actionnaires, compte 10 000 clients et 6 000 sociétaires. Revers de la médaille : ses prix sont 25 % plus élevés que les tarifs réglementés.

Mais Énercoop parie sur l’avenir : avec l’augmentation annoncée des tarifs de l’énergie, la différence tarifaire avec ses concurrents va se réduire, à l’image d’Écopower, son équivalent en Belgique, aujourd’hui le fournisseur le moins cher du pays…

Trouver la meilleure formule d’abonnement

Les économies varient selon la puissance du compteur et la formule d’abonnement : tarif de base ou facturation heures pleines-heures creuses. Le tarif de base convient aux foyers qui ont peu d’appareils électriques, tandis que l’option heures pleines-heures creuses est à réserver aux logements équipés en tout électrique (eau chaude et/ou chauffage).

Quelle que soit l’option choi­sie, le gain escompté par rap­port à EDF, en optant pour le tarif libre des fournisseurs alternatifs, peut atteindre 8 % chez Proxelia et de l’ordre de 1,5 à 2,5 % avec les autres opérateurs.

Un gain relativement minime qui s’explique par le fait que beaucoup d’opérateurs alternatifs se sont alignés sur le tarif réglementé. Contraints jusqu’à présent d’acheter leur énergie au tarif des centrales thermiques classiques, plus élevé que le nucléaire, ils ne peuvent en effet pas faire beaucoup mieux en terme de ristourne sans risquer de mettre en péril leur équilibre financier.

Malgré l’ouverture du marché, la concurrence se joue encore essentiellement entre les deux fournisseurs historiques de l’énergie, EDF et GDF-Suez

note Denis Merville, le médiateur national de l’énergie. S’il est donc possible de réaliser des économies en changeant de prestataire, il vous faudra pour cela surveiller attentivement le marché et être prêt à changer de fournisseur… souvent !

Choisir un nouvel opérateur : qui effectue les démarches ?

Si vous avez décidé de changer d’opérateur, c’est le nouveau prestataire qui doit en principe se charger des démarches. Une fois que vous l’avez choisi, il suffit donc de souscrire un contrat, en convenant de la date du changement, et de lui communiquer le numéro de point de livraison (DLP) figurant sur vos factures.

Le nouvel opérateur se charge de contacter l’ancien et de résilier le contrat précédent. Le changement de fournisseur intervient dans un délai de 21 jours calendaires à partir de votre demande, auquel vous devez ajouter le délai de rétractation, de 7 jours à compter du lendemain de l’acceptation de l’offre, si vous avez souscrit votre contrat à distance (souscription sur Internet ou par téléphone) ou si vous avez été démarché par l’opérateur.

À noter : le changement de fournisseur est gratuit (article L. 121.90 du Code de la consommation), sauf si des frais de résiliation sont prévus dans les conditions générales et si l’opérateur peut en justifier le montant.

Vérifier sa consommation d'électricité

Le jour où s’opère le changement de fournisseur, veillez à noter le montant exact de votre consommation, en relevant l’index affiché sur le compteur. Ceci, afin d’éviter d’éventuels litiges ultérieurs. Une grande partie des réclamations adressées au Médiateur national de l’énergie (+ 25 % en 2010) portent sur les évaluations de consommation et les facturations.

Ma dernière facture, correspondant à une estimation de consommation sur trois mois, est équivalente à ce que je paie d’habitude pour un an, témoigne Nathalie, qui a opté lors de son emménagement pour un prestataire du marché. Depuis, je réclame une facture qui concorde avec ma consommation réelle, sans résultat !

Selon Denis Merville, « les fournisseurs ne prennent pas suffisamment en compte les relevés de consommation effectués par les clients. Par ailleurs, EDF était réticent à rembourser les trop-perçus inférieurs à 15 €. Dans nos préconisations, nous demandons que les fournisseurs tiennent mieux compte des auto-relevés. Et la loi NOME impose désormais aux fournisseurs de rembourser les trop-perçus, quel que soit leur montant. »

En cas de litige, vous devez adresser une réclamation auprès du fournisseur concerné, par lettre recommandée avec accusé de réception. Faute de réponse satisfaisante dans les deux mois suivant la réception de votre réclamation, vous pouvez saisir le médiateur par courrier (2) dans un délai de deux mois maximum (Médiateur national de l’énergie, Libre Réponse n° 59252, 75443 Paris Cedex 09. Tél. : 0810 112 212 - prix d’un appel local d’un poste fixe).

Linky, le compteur électrique qui fait parler de lui

Destiné à remplacer les 35 millions de compteurs actuels d’ici à 2020, le compteur Linky suscite maintes critiques. Il est censé nous aider à mieux contrôler notre consommation d’énergie, en relevant et transmettant notre consommation d’électricité quasiment en temps réel. Dans les faits, l’accès à ce service, via un espace sécurisé sur Internet, devrait coûter aux clients 3,50 € par mois, soit 42 € par an.

Ce compteur a déjà essuyé les reproches de l’Ademe, qui estime que les ménages les plus modestes ne pourront en bénéficier. L’UFC-Que Choisir juge, pour sa part, que Linky sera surtout utile à ERDF (Électricité réseau distribution France) qui pourra ainsi effectuer le relevé de ses compteurs à distance en réduisant ses coûts de déplacement. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) pointe quant à elle deux risques : l’abus commercial (exploitation des données collectées) et le risque de piratage des compteurs.